Archive | 13 mars 2019

La rivière de Satin de Jean-François Chabas

Présentation de l’éditeur :

Un coup de foudre sous la lave

Sine, 15 ans, se retrouve orpheline et contrainte de quitter New-York pour aller vivre à Hawaï chez son abjecte grand-mère Abigail. A peine a-t-elle le temps de poser ses valises, que le volcan de l’île se réveille et plonge l’archipel dans le chaos le plus total. Au cœur de ce décor apocalyptique, Sine croise la route du jeune Holokai, dont le charisme et « l’aloha spirit » provoquent immédiatement en elle un séisme… amoureux. Ensemble, ils vont prendre tous les risques et braver les éléments déchaînés, autant que leurs propres démons.

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat

Mon avis :

Je me dis que j’ai vraiment de la chance avec mes lectures. C’est la première fois que je lis un roman de jean-François Chabas – ce n’est pas la dernière – et j’ai vraiment été séduite par sa singularité. Oui, je commencerai par parler de ce qui m’a frappée : dans une société où la méchanceté a pignon sur rue, il nous montre à quel point il est facile de se laisser aller à y céder, à quel point la joute oratoire est aisée, alors que rester soi, ne pas céder, ne pas être contaminé est nettement plus compliqué. Voilà, c’est dit.
Maintenant,je reviens au sujet de ce livre, dans lequel tout peut arriver. Sine a perdu ses parents dans un accident, et ne se prive pas de dire ce qu’elle pense, et bien, de la manière dont ils sont morts, ce qui la force à aller vivre loin de New York, près de la seule famille qui veut bien d’elle : sa grand-mère. Elle est très éloignée de l’image traditionnelle de la grand-mère – elle n’a pas envie d’être une grand mère. A ses côtés – oui, elles vivent à côté l’une de l’autre, non ensemble, Sine découvre le paradoxe d’Hawaï, où les riches ont investi les plus meilleurs quartiers, ont fait construire les plus belles maisons, et exploitent les hawaïens sans vergogne aucune, bien convaincus qu’ils ont fait bien plus pour ces îles que les natifs du lieu. Si cela vous fait penser à une forme de néo-colonialisme, vous n’auriez pas tort.
Puis vient le séisme. Et là, tout devient possible, ou impossible, selon le point de vue que l’on adopte. L’on sait que l’écriture est rétrospective parce que Sine est à la fois le personnage et la narratrice, qui revient sur ce qu’elle a vécu, revient sur ce qui s’est passé, ce qu’elle a compris, ou pas ce jour-là, ce qui l’a sidéré – et les personnes sur lesquelles elle a changé d’avis. Le lecteur est avec elle embarqué dans un tourbillon d’émotion. Si vous cherchez une lecture jeunesse reposante, passez votre chemin. Par contre, si vous cherchez une lecture qui sorte des sentiers battus, suivez La rivière de satin.