Archive | 25 février 2019

La meute de Sarah KOSKIEVIC

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Présentation de l’éditeur :

Vous allez les aimer. Vous allez les détester. C’est LA MEUTE.
Elles n’ont ni le même âge, ni les mêmes passions – si ce n’est ce lien invisible qui les unit. Elles n’ont rien à faire ensemble. Et pourtant, elles traversent les décennies côte à côte, chacune à son rythme. Elles ont dû se résoudre à admettre que leur amitié n’est ni évidente, ni facile mais qu’en bien des points, elle surpasse toute les histoires d’amour. Elles sont six : Olivia, Romane, Elly, Isadora, Louise et Rosalie. Vous allez les aimer. Vous allez les détester. C’est LA MEUTE.

Mon avis :

Un livre dur, finalement, parce qu’il faut vraiment le lire jusqu’au bout.
Je me suis totalement perdue dans sa chronologie. Nous nous perdons sur une dizaine d’années, au fur et à mesure que les membres de cette meute se sont connues, sont devenues amies, avec Liv (diminutif d’Olivia, elle n’allait tout de même pas s’appeler Olive, comme l’épouse de Popeye). Je me suis aussi perdue avec ses nombreux personnages, toutes connaissant Paris sous le bout des doigts, détestant ma station de métro préférée (Cluny-Sorbonne !). Elles boivent, elles fument, elles se droguent, elles traversent la vie uniquement reliées par leur amitié, par le fait qu’elles espèrent pouvoir toujours s’appuyer les unes sur les autres en cas de coups durs, qui peuvent arriver, justement. Elles finissent par se ranger, parfois, avoir un enfant, par accident, un vrai métier, professeur des écoles, tout plaquer, tout recommencer ailleurs. Avec elles, on est dans un tourbillon, et parfois, franchement, je me suis désintéressée de leurs problèmes, de leurs états d’âme, de leur amour des fringues et du maquillage, du règne de l’apparence parce que le monde est dur, pour les femmes, plus dur aussi pour celles qui s’affirment et veulent vraiment mettre à exécution ce qu’elles veulent faire.
Un roman qui se lit à cent à l’heure, comme le rythme de l’écriture, et qui se referme, sonné.

Merci à Netgalley et aux éditions Stock pour cette découverte.

L’école des dingues de Cornelia Read

Présentation de l’éditeur :

Où l’on retrouve Madeline Dare, l’héroïne de Champs d’ombres, précédent roman de Cornelia Read. Madeline a fini par quitter son trou de Syracuse et, après quelques ennuis avec la justice (elle a quand même abattu un homme), la voilà dans les monts Berkshire, Massachusetts. Campagne tranquille et belles demeures. Son mari adoré ayant perdu son boulot, elle doit accepter un poste de professeur d’histoire à la Santangelo Academy, établissement privé pour adolescents à problèmes. Derrière les grilles ornementées et les rideaux d’arbres, Madeline découvre un univers étrangement perturbé, composé d’individus – élèves comme profs – qui tous cachent quelque chose, ne fût-ce qu’un profond malaise personnel.

Mon avis : 

Je termine ma découverte de cette auteur par la lecture du tome 2 – on ne lit pas toujours les romans dans l’ordre que l’on veut, et c’est déjà bien que la bibliothèque ait eu les trois. Madeline a quitté le journal où elle travaillait, elle a dû aussi quitter Syracuse pour le Massachusetts. Ce n’est pas seulement à cause de la perte de son emploi qu’elle en ait là, Dean, son mari chéri, est lui aussi à la recherche d’un travail, et la crise est là. Oui, il y avait déjà une crise dans certains secteurs aux Etats-Unis, on l’a un peu oublié depuis. Madeline travaille donc comme professeur dans une école un peu spéciale, elle qui doit déjà se remettre d’avoir tué son cousin – en légitime défense.
Cette école est complètement dingue. A la lecture des cents premières pages du roman, il me paraît aberrant que l’on puisse confier ses enfants à une institution pareille. Les règles qui sont édictées ne le sont pas selon le bon sens le plus élémentaire, alors quand il s’agit de prendre soin d’adolescents extrêmement fragilisés, elles ne peuvent à mes yeux que faire empirer les choses. Que les parents soient démunis, je le conçois. Ils sont cependant extraordinairement absents de ce récit, effrayant tout de même leur enfant à distance. C’est quand on les voit apparaître que l’on comprend mieux certaines choses. Il en est qui sont réellement aimants, mais dépassés, absolument, par tout ce qui s’est passé, par la maladie psychique de leur enfant, et pensent que cette institution, du moins le visage que l’on veut bien leur montrer, est la dernière chance. D’autres ne savent pas montrer leur amour – ou trop tard. Les derniers, les pires, sont indifférents, et mettre leur enfant ici, c’est une manière de remiser les problèmes le plus loin possibles, un peu comme on jette un objet défectueux.
Alors oui, les amateurs de polar pur et dur pourraient dire que l’enquête policière, comme les meurtres, arrivent tard, et que la pauvre Maddy est encore dans de beaux draps. Certes. Mais l’on peut généreusement s’interroger sur l’état émotionnel des professeurs de cet établissement, tous incapables de réagir, tous perdus ou presque dans des thérapies hallucinantes, dans lesquelles les professeurs s’auto-flagellent mutuellement – pour cacher ce qui se passe depuis des années dans cet établissement ? Madeline a déjà été combattive dans le passé, elle le sera encore dans ce récit. Son tort ? Pas seulement être arrivée au mauvais moment – reste à déterminer pour qui – mais de se retrouver au coeur d’une intrigue qui est née bien des années auparavant.
L’école des dingues – un livre poisseux.