Archive | 19 mars 2019

Effroyable porcelaine de Vincent Tassy

Présentation de l’éditeur :

Sibylle Delombre est une collégienne ordinaire. Enfin, si l’on considère qu’il est ordinaire de décorer sa chambre avec des ossements, des peluches chauves-souris, des schémas de dissection et des grimoires. Oui, Sibylle aime bien l’étrange et le mystère. Ainsi, elle a de quoi se réjouir lorsque sa mère lui propose de l’accompagner pour débarrasser un vieux château. Mais tous les objets bizarres qu’elle rêvait d’y découvrir ne sont rien en comparaison de la splendide poupée en robe noire, aux cheveux argentés comme un clair de lune, qu’elle trouve dans une chambre et qu’elle s’approprie aussitôt, séduite par sa beauté vénéneuse. Et si les cauchemars qui se mettent alors à hanter les nuits de Sibylle avaient un lien avec elle ? Et si cette poupée, aux yeux violets, au regard aussi triste que cruel, n’était pas inoffensive ? Quel terrible secret renferme l’effroyable porcelaine ?

Mon avis :

Que signifie être normal ? Vous avez deux heures pour définir le concept. A l’heure où tous les adolescents veulent à tout prix se fondre dans le moule, Sibylle affirme sa singularité chez elle mais aussi au collège, n’hésitant pas à prendre la défense de Philémon, garçon par ordinaire également : il deviendra son meilleur ami, son confident. Point positif : sa mère ne voit aucun inconvénient à ce que sa fille cultive sa différence, elle l’entoure d’amour et trouve cela normal : première définition de ce qu’est la norme, être soi, vraiment, et peu importe ce que pensent les autres.

Dans le château que la mère de Sibylle est chargée de vider, l’adolescente tombe sous le charme d’une poupée hors-norme, qu’elle a le droit de ramener chez elle et de garder, sauf si les anciens propriétaires s’aperçoivent qu’ils auraient dû l’emporter. A peine la poupée est-elle dans sa chambre que des phénomènes paranormaux débutent, et Sibylle, qui se sentait très bien dans sa peau, ne se sent plus très bien. Elle a cependant le réflexe d’appeler son meilleur ami, plus sensible que ses proches à ces phénomènes, à la rescousse.

Le thème de la poupée ensorcelée n’est pas nouveau, c’est la manière dont il est traité qui est original. Se greffe même à l’intrigue un thème très contemporain, très bien amené dans l’intrigue. Il questionne, il nous questionne, ce thème, et si la situation n’est pas facile à vivre aujourd’hui (même si mes élèves trouvent cela « simple », spécial dédicace pour eux), elle l’était encore moins avant. La norme, toujours la norme.

J’ai aimé aussi la façon dont le thème du « fantôme » était traité, sans chercher à théoriser ce qu’est un fantôme  – non, Philémon et Sibylle le savent, ils vont donc faire de leur mieux, avec inventivité aussi, pour l’apaiser.

Un livre de littérature jeunesse horrifique à partager.

 

Victor, l’indomptable Hugo de Bertrand Puard

Présentation de l’éditeur :

À treize ans, Victor est un rêveur. Il rêve d’amour, d’histoires sans fin et d’aventures extraordinaires. Jusqu’au jour où l’aventure vient à lui. Une nuit, des bruits étranges s’échappent de la chambre de son frère Eugène. Des bruits de lutte. Il se précipite… trop tard : son frère est kidnappé sous ses yeux. Bien décidé à retrouver Eugène, Victor se lance sur ses traces. En route, il croise des personnages hauts en couleurs. Amis ou ennemis ? Il ne va pas tarder à le découvrir…

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.

Mon avis :

Je commence par une négation : ce livre ne plaira pas à tout le monde. Il pourrait même fortement déplaire à des collègues, bref, des professeurs, qui s’insurgeront que l’on puisse faire de Victor Hugo un héros de littérature jeunesse, tout simplement parce qu’eux ne lisent pas de littérature jeunesse. Et pourquoi pas, leur répondrai-je ? De toute façon, vous ne lirez pas ce livre, alors…

Victor a été jeune, on l’oublie. Il a été le petit dernier d’une famille dont les parents étaient séparés, ce qui ne se faisaient pas du tout à cette époque, de parents dont les opinions politiques divergeaient totalement. Pourtant, il a réussi à se construire, il ne faut pas l’oublier.

Dans cette histoire, il est confronté à l’enlèvement de son frère Eugène, à un complot politique dont Napoléon, cet empereur qui continue de fasciner tant d’adolescent, est le centre. Il fera également beaucoup de rencontres, certaines très fugitives, et sera confronté, parfois, à des solidarités étonnantes. En plus des péripéties nombreuses, j’ai apprécié la langue, particulièrement soignée employée par l’auteur, les commentaires aussi, qui sont adressés au lecteur, bref, ce sentiment de posséder un certain recul vis à vis des aventures qui sont vécues, et qui ne marque pas un aboutissement, non, seulement le début de la vie d’un adolescent.

Un roman à faire découvrir, pour donner envie de se plonger dans l’oeuvre foisonnante de Victor Hugo.