Presidio de Randy Kennedy

Présentation de l’éditeur :

Après six années d’une drôle de vie menée au loin en solitaire, Troy Falconer retourne dans la petite ville où il a grandi. Il s’est tôt fait la promesse de ne jamais rien posséder et emprunte depuis la vie des autres : leurs porte-feuilles, leurs valises, leurs costumes et leurs voitures… Pourtant lorsqu’il apprend que la femme de son frère s’est enfuie avec le maigre pécule hérité du père, Troy met le cap sur New Cona (tableau miniature de l’Amérique rurale), bien décidé à aider Harlan à retrouver l’argent. Ils embarquent alors dans un road trip chaotique à travers les paysages austères du Texas. Seul hic, une passagère non déclarée est à l’arrière de la voiture : Martha, une gamine qui n’a pas froid aux yeux et une idée fixe en tête, retrouver son père au Mexique. Les frères Falconer ne sont plus simplement recherchés pour un banal vol de véhicule, mais pour kidnapping…

Mon avis :

Connaissez-vous les mennonites ? Non ? Moi non plus, du moins pas du tout avant d’avoir ouvert ce livre, et encore, je n’ai fait leur rencontre qu’au tiers du livre, pour ne quasiment plus les quitter, si j’ose dire.
Nous suivons d’abord le périple de deux frères, Harlan et Troy. Frères ennemis ? Non, pas vraiment. Disons que chacun a vécu sa vie, et que le point de rencontre entre leurs deux existences a bien failli tout faire exploser. La profession de Troy n’est pas vraiment l’activité qui permet de maintenir une famille unie. d’ailleurs, est-ce vraiment une profession que celle de voleur de voiture ? Non. Elle se rapproche presque d’une philosophie de vie puisque Troy ne veut rien posséder. Quant à son frère, un peu à cause de Troy, il ne possède plus rien non plus et il s’est mis en tête de l’aider à récupérer son bien.
Ce n’est pas que leur route croise celle de Martha, c’est qu’en se livrant à son « travail » – la voiture de leur défunt père les a lachés – ils emmènent sans le savoir une toute jeune adolescente avec eux – toujours bien fouiller une voiture avant de l’emprunter devrait être la règle d’or de tout voleur.
Le récit se partage véritablement entre quatre voix. Nous avons d’abord celle de Troy, dans de longs passages en italique. Il nous renseigne sur le passé des deux frères, sur la vie qu’il a menée, sur ses sentiments et ses émotions aussi. Nous avons aussi le voyage à travers le Texas, temps présent presque trop court au regard du récit rétrospectif, temps partagé entre les deux frères. Nous avons aussi le récit de Martha, aînée d’une famille très nombreuse, placée chez sa tante Johanna qui a quitté, des années plus tôt, sa communauté stricte pour une autre qui l’est moins : Johanna a une voiture qu’elle conduit elle-même, ses vêtements sont moins strictes que ceux que portaient Martha, même s’ils sont encore reconnaissables comme mennonite. . Enfin, nous avons la partie du récit qui est centrée sur Aaron, le père de Martha. La religion mennonite a été le centre de sa vie en tout temps, sans que parfois l’on comprenne comment elle a pu l’être, alors que d’autres membres de sa communauté ont choisi de vivre dans des lieux où le culte permettait de vivre de façon plus adaptée au monde contemporain.
Quand je dis « voix », je devrais avant tout parler de voix intérieure, parce que les personnages sont avant tout des taiseux, qui parlent peu, comme les deux frères Falconer. Quant à Martha, elle a été muselée en partie par les hommes de sa communauté – les femmes ne peuvent apprendre l’espagnol. Aaron, son père, est isolé de tous, des membres de sa communauté, de ses enfants, et, finalement, de tous.
Et si le personnage le plus important, c’était le Texas ? Celui des années 70, de ses vastes espaces somptueusement décrits, où l’on peut errer sans presque croiser personne. Ce Texas qui partage une frontière avec le Mexique – frontière dont on parle tant aujourd’hui.
Un roman très réussi.
Merci aux éditions Delcourt et au Picabo River book club pour ce partenariat.

5 réflexions sur “Presidio de Randy Kennedy

  1. Tu as réussi à m’intéresser ! Je ne devrais pas, ce n’est pas sérieux vu ce que je dois lire en urgence 😆

    « Mennonites »… j’aurais pensé que c’était une maladie, moi… 😀

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