Archive | 15 février 2019

Jack Palmer, tome 11 : Jack Palmer et le Top Model de René Pétillon

Présentation du livre :

Avant de découvrir les charmes explosifs de l’île de beauté dans L’Enquête corse, le célèbrissime détective privé Jack Palmer s’était fourvoyé dans le maquis de la haute couture. Engagé grâce à son signe astrologique, Palmer met les pieds dans un véritable nid de scorpions : le monde des défilés de mode. Le voilà chargé de protéger la divine Sonia Esperanza, laquelle vient de rompre avec Raymond Bullish.

Mon avis :

J’aurai réussi à lire et à chroniquer une bande dessinée pour le mois du polar, ce qui ne m’était pas arrivé depuis tellement longtemps – septembre 2015 si j ‘en crois Babelio.

Je découvre le célèbre détective Jack Palmer dans cette enquête, et il n’a vraiment pas de chance. Certes, il postule pour un poste de garde du corps, il ne sait pas ce qui l’attend ! Sonia Espéranza est mannequin. Elle a rompu avec Raymond parce qu’il avait triché sur son signe astral – et elle préfère Jack Palmer à trois montagnes de muscles à cause de son signe astrologiques. Cependant, en dépit d’amour tumultueuse, puisqu’elle cherche activement un remplaçant à Raymond, la menace est bien réelle : une secte, qui s’est sentie offensée par la tenue portée par Sonia lors d’un défilé, veut se venger sur elle. Bien sûr, pas un seul instant ils ne pensent que c’est totalement absurde, idiot, ridicule, que ce ne sont que des chiffons, conçus par des couturiers qui mériteraient une bonne thérapie (ah, le doudou !) voire une taloche pédagogique. Oui, les couturiers sont merveilleux quand ils s’inspirent de la pauvreté pour créer le luxe le plus insolent, les robes les plus absurdes, et les plus importables. Le grand oublié des couturiers : le corps des femmes, parce qu’avec eux, oui, les femmes ont l’air d’un sac.

Jack Palmer a fort à faire à cause du milieu dans lequel évolue Sonia. Par contre, il n’a pas grand chose à craindre des zoustichs, qui parviennent à se saborder eux-mêmes en toute élégance. Oui, les vêtements rayés, il n’y a que cela de vrai !

 

Karnak café de Naguib Mahfouz

éditions Actes Sud – 114 pages

Présentation de l’éditeur :

Le Caire, vers le milieu des années 1960. Au café Al-Karnak que gère une ancienne danseuse, le narrateur fait connaissance avec trois étudiants, Hilmi, Ismaïl et Zaynab. Le premier est l’amant de la gérante, et les deux autres, amis d’enfance, s’aiment tendrement. Tous les trois se considèrent comme des enfants de la révolution de 1952 et défendent ardemment ses principes et ses réalisations. Mais un jour ils cessent de fréquenter le café et, à leur retour, les clients apprennent qu’ils ont été arrêtés par la police politique qui les suspectait, contre toute évidence, d’appartenir au mouvement des Frères musulmans.

Mon avis :

Je n’avais pas lu cet auteur depuis très longtemps, et franchement, ce fut une lecture rapide. Rapide, mais pas forcément facile à comprendre. Nous avons une unité de lieu – le café Karnak – mais le temps est assez étendu, puisque le dernier chapitre prend place trois ans plus tard. Le ton est assez désabusé, les jeunes étudiants qui fréquentent le café se disent des enfants de la révolution, et pourtant, eux aussi seront les victimes de la répression, avec des conséquences sur leur vie toute entière. Le narrateur est un peu en retrait, il est le témoin, pas l’acteur de ce qui se passe. Il a connu la propriétaire du café dans une vie antérieure, c’est à dire qu’elle était danseuse, et lui son admirateur.

Il est question d’amour, aussi, un peu, dans une société où s’aimer n’est pas vraiment facile. Il est question aussi des conséquences des arrestations successives des étudiants, et qu’il leur faudra bien vivre avec ce qui s’est passé.

Karnak café est un roman pour ceux qui connaissent déjà un peu l’oeuvre de Naguib Mahfouz et l’histoire de l’Egypte.