Archive | 17 février 2019

Oiseau de lune d’Abigail Padgett

Présentation de l’éditeur :

Bo Bradley se remet de la déprime consécutive à la mort de sa petite chienne, lorsqu’un patient est assassiné dans la maison de convalescence, située en plein désert californien, où elle reprend goût à la vie. Il s’agit d’une institution entièrement gérée par des Indiens qui mettent leur culture et leur organisation familiale et sociale au service des malades mentaux. Peu après, Bo doit prendre en charge Oiseau de lune », un petit garçon qui souffre d’hyperactivité pathologique et que les services sociaux s’avèrent incapables de protéger. Loin de là, en Allemagne, le docteur La Marche visite un lieu terrible et oublié de l’histoire appelé Hadamar, nom que Bo retrouve sur une pancarte au milieu du désert.

Mon avis :

Je veux saluer le courage de l’auteur, qui nous présente une héroïne hors norme, en proie à des troubles maniaco-dépressifs, qui lutte avec sa maladie et qui vit avec. Elle n’est pas la seule à souffrir de troubles psychiques, et nous allons voir dans ce quatrième tome à quel point cela peut être difficile.
Bo a rechuté, parce qu’elle a perdu sa compagne depuis dix-sept ans, sa chienne Mildred. Oui, elle est morte de vieillesse, oui, sa mort est « normale », mais Bo le vit mal et si ses proches l’aident, jamais ils ne lui reprochent d’avoir sombré. Dans l’établissement où elle est, elle croise d’autres patients, atteints d’autres pathologies. Ce que j’ai apprécié, parce que c’est rare dans un roman policier, c’est que l’on ne nous montre pas comment protéger la société des personnes atteintes de troubles mentaux, on nous montre comment permettre à ses personnes de vivre le mieux possible avec leur maladie dans le monde. Bo sait à quel point s’est difficile, c’est pour cette raison qu’elle sait ce qui peut attendre quelqu’un qui n’a pas reçu l’aide et le cadre adéquate pour parvenir à vivre avec.
Bo est plus forte qu’on ne le croit, parce que ses années de maladie, de traitement, de paroles aussi, franches, avec sa psychiatre, lui a fait gagner une grande lucidité, même quand elle est au fin fond de la dépression. Disons aussi qu’avec le temps – et un suivi étroit – le traitement qui l’aide à vivre est mieux ajusté. J’ai vraiment senti à la lecture du livre que l’auteur maîtrisait son sujet et avait des choses à nous dire sur ces personnes.
Et l’une d’entre elles est assassinée : Mort Walfman, un jeune homme qui était assez aisé parce qu’il était un acteur comique jouant dans des publicités grassement payées. Bo voyait en lui un frère, et elle est déterminée à découvrir qui l’a tué, et a trouvé un foyer pour Bird, son petit garçon. Problème : Mort a brouillé les traces, et retrouver sa famille est bien compliqué, mais pas impossible.
Oiseau de lune – titre qui, comme Petite tortue, fait référence à un enfant – nous plonge dans le joli monde des sociétés qui vendent la santé des gens, cherchent en s’enrichir le plus rapidement et le plus aisément possible, et tant pis pour les êtres humains que l’on sacrifie pour cela. Oh, pardon, ce ne sont pas les termes consacrés par ses entreprises, bien entendu.
Mais le roman nous entraîne plus loin encore, et nous montre à nouveau que la folie, ce terme médical, n’a rien à voir avec la perversion de certaines personnes. Je ne suis même pas sûre qu’il s’agisse du terme adéquat, cependant… les théories de ces personnes sont à chercher pas si loin que cela dans le passé. Ces personnes sont prêtes à les mettre en pratique : il faut toujours être vigilent, toujours.
Une série que j’apprécie énormément. Je cherche désormais à me procurer les tomes manquants.

Des nouvelles du pensionnat des louveteaux et de madame Cobert

Au début, nous pensions juste vous donner des nouvelles de madame Cobert, puis on s’est dit qu’en donner du pensionnat, c’était bien aussi.
Même si tout va bien, absolument tout.

Donc, finalement, on va vous donner des nouvelles de madame Cobert, qui a fêté son anniversaire la semaine dernière.

Là, elle est actuellement avec son cousin Sam sur une place, au pied d’une grande roue.
– Surtout Sharon, tu ne montes surtout pas là-dedans, hein, pas de blague.
– Pas de risque, rien qu’en regardant, j’ai le vertige.
– Cela se passe toujours bien à l’asile des louveteaux ?
Léger grognement de madame Cobert.
– Ce n’est pas un asile, c’est un pensionnat.
– Tu m’excuseras, vu ce que tu me racontes, pour moi, c’est pareil. Tu penses bien à mettre le gilet anti-griffures lupine que papa (= le père de Bill) t’a offert ?
– Oui.
– Et la bombe à projection d’extrait d’ail authentique anti-vampire ? Je sais que ce n’est pas tout à fait légale, mais c’est en vente libre à toutes les bonnes adresses ?
– J’en ai une dans mon sac, comme j’ai toujours dans ma salle un paquet de cent mouchoirs et un bidon d’un litre de désinfectant.
– Des jours comme ça, je préfère nettement mon métier et mes activités extra-professionnelles. Je n’ai jamais compris comment tu avais pu devenir professeur toi qui détestais l’école encore plus que moi.
– Et qui conçoit des écoles, de nos jours, toi qui les détestais un peu moins que moi ?