Archive | 5 janvier 2019

Journal d’un animateur aux studios Idéfix de Patrick Cohen

Mon avis :

Ce livre me faisait de l’oeil depuis un certain temps. Aussi, quand je l’ai croisé au sein de la précédente Masse critique Babelio, j’ai tenté ma chance – et j’ai été retenue, ce dont je remercie Babelio et les éditions Tartamudo.
Cet album nous parle d’un temps que l’on ne peut connaître que si l’on s’intéresse au film d’animation et à son évolution jusqu’à notre époque où la technique (numérique) est parfaite et réutilisable à l’infini. Bienvenue à une époque où l’on pouvait devenir intervalliste sans avoir étudié cinq années après le bac – j’exagère à peine, mais pas quand je dis que la France manque d’animateurs.
J’hésite à qualifier ce livre : bande dessinée ? album ? roman graphique ? roman autobiographique ? En tout cas, Patrick Cohen nous parle de lui et de son singulier parcours. Il nous parle de sa famille aussi, ses parents, ses frères et soeurs, ses filles qui furent partie intégrante de son aventure professionnelle.
La première chose que je retiens, c’est finalement ce que je dis à mes élèves : il ne faut pas renoncer à ses rêves. Si l’éducation nationale a largement abandonné le jeune Patrick – comme beaucoup d’adolescents, s’il a dû effectuer des métiers qui ne lui convenaient pas vraiment, il a su rester à l’affût d’une opportunité – oui, c’était possible de s’informer, même sans réseaux sociaux – et transformer l’essai, jusqu’à, finalement, voler de ses propres ailes.
Oui, j’anticipe, mais l’auteur nous raconte quatre années d’une aventure hors du commun, celle des Studios Idefix. Oui, il parle avec le recul du temps, et se rend compte de la chance qu’il a eu, non de travailler dans ce studio mais de travailler avec les personnes qui le composaient. Il n’oublie pas, par exemple, les visites rituelles de René Goscinny, le vendredi. Et c’est presque naturellement qu’il clôt le livre par… un dernier hommage, finalement.
Le livre mêle les illustrations. Dessins actuels, dessins de l’époque, caricature aussi – ou comment s’amuser dans un studio. La seconde partie du livre présente aussi des photos, qui nous remettent dans le contexte de cette époque – et montrent des personnes pas si éloignées de leurs personnages.
Un livre à découvrir pour les passionnés d’animation.

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Las vegas baby de Brian Freeman

édition Presse de la cité – 408 pages

Présentation de l’éditeur :

Récemment muté à Las Vegas pour y rejoindre sa collègue – et désormais compagne – Serena Dial, Jonathan Stride découvre une ville secouée par deux affaires inexplicables. Le fils d’un riche industriel a été assassiné, et un petit garçon sauvagement écrasé par un chauffard. Deux victimes qui n’avaient rien en commun. Deux meurtres sans mobile apparent. Sous la pression de médias toujours en quête de sensationnel et d’une hiérarchie soucieuse de préserver l’image de la ville, Stride et Dial n’ont que quelques jours pour boucler leur enquête. Et ils vont découvrir qu’à Vegas, cette ville de la nuit et du vice où tout n’est qu’apparence, il n’y a que deux issues possibles : ou bien vous remportez le jackpot, ou bien vous êtes lessivé. Au sens propre comme au sens figuré…

Mon avis :

Mon enthousiasme policier est largement émoussé après la lecture de cet opus. Pour faire court, trop de problèmes personnels tue les problèmes personnels. Je ne parlerai pas d’Amanda (qui se nommait encore Jason il y a quelques années) parce qu’elle assume qui elle est, même si elle se demande combien de temps elle et son compagnon vont tenir face aux attaques incessantes et larvées dont ils sont victimes. Non, je parlerai du couple Jonathan (le plus souvent appelé par son surnom) et Serena. Jonathan, lui, est en paix avec son passé. Veuf de sa première femme, qui était vraiment le point d’ancrage de sa vie, il s’est remarié et son mariage a été un désastre. Apaisé, c’est par amour pour Serena qu’il a quitté le Minnesota pour le Nevada, et surtout Las Vegas.
Pour Serena, c’est moins simple. Oui, elle aime Jonathan, mais son passé est tellement douloureux, tellement complexe qu’elle-même peine à savoir ce qu’elle ressent vraiment, parce qu’elle n’a jamais pris le temps de faire la paix avec elle-même, parce qu’elle ne s’est pas posé certaines questions. Autant vous dire que cela occupe une bonne place dans le livre, et interfère parfois avec l’enquête.
Nous sommes à Las Vegas, et ceci explique peut-être la démesure des crimes commis. Et parfois, trop c’est trop. Trop de meurtres, trop de violences, trop de rebondissements, trop d’invraisemblances aussi – il ne faut pas trop s’attarder sur la chronologie de certains événements. Oui, le livre n’est pas désagréable à lire, cependant, même avec le contexte très spécial qu’est celui de Las Vegas, ville de tous les excès, j’ai trouvé cette intrigue beaucoup trop alambiquée.