Archive | décembre 2018

Sherlock, Lupin et moi, tome 1 : Le mystère de la dame en noir

Présentation de l’éditeur :

Eté 1870, Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Irene Adler font connaissance à Saint-Malo. Les trois amis espèrent profiter de leurs vacances en bord de mer, mais le destin en a décidé autrement. Un corps s’est échoué sur une plage voisine et les trois camarades se retrouvent au beau milieu d’une enquête criminelle. Un collier de diamants a disparu, le mort semble avoir deux identités et une sombre silhouette rôde, la nuit, sur les toits de la ville.
Trois détectives ne seront pas de trop pour résoudre l’énigme de Saint-Malo !

Mon avis :

Il est de plus en plus fréquent de voir des auteurs de littérature jeunesse inventer la jeunesse de nos enquêteurs préférés, ou leur inventer une petite soeur, une nièce, des descendants, et ainsi nous montrer l’enfance de leur art. Certains opus sont franchement ratés, n’ayons pas peur de le dire. D’autres, au contraire, sont très réussis, et c’est le cas de cette enquête mettant en scène le jeune William Sherlock Holmes, le jeune Arsène Lupin qui n’aime pas son prénom, et l’intrépide Irène Adler, en vacances à Saint Malo avec ses riches parents. Je devrai plutôt dire « avec sa riche maman qui ne la comprend pas », puisque son père ne fait qu’une visite express dans la ville de province.
Point positif : l’auteur connaît son sujet, et ne nous promène pas avec un Sherlock fade, ou un Arsène Lupin qui aurait causé la mort de sa mère de chagrin (spéciale dédicace à  un film que je n’ai pas du tout apprécié). Même si certains faits ne viennent pas de la lecture approfondie de l’oeuvre de Conan Doyle, l’ensemble reste plausible, possible, y compris les cours de chant que les parents d’Irène veulent absolument qu’elle prenne – rappelons qu’Irène Adler est une ancienne cantatrice.
De plus l’intrigue est vraiment habile. Ce n’est pas une intrigue allégée, sans risque, presque comique, bien trop facile à laquelle nous avons à faire. Le danger auquel nos trois jeunes enquêteurs sont confrontés est bien réel, et même si les adultes sont très occupés, à des activités diverses et variés, ils peuvent néanmoins compter sur ce cher Horatio Nelson – non, pas l’amiral, le domestique des Adler.
Ce que j’ai aimé aussi dans ce premier tome, c’est que le monde n’est pas manichéen, contrairement à ce que j’ai pu lire dans certains romans de littérature jeunesse (les aventures du jeune Jules Verne, pour citer un exemple). Non, tous les adultes ne sont pas forcément des personnes qui ferment les yeux sur ce qui se passent autour d’eux, et l’on peut être un policier consciencieux, si ceux qui vous entourent ne le sont pas, et bien, l’on n’avance pas !
Ce que j’ai aimé aussi, c’est le regard qu’Irène, narratrice, porte rétrospectivement sur ce qui est survenu cet été-là. Parfois, par petites touches, elle anticipe sur ce qui se passera, sans jamais trop nous en révéler – ou comment maintenir la curiosité de son lecteur.
En refermant ce livre, je n’avais qu’une seule inquiétude : comment allait-elle se poursuivre ?

Un Noël à Jérusalem d’Anne Perry

édition 10/18 – 156 pages.

Présentation de l’éditeur :

Noël 1900.
Victor Narraway, le supérieur de Thomas Pitt, et sa nouvelle femme Vespasia font un voyage en train de Jaffa à Jérusalem. Bien qu’ils passent un agréable moment ensemble et fassent de nouvelles rencontres, Vespasia commence bientôt à soupçonner que quelqu’un les suit et les épie.
Bientôt, une de leurs nouvelles connaissances est retrouvée assassinée, le seul indice étant un mystérieux morceau de parchemin écrit dans une langue étrangère, et un message implorant Narraway de poursuivre la quête du défunt. Persuadés de l’importance de cette quête, Narraway et Vespasia décident d’exaucer la dernière volonté de leur ami décédé.

Mon avis :

Tous les ans, ou presque, je lis l’enquête d’Anne Perry qui se déroule à la période de Noël. Cette enquête permet en général de retrouver un personnage secondaire de la série, et de le développer. Ici, c’est Vespasia et son mari Victor Narraway qui sont mis à l’honneur : tout deux partent à Jérusalem. Hélas ! Un crime est commis, ils choisissent de mettre à l’abri un message que le disparu leur avait confié juste avant d’être assassiné.
Le voyage en Orient aurait pu être fort passionnant, avec les incidents et les rencontres qui l’émaillent. Il n’en est rien – ou si peu. Ce qui m’a gênée après le premier tiers du roman est le style. Les tournures interrogatives abonnent ! Que dis-je, l’on trouve parfois une demi-douzaine de questions par pages, non des questions qui admettent une réponse, mais un questionnement du personnage, questionnement sur le voyage, leur mission, mais aussi sur ces croyances, le sens de la fête de Noël et de tout ce qui l’entoure – comme l’étoile qui a mené les rois Mages en Galilée.Disons que cela peut être intéressant, mais encore aurait-il fallu que cela apporte quelque chose sur notre connaissance des personnes, ou encore au développement de l’intrigue – celle-ci est vraiment trop brève.
Puis, Vespasia est parfois un peu agaçante, je n’ai pas l’impression que ce court roman ait apporté grand chose au personnage, si ce n’est ressassé ce que nous savons déjà – Vespasia, qui est restée une belle femme en dépit du temps qui passe, Vespasia, qui a eu une vie aventureuse, Vespasia, qui a reçu une excellente éducation de la part de son père. Si cela peut être intéressant pour quelqu’un qui ne connaît pas le personnages, pour ma part, j’ai eu surtout l’impression que c’était très répétitif.
La lecture n’a pas été désagréable, mais elle ne m’a pas apporté le plaisir que j’en attendais.

 

Noël au pic du putois de Géronimo Stilton

Présentation de l’éditeur :

Je m’imaginais déjà passer Noël blotti dans un fauteuil au coin du feu… mais voilà qu’on me fait faire du ski ! Et du bobsleigh ! Et du patinage ! Et comme si tout ce programme n’était pas assez chargé, Farfouin Scouit me demande d’enquêter sur une série de mystérieux incidents au pic du Putois… Les vacances ne s’annoncent pas de tout repos !

Mon avis :

Déjà la 88e aventure de Geronimo, le rongeur le moins aventurier qui soit, toujours lancé dans des aventures qui le dépassent, toujours optimiste, mettant en valeur l’amitié et l’entraide.
Comme beaucoup de personnes, comme la majorité des personnes, Géronimo Stilton pensait passer des fêtes de Noël tranquille. Comme souvent, il ne parvient pas à rester tranquille, parce que ses amis, sa famille, ses collaborateurs ont toujours de très bonnes idées pour lui. Las ! Dans la charmante station où il se rend, au nom très évocateur, il est obligé de s’initier aux joies du sport – ou plutôt des sports d’hiver. Pire : une série d’événements l’oblige à enquêter, lui qui espérait, entre deux activités sportives contraintes, se reposer un peu. Qu’importe ! Il faut sauver Noël !
Ce joli récit nous rappelle que l’important, à Noël, est d’être ensemble. Les activités de Noël, présentés à la fin du livre, sont d’ailleurs peu onéreuses, pas trop difficiles, mais faciles si l’on s’y met à plusieurs. Toujours optimiste, Geronimo parvient à unir tout le monde à Noël.
Une sympathique histoire à partager.

Joyeux Noël… de la part de madame Cobert

Je vous souhaite moi aussi, avec les chats de la tribu normande, un joyeux Noël.
Cependant, j’avais envie de laisser la parole à ce personnage, qui est un peu mon alter-ego dans le monde des louveteaux.

Chers louveteaux,
je vous souhaite un joyeux Noël.
Si, si, c’est sincère – tant que vous ne fêtez pas Noël au pensionnat et que vous ne m’envoyez pas des mails entre 23 h 54 et 00 h 42, je suis tout à fait prête à vous souhaiter un joyeux Noël.
Je vous rappelle d’ailleurs que Noël est une trève – logiquement. Donc pas de morsures ou de griffures intempestives, merci par avance. Nous avons soigné assez de plaie lors de la dernière semaine avant les vacances.
Joyeux Noël en famille, en meute, avec les personnages que vous aimez, mais s’il vous plait, évitez de me raconter vos histoires de coeur à la rentrée. Oui, j’ai bien retenu que Truc avait des problèmes de couple avec Machine, et que Machin voulait briser leur couple, enfin, ça, c’est le point de vue de Truc, parce que Machin sort avec Chose, et qu’il semble très heureux, même si je sais de source sûre, c’est à dire de Chose elle-même, qu’elle souhaite mettre fin à leurs relations avant les fêtes. Pendant ce temps, Tim et Sarah filent le parfait amour, tant mieux – oui, j’ai cessé d’employer des codes, parce que, Tim et Rachel, c’est une histoire connue de tous les 6e, un peu comme Tom et Manon pour les 3e. Là, pendant que je vous écris, je vois déjà le regard offusqué de Tom, qui m’assure que non, non, personne n’est au courant, si ce n’est qu’il ne quitte pas Manon d’un coussinet, sauf quand elle rentre dans une salle de cours parce qu’ils ne sont pas dans la même classe. Même les 6e Citron, dont je suis la professeure principale, sont au courant ! D’ailleurs, les 6e Citron, merci pour les chocolats, c’est très gentil.
Le concert de la chorale ? Je vais faire comme si je n’avais pas entendu. Si, si, il vaut mieux, d’ailleurs en salle des professeurs, tout le monde vous le dira, je n’ai rien entendu, et il paraît qu’il vaut mieux que je n’ai rien entendu. Je ne vois pas ce qui peut être pire que le concert précédent, dont la video est disponible sur simple demande – par contre, nous n’avons pas le son.
Je vous souhaite donc, à nouveau, un joyeux Noël !
Madame Sharon Cobert.

Les mystères du manoir Steiner de Rose Marie-Noële Gressier

 

Présentation de l’éditeur :

BRETAGNE, 10 juillet 1935
Le jeune Gaston Bouilledebille est ravi !
Il vient d’arriver chez sa grand-mère. L’occasion pour lui de se régaler de crêpes à la confiture et, SURTOUT, de retrouver sa chère Agatha !!!
Ah… Agatha Sapristi, la fille des voisins de mamie Gisèle !!! Gaston en est fou amoureux. Mais a-t-il vraiment ses chances avec elle, lui, le gros rouquin dont tout le monde se moque au collège ?
Peut-être… D’autant plus que Gaston et la jolie Agatha vont se rapprocher pour résoudre le mystère qui entoure un nouveau venu dans le village, un certain Frankie Steiner qui a acheté un vieux manoir abandonné.

Mon avis :

Livre sympathique, charmant, agréable à lire et à partager. Non, ma critique ne sera pas si courte, cependant je dois vous dire que j’ai apprécié cette lecture.
J’ai aimé ses deux héros tout d’abord. Gaston Bouilledebille, dont le nom est un hommage à un célèbre reporter, n’a pas un physique passepartout, vous savez, ce physique des gentils petits garçons, ou celui des durs à cuire : il est rond, trop rond aux yeux de tous, sauf à ceux de sa grand-mère, une femme dénuée de tout préjugé, et d’Agathe, jolie, certes, mais capable de ne pas s’arrêter aux apparences.
Et pour combattre les apparences, il y a fort à faire. En effet, un nouveau voisin vient de s’installer dans la petite commune bretonne, et celui-ci est l’objet, au mieux de moquerie (comme si cela pouvait être un « mieux ») au pire d’une forte suspicion. De là à l’accuser de tous les maux ou presque, il n’y a qu’un pas que les commères du village franchissent allègrement. Ne jamais se fier aux apparences, ne pas se répandre en rumeurs, deux points importants dont le roman parle sans fard – il n’est jamais trop tôt pour bien faire.
L’intrigue policière est simple mais bien construite : pensons que nous avons à faire à de jeunes lecteurs. Les parents ou les lecteurs plus âgés pourront se délecter des clins d’oeil littéraire qui émaillent le récit.
Ceci est un premier tome, j’espère bien qu’il y en aura d’autres !
Merci à Netgalley et aux éditions Librinova pour ce partenariat.

Pourquoi pas nous ? de Becky Albertalli et Adam Silvera

édition Hachette Romans – 380 pages

Présentation de l’éditeur :

Arthur est à New York pour l’été, en attendant de savoir s’il va être reçu à Yale. Lorsqu’il croise le chemin de Ben dans un bureau de poste, c’est le coup de foudre. Il y voit un signe du destin. De son côté, Ben doute que le destin soit de son côté : il vient de rompre avec son petit ami, Hudson, et n’est pas vraiment prêt pour une nouvelle relation. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne parviennent à oublier cette première rencontre. Au fil des rendez-vous, les deux garçons se rapprochent.

Mon avis :

Bonjour à tous. J’ai l’impression en lisant ce livre de me retrouver « En terre inconnue ». Oui, ce livre appartient au genre « Young adult », et j’ai déjà lu de nombreux livres qui appartiennent à cette catégorie. Oui, j’ai déjà lu des romances, diverses et variées, et si vous me connaissez un peu, vous savez que ce n’est pas mon genre (littéraire) de conclure en disant : « je n’étais pas le public visé », donc « je suis passée à côté ». Je vais donc tâché d’explorer plus avant.
Même sans être le public cible (des lecteurs de l’âge de mes élèves, approximativement), l’histoire se passe à New York, dans un milieu relativement aisé. Certes, le père d’Arthur est au chômage, certes, les parents de Ben ne roulent pas sur l’or, mais ils parviennent à scolariser leur fils dans un établissement convenable. La limite est là, cependant, parce que Ben sait bien qu’à moins d’obtenir une bourse, il ne pourra étudier à l’université, lui qui peine déjà dans son avant-dernière année de lycée, alors que la voie est toute tracée pour Arthur, du point de vue de ses résultats scolaires mais aussi de l’aisance financière de ses parents. Choc de deux mondes ? Oui, mais pas que : vous l’aurez sans doute compris sans que je vous le précise, Ben et Arthur vivent, le temps d’un été, une romance très gay et lisible par tous les adolescents – il est des manières très softs, sans être irréalistes de raconter des scènes intimes.
Ces deux adolescents ont un avantage : ils sont gays, ils ont fait leur coming out, et leur famille, leurs amis, ont très bien accepté cela. Faut-il le rappeler ? Ce n’est malheureusement pas le cas partout, et les deux jeunes gens seront confrontés à l’homophobie trop ordinaire. Cependant, comme tout adolescent, ils vivent l’une de leur première histoire d’amour, et ce n’est pas forcément évident. Ce n’est pas forcément différent d’une histoire d’amour « tout court », avec son lot de raté, de difficultés à dire ce que l’on veut, ce que l’on ressent, à dire à l’autre qui l’on est, ce que l’on aime. Face à eux, leurs amis vivent des histoires d’amour presque plus simples – notamment s’ils se connaissaient depuis longtemps. Puis… les amours adolescentes ont été contées des dizaines de fois. Les histoires d’amour d’adolescents gays restent à écrire.
Avant de terminer cette chronique, je voudrai aussi parler des clichés dont Ben est victime. Il est d’origine portoricaine, mais il ne ressemble pas à un portoricain. Du coup, il doit entendre tout ce que les autres savent ou croient savoir sur ce que doit être un jeune homme d’origine portoricaine. Là aussi, on ne dira jamais assez – et moi la première, à quel point il est usant et réducteur d’être réduit à nos origines, oubliant ainsi de se demander qui est vraiment la personne en face de vous.

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.

Toutes les choses de la vie de Kevin Canty

Présentation de l’éditeur :

Un 5 juillet, un homme et une femme, Robert et June, se retrouvent au bord d’une rivière du Montana avec une bouteille de whisky pour célébrer le cinquantième anniversaire d’un autre homme, Taylor, mort depuis onze ans.
C’était l’ami d’enfance de Robert et le mari de June et celle-ci, après toutes ces années de deuil, décide de n’être désormais la veuve de personne. Désireuse de prendre un nouveau départ, elle envisage même de vendre la maison qu’elle aime tant.
Robert, divorcé et père d’une fille de vingt ans, doit faire face à de grands changements quand il accepte d’héberger Betsy, son amour de jeunesse, qui traverse un moment difficile.
Entre ces deux femmes, il doit affronter sa propre futilité et redéfinir le sens qu’il donne à l’amour et à la vie.

Mon avis :

Toutes les choses de la vie est un roman simple, qui nous raconte une tranche de vie, un moment où, finalement, tout est possible – ou presque.
Robert et June sont amis de longue date, surtout, Robert était ami avec Taylor, le mari de June, décédé subitement onze ans plus tôt. Mais voilà : June veut tourner la page, définitivement, peut-être même, implicitement, refaire sa vie. Elle et Taylor n’ont pas eu d’enfants, il reste… le chien, vieillissant. Robert de son côté, a une fille, et ne se doute pas des aléas de sa vie personnelle. Layla, étudiante, n’aime pas, dans son université, être la fille qui vient du Montana, comme si c’était, forcément, péjoratif. Elle aussi va se trouver à un tournant de sa vie, elle ne le sait pas encore, pendant que son père veut aider du mieux possible son amour de jeunesse, qui a pourtant bâti sa vie – ailleurs. Il laisse donc de côté ce à quoi il tient – le Montana, la pêche, son activité de guide, pour l’accompagner dans son parcours où l’espoir ne figure plus vraiment. C’est aussi l’occasion pour lui de se rappeler sa jeunesse, les moments partagés avec sa femme, l’enfance de sa fille, et de se demander si sa vie est vraiment conforme à ce qu’il désirait.
Oui, ce sont des choses simples qui nous sont racontés : le moment où l’on s’affranchit de ce qui nous pèse, où l’on a envie de faire vraiment ce que l’on veut faire. Encore faut-il que l’autre qui est à nos côtés le veuille. Il faut alors ne pas hésiter à donner une impulsion à sa vie – même si l’on doit, pour cela, se retrouver seul.
Si j’ai beaucoup aimé Robert, en père un peu dépassé mais toujours aimant, June, qui sait ne pas se laisser enfermer dans une situation qui ne lui convient pas et Layla, en revanche le personnage d’Edgar me semble terriblement conformiste. Je ne parle pas de la construction de ce personnage, non, je parle de ce qu’il représente dans la société américaine. L’homme parfait, cherchant toujours à se conformer à ce que sa femme, jeune maman, veut, même si ces désirs sont justement très conformistes.
Toutes les choses de la vie – un moment romanesque beau et simple.