Archive | 31 mars 2019

Premier homme de Xavier-Marie Bonnot

Présentation de l’éditeur :

« Mais quel est ton mythe à toi, le mythe dans lequel tu vis ? » Cette question-là, de Palma ne se l’était jamais posée…Jusqu’à ce qu’il tombe sur l’assassin le plus redoutable de sa carrière. Alors qu’il est à deux doigts de la retraite, le commandant de Palma, « le Baron » pour ses proches, se trouve en effet confronté à une affaire hors normes : une grotte préhistorique, des fresques rupestres millénaires, des meurtres sauvages perpétrés selon un rituel bien précis : une main en négatif comme les chamanes du Paléolithique les dessinaient il y a trente mille ans…Voilà les indices que le flic marseillais doit décrypter pour venir à bout de celui qui s’appelle lui-même « Premier Homme ».

Mon avis :

Sixième et dernière enquête du commandant de Palma dit « le Baron », mais bouclage de boucle avec sa première enquête publiée La première empreinte. Déjà, il est agréable, mine de rien, de voir dans ce policier un homme ordinaire. Oui, il est à dix jours de la retraite, et non, cela ne le dérange pas plus que cela. Certes, il ressent un peu de nostalgie face à tout ce qu’il ne fera plus, certes, il ne sait pas encore comment il occupera sa retraite, cependant (je vous spoile un peu), il n’a pas l’intention de se faire tuer sous les balles d’un forcené.
En revanche, ce qu’il n’avait pas prévu, c’est qu’une ancienne affaire reviendrait sous les feux de l’actualité. Le Baron n’est pas le genre de policier à ressasser sans arrêt ses affaires passées, et l’affaire Autran, qui l’avait vu arrêter Thomas et Christine Autran, jumeaux et criminels, ne lui avait franchement pas laissé de bons souvenirs. Ces nouveaux développements encore moins.
L’on retrouve, dix ans après, les témoins de cette époque. Pour certains, ils n’ont pas changé, et c’est tant mieux pour eux : l’on n’est pas responsable de ce que font ses voisins. Pour d’autres, par contre, le temps est passé, et la peur est restée : eux savent pourquoi.
Ce que j’ai aimé ? Le questionnement de De Palma sur ce que l’on appelle la « folie » et sur la place que notre société veut bien lui faire. Ah, pardon, la société ne veut pas, justement, leur laisser la place. L’on pense que la psychiatrie a évolué depuis sa création. Oui et non, parce que les infirmiers, les psychiatres ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur l’état de la psychiatrie en France. Et pour un psychiatre comme le docteur Dubreuil qui paraît vraiment se préoccuper de ses patients, combien d’autres qui ne pensent qu’à leur intérêt propre ?
Autre sujet auquel je suis sensible (forcément) : la maltraitance des enfants. On n’en a pas fini de dire qu’il n’est pas de criminel né, qu’on ne peut pas détecter les criminels dès la maternelle (non, je ne plaisante pas, je pense à une théorie qui avait ressurgi voici quelques années), on ne pense pas assez que les dégâts commis dans l’ensemble par des parents maltraitants, des parents qui ne voulaient pas d’enfants, ou qui ne voulaient pas de cet enfant-là sont difficilement réparables.
Oui, l’on saura tout dans ce dernier volume des zones d’ombre de La première empreinte. L’on comprendra mieux certains faits – et sans dédouaner le meurtrier, on comprendra qu’il est bien plus coupable que lui.