Archive | 11 février 2019

Dans la ville en feu de Michael Connelly

Présentation de l’éditeur :

1992. Los Angeles est en proie aux émeutes et les pillages font rage quand Harry Bosch découvre, au détour d’une rue sombre, le cadavre d’Anneke Jespersen, une journaliste danoise. Impossible à l’époque, de s’attarder sur cette victime une parmi tant d’autres pour la police déployée dans la ville en feu.
Vingt ans plus tard, au à l’unité des Affaires non résolues, Bosch, qui n’a jamais oublié la jeune femme, rouvre le dossier du meurtre. Grâce à une douille recueillie sur la scène de crime et à une boîte noire remplie d’archives, l’inspecteur remonte la trace d’un Beretta qui le met sur la piste d’individus prêts à tout pour cacher leur crime. Anneke comptait peut-être parmi ces journalistes qui dérangent quand ils fouillent d’un peu trop près ce que d’autres ont tout intérêt à laisser enfoui…

Mon avis :

Je crois l’avoir déjà dit, j’ai une formation en littérature comparée, et je ne peux m’empêcher de faire des rapprochements entre les livres que je lis. Dans la ville en feu, comme L’enfant invisible, se passe au début des années 90 et si ce roman se déroule à l’autre bout du pays, le contexte social et multiculturel est le même. Black out de Cécile Delarue abordait aussi la question des émeutes de Los Angeles, et parlait de ce roman : la boucle est donc bouclée.
N’aurait-on pas un peu mis Bosch dans un placard ? Non, presque pas. Il est à l’unité des Affaires non résolues, et le moindre de ses faux pas est guetté – oui, Bosch a parfois des soucis avec sa hiérarchie, parce qu’il est avant tout aux services des victimes, de la justice, et se faire bien voir n’a jamais fait partie de ses objectifs. Il n’a pas oublié ce qui s’est passé vingt ans plus tôt, quand une jeune journaliste étrangère a trouvé la mort au cours des émeutes. Elle était en vacances, mais étant donné tout ce qui se passait à Los Angeles, Bosch, les policiers, n’ont pas vraiment eu beaucoup de temps à consacrer à cette affaire.
Bosch cherche – et finit par trouver, parce qu’il a trouvé un indice, parce qu’il finit par en trouver d’autres et par poser des questions qui risquent de fâcher un peu, pour ne pas dire beaucoup. On prend toujours des risques en remuant le passé – parce qu’un crime qui a eu lieu vingt ans plus tôt, cela veut dire un coupable libre depuis vingt ans. Il est donc suffisamment malin pour ne pas s’être fait prendre, et il a une vie certainement suffisamment bien installée pour ne pas avoir envie que cela s’arrête. Si vous m’avez suivi, vous avez donc compris que l’adversaire est sans doute :
– dangereux ;
– aux aguets.
Bosch, qui sait lire les indices et remonter les pistes, l’a bien compris. Ce n’est pas comme s’il n’avait pas l’habitude de prendre des risques. Il se penche, aussi, sur la personnalité de la victime, lui redonnant, si j’ose dire, une existence, là où trop souvent, les victimes ne sont… eh bien, qu’un corps mort de plus avant que l’on mette la main sur le coupable. Nous découvrons réellement qui était Anneke Jespersen et le vide qu’elle a laissé derrière elle. Nous reparlons aussi d’événements qui ont eu lieu au début des années 90 – je veux parler de la guerre du Golfe, que l’on a quasiment oublié aujourd’hui, comme si cette guerre « sanitaire », avec ses « frappes chirurgicales » – je me souviens du vocabulaire de l’époque – n’avait pas eu d’impact sur ceux qui l’ont faite.
Un polar qui nous emmène loin, dans le temps et dans l’espace, un polar qui montre que certains ne reculent devant rien pour le pouvoir. Un polar rempli de rebondissement, qui plaira aux fans d’Harry Bosch, mais aussi à ceux qui voudraient le découvrir.

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