Archive | 14 janvier 2019

Missing : New York de Don Winslow

Présentation de l’éditeur :

Frank Decker, sergent de police à Lincoln, Nebraska, capte sur sa radio de service un « Code 64 », soit un avis de disparition : Hansen, Hailey Marie. Afro-américaine. Âgée de cinq ans. Un mètre six. Seize kilos huit. Cheveux bruns, yeux verts.
Personne n’a rien vu, rien remarqué, rien entendu.
Près de la moitié des enfants assassinés par leur ravisseur sont tués dans l’heure qui suit leur enlèvement et Decker sait juste que Hailey s’est volatilisée avec Magique, son petit cheval en plastique.
Fouilles et interrogatoires, brigade cynophile, battues avec l’aide des flics des comtés voisins : la police fait de son mieux.
Jusqu’à un certain point. Car personne ne l’admet, mais on remue ciel et terre pour retrouver les petites filles blondes, pas les enfants métis de mère modeste et alcoolique.
C’est alors que Decker donne sa démission, fait son sac et part sur les routes à la recherche de Hailey.
Une quête désespérée et solitaire de plusieurs mois, de motels en stations-service, jusqu’à New York et son annexe pour VIP, les Hamptons.
Et là, tout bascule…

Mon avis :

Il est une phrase que je répète souvent. Si vous êtes fan de cet auteur, vous connaissez déjà ce roman, et vous n’aurez que faire de mon avis. Si vous ne l’êtes pas, ce sera peut-être pour vous de découvrir cet auteur qui, à mes yeux, se renouvèle sans cesse, peu importe où il nous entraîne.
Là, nous sommes dans le Nebraska, et Frank Decker est un bon flic. La disparition d’un enfant ? Insupportable. Aucune piste, rien. Puis, il faut bien le dire : si elle avait été blonde aux yeux bleus, née dans une famille des plus traditionnelles, les médias auraient pu être émus. Là… une enfant métis… sans père… de mère pauvre, célibataire, buvant un peu beaucoup… Ce n’est pas un sujet intéressant. Je sais très bien que certaines personnes, vivant au pays des Bisounours, sont outrés de ce que je viens d’écrire, qui n’est jamais que le reflet de ce que Don Winslow lui-même écrit, et se trouve une vérité… statistique.
Frank est un obsessionnel, et lui n’accepte pas. Tant pis pour son travail, tant pis pour sa femme, il envoie tout valser parce qu’il veut retrouver cette petite fille. Il ne le fera ni en un jour, ni en une semaine, dépassant les délais les plus optimistes. Il s’acharne, il suit les pistes qui se présentent à lui – parce qu’il est rare de trouver une piste qui ressemble à quelque chose, véritablement, d’avoir un témoin qui a vu quelque chose d’intéressant, même si aux yeux de certaines personnes, cela peut paraître insignifiant.
Cette enquête l’emmène loin du Nebraska, il est vrai, et à New York, c’est à un monde très artificiel qu’il a à faire, celui de la mode et de la prostitution de luxe. Decker a toujours un certain détachement face à ce qu’il voit, ce qui lui permet de mener son enquête en toute lucidité, sans se laisser entraîner sur une pente dangereuse. Trouver la vérité, y laisser des plumes, se faire menacer, blesser, oui. Se laisser corrompre, non. Renoncer alors qu’il sait qu’il touche au but, non plus. Mais faire des concessions pour que des enfants puissent vivre sereinement, oui.
Le début d’une série… la suite bientôt !