Archive | 2 mars 2019

Les étonnantes aventures du merveilleux minuscule Benjamin Berlin

Présentation de l’éditeur :

Depuis qu’il est tout petit, Benjamin Berlin a un don : il est télépathe. Il peut ainsi entrer dans la tête des uns et des autres. Sans effraction. En silence. Un pouvoir de sorcier qui est aussi un secret lourd à porter. Le déménagement au Japon de sa famille le plonge dans un monde nouveau, indéchiffrable. Il va y faire la rencontre de deux Japonais de son âge, Junji et Kurumi, possédant comme lui un pouvoir magique. Ils seraient ainsi plusieurs dans le monde ? les « Enfants merveilleux » ? repérés et suivis par une société secrète, qui nourrit pour eux de grands projets. Mais Benjamin Berlin est-il vraiment taillé pour la vie de sorcier ?

Mon avis :

Trop mignon.
Oui, je sais, ce n’est pas un avis très objectif, c’est assez lapidaire, mais après des lectures dures, il fut très agréable de me plonger dans l’univers de BB alias Benjamin Berlin. Il grandit au milieu d’une famille unie et heureuse, des parents qui s’entendent bien, une grande soeur atypique, c’est à dire qui ne respecte pas les « codes » des clichés sur les adolescentes. Le métier de son père l’amène à changer de pays régulièrement, et s’il y a des inconvénients, il y a aussi des avantages, comme laissés derrière soi des professeurs pénibles.
Benjamin a un pouvoir : il peut entendre les pensées des personnes qu’il touche. Ce pourrait être extrêmement douloureux, cela a dû être pénible, mais nous sommes, dans ce récit, projeté dans une phase de la vie de Benjamin dans laquelle il a appris à vivre avec son pouvoir. Mieux (ou pire, c’est selon) : il va même pouvoir le développer, puisqu’un « mentor » lui propose de rejoindre une organisation, après avoir passé plusieurs épreuves.
Classique, me direz-vous. Nous sommes dans un récit initiatique. Oui. Nous sommes surtout dans l’histoire de Benjamin, qui apprend ce qui est le plus important, non entendre les pensées des autres, mais comprendre comment il peut apaiser, aider les autres. Apprendre à vivre aussi en acceptant d’être ordinaire – il perdra ses pouvoirs s’il échoue aux épreuves. Récit linéaire, oui, cependant nous retournons dans le passé pour découvrir comment les pouvoirs de Benjamin sont apparus, comment ses parents ont réagi – être les parents d’un enfant pas comme les autres peut aussi être une source d’angoisse et d’interrogation. Il faut aussi édicter des règles de vie, pour que Benjamin ait une jeunesse presque ordinaire. Son pouvoir pourrait être inquiétant – et parfois, je me suis surprise à penser à ce qui pourrait arriver si Benjamin tombait entre de mauvaises mains, de mauvais guides, si Benjamin n’avait pas, aussi, été autant aimé par ses proches, qui ont pensé à son bien être. Faire des choix n’est pas toujours facile pour des parents. Benjamin arrive à un âge où il est suffisamment mature pour décider ce qu’il veut – ou pas – et pour le faire entendre à ses parents. Suffisamment grand pour être lucide, et pour penser aussi aux autres, avant de penser à lui.
Un chouette roman à mettre dans toutes les mains.
Une citation pour la route :

Tandis que nous traversons les couloirs de l’immeuble, les yeux rivés sur la moquette grise et les parapluies suspendus aux portes, le second chauffeur nous raconte que les Japonais louent rarement des maisons aux étrangers mais que nous, nous représentons la France et que les Japonais raffolent de l’art à la française. Et je me dis qu’ils ne doivent sûrement pas connaitre nos téléréalités et nos camps de migrants.

Merci à Netgalley et aux éditions Actes Sud Junior pour cette belle découverte.

AdopteUnTueur.com d’Enzo Bartoli

Présentation de l’éditeur :

Lorsque le cadavre de Charles Maillard, chef d’entreprise sur le déclin, est repêché du canal de l’Ourcq, l’enquête du commandant Pascal Guilbert et du capitaine Guilhem Lanternier se tourne rapidement vers les activités professionnelles de la victime. Ils découvrent alors que l’emploi du temps de Maillard consistait principalement à visiter des sites où les rencontres peuvent s’avérer malsaines. Dans le cadre d’une sombre affaire dans laquelle sexe et argent jouent à cache-cache, « Tonton » et le « Beau Gosse » vont remonter la piste d’une vieille histoire dont les personnages entretiennent de tenaces rancunes.

Merci à Netgalley et à l’auteur pour ce partenariat.

Mon avis :

Non, mais, je vous demande un peu : tuer dans la vie réelle un spécialiste du virtuel, c’est du grand n’importe quoi. En plus, mettre son cadavre dans le canal de l’Ourcq marque vraiment une absence totale d’esprit pratique – par contre, pour le sens de la mise en scène, oui.

J’ai beaucoup aimé retrouvé « Tonton » et le « Beau gosse » dans cette intrigue qui ne plaira pas forcément à tout le monde. D’abord, les policiers enquêtent – oui, je sais, j’adore enfoncer les portes ouvertes – et ce qu’ils découvrent n’est pas forcément réjouissant. Ne rien avoir à cacher est une chose, et c’est même une bonne chose. Ne rien avoir dans sa vie, ou plutôt avoir pris soin de tout dissimuler n’est pas une bonne nouvelle.

Le virtuel laisse forcément des traces dans le réel, c’est impossible autrement – deuxième porte ouverte enfoncée. Si les enquêteurs fouillent dans ce que le grand spécialiste des sites a pu créer sur le net, ce sont des êtres de chair et d’os qui sont interrogés, qui choisissent ou pas de se livrer. Après tout, la vie continue, elle a même très bien continué pour l’ancien associé de la victime, ou pour ses ex-femmes dont il sera finalement peu question.

Ce roman est-il sanglant ? Je ne me serai peut-être pas posé la question si je n’avais pas lu des avis qui disent que ce roman ne l’est pas assez. Chacun sa sensibilité. Puis, un roman policier a forcément un côté noir, sombre parce que l’on parle de la mort, de ce qui a poussé un être humain à tuer un autre être humain. Qui peut croire que ce soit plaisant ? Personne.

Que le crime ait eu sa cause dans le monde réelle ou dans le monde virtuel, elle n’est pas très différente de ce que l’on peut connaître : l’amour, l’argent, la vengeance répondent toujours présents au moment de trouver un mobile.