Archive | 16 janvier 2019

Sur le ciel effondré de Colin Niel

édition du Rouergue – 512

Présentation du roman :

En raison de sa conduite héroïque lors d’un attentat en métropole, l’adjudante Angélique Blakaman a obtenu un poste à Maripasoula, dans le Haut-Maroni, là où elle a grandi, côtoyant le peuple des Wayanas. Alors qu’un jeune garçon disparaît, elle mène l’enquête avec le capitaine Anato dans ce territoire amérindien que se disputent âprement orpailleurs et évangélistes.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier la bibliothèque de Rouen. On ne pense pas assez au travail des bibliothécaires, et leur capacité à supporter les grands lecteurs tels que moi.
La mission qui m’avait été confiée – et je l’ai acceptée – était de lire ce livre en deux jours. Je l’ai fait. Je ne le regrette pas, et je pense que tous ceux qui ont aimé les trois précédents volumes aimeront ce quatrième tome, qui nous montre le capitaine Anato toujours au prise avec ce qui le tourmentait à la fin du tome 3 – et pourtant, il aura fait maintes tentatives pour s’en défaire.
Alors, plutôt qu’une énorme analyse dans laquelle je vous parlerai de la construction géniale du récit, où je n’omettrai pas de vous parler du portrait de la société guyanaise que nous dresse l’auteur, de tous les laissez-pour-compte de la république française que nous y croiserons, de tous les désespérés, de tous ceux qui essaient de s’en sortir malgré tout, par des moyens qui ne sont pas toujours très légaux, de toutes les petites rivalités qui bouffent la vie et finissent par la prendre, de ceux qui aimeraient juste vivre tranquillement et qui ne le peuvent pas, de toutes les apparences qu’il faudra traverser pour parvenir à la vérité, de toutes les amours ratés, de toutes les retrouvailles ratées, non, je ne vous parlerai pas de tout cela. Je vous dirai d’avoir confiance. Je vous dirai que dans une société où la désespérance est le lot quotidien, où le suicide des jeunes est beaucoup trop fréquent, où les secrets de famille et les non dits empoisonne, je vous dirai qu’il est des personnes qui osent être elles-mêmes, même si pour cela il faut prendre un chemin de traverse. Oui, même environné du pire, le meilleur peut venir.

PS : oui, j’ai mis mes deux logos, parce que je ne me voyais pas en choisir un seul pour ce livre que j’ai adoré.

Missing : Germany de Don Winslow

Présentation de l’éditeur :

En Irak, Charles Sprague a sauvé la vie de Frank Decker. Aujourd’hui, l’heure est venue pour Frank de prouver sa reconnaissance : Kim, la superbe, la parfaite épouse de Charles, s’est volatilisée dans un luxueux centre commercial de Miami. La spécialité de Frank, c’est de retrouver les personnes disparues.

Mon avis :

J’aime quand j’entends une voix. Oui, quand j’ai lu les premières lignes de Missing : Germany, j’ai entendu la voix du personnage qui me parlait, une voix qui coulait de source, sans afféterie, sans effet de manche, bref, quelqu’un de proche qui nous raconte son histoire, ce qui ne veut absolument pas dire que l’auteur se croit obligé d’utiliser une syntaxe relâchée. Non, l’oralité n’a rien à voir avec le n’importe quoi, et je conseillerai fortement la lecture de n’importe quel roman de Don Winslow à certains auteurs pour le leur faire comprendre.
Nous retrouvons Frank Decker, le héros de Missing : New York. Egal à lui même, il a refusé toutes les propositions qui lui ont été faites, il était hors de question pour lui d’être la vitrine ou la caution morale d’une société quelconque. En revanche, il est un appel qu’il ne peut ignorer, celui de son ami Charles, qui lui a sauvé la vie en Irak : quand on a fait la guerre ensemble, quand on a été marines ensemble, on est unis pour la vie ! Aussi, quand Charles l’appelle parce que Kim, son épouse adorée, n’est pas rentrée du centre commercial, il arrive aussitôt ! Rien, absolument rien, aussi reste-t-il auprès de Charles pour prévenir la police et guider son ami dans les méandres d’une enquête qui ne fait que commencer. En effet, en cas de disparition, le premier suspect est toujours le mari, toujours. Surtout s’il est riche. Le contrecoup est que le riche mari peut se permettre de financer les recherches de son ami Frank, lui qui s’était juré, à la fin du tome précédent, d’aider les personnes qui disparaissant.
Son enquête le mènera loin, très loin, sur des chemins qu’il n’aurait pas aimé emprunté – celui de son passé. Pour résoudre les mystères du présent, toujours aller chercher dans le passé, et c’est à nouveau le portrait d’une Amérique que l’on voit pas tant que cela qui nous est dressé – pas tant celle des laissez-pour-compte, non, celle des extrémistes ordinaires, prompts à juger ceux qu’ils ont eux-mêmes amené à sortir de « leur » droit chemin.
Dans cette enquête, Frank trouvera beaucoup – de quoi donner une nouvelle impulsion à ce qui est son « oeuvre ». Il perdra aussi énormément. Mais ce second roman le mettant en scène est aussi passionnant que le premier.
Don Winslow, un auteur que vous aurez peut-être la chance de découvrir cette année.