Archive | 23 décembre 2018

Les mystères du manoir Steiner de Rose Marie-Noële Gressier

 

Présentation de l’éditeur :

BRETAGNE, 10 juillet 1935
Le jeune Gaston Bouilledebille est ravi !
Il vient d’arriver chez sa grand-mère. L’occasion pour lui de se régaler de crêpes à la confiture et, SURTOUT, de retrouver sa chère Agatha !!!
Ah… Agatha Sapristi, la fille des voisins de mamie Gisèle !!! Gaston en est fou amoureux. Mais a-t-il vraiment ses chances avec elle, lui, le gros rouquin dont tout le monde se moque au collège ?
Peut-être… D’autant plus que Gaston et la jolie Agatha vont se rapprocher pour résoudre le mystère qui entoure un nouveau venu dans le village, un certain Frankie Steiner qui a acheté un vieux manoir abandonné.

Mon avis :

Livre sympathique, charmant, agréable à lire et à partager. Non, ma critique ne sera pas si courte, cependant je dois vous dire que j’ai apprécié cette lecture.
J’ai aimé ses deux héros tout d’abord. Gaston Bouilledebille, dont le nom est un hommage à un célèbre reporter, n’a pas un physique passepartout, vous savez, ce physique des gentils petits garçons, ou celui des durs à cuire : il est rond, trop rond aux yeux de tous, sauf à ceux de sa grand-mère, une femme dénuée de tout préjugé, et d’Agathe, jolie, certes, mais capable de ne pas s’arrêter aux apparences.
Et pour combattre les apparences, il y a fort à faire. En effet, un nouveau voisin vient de s’installer dans la petite commune bretonne, et celui-ci est l’objet, au mieux de moquerie (comme si cela pouvait être un « mieux ») au pire d’une forte suspicion. De là à l’accuser de tous les maux ou presque, il n’y a qu’un pas que les commères du village franchissent allègrement. Ne jamais se fier aux apparences, ne pas se répandre en rumeurs, deux points importants dont le roman parle sans fard – il n’est jamais trop tôt pour bien faire.
L’intrigue policière est simple mais bien construite : pensons que nous avons à faire à de jeunes lecteurs. Les parents ou les lecteurs plus âgés pourront se délecter des clins d’oeil littéraire qui émaillent le récit.
Ceci est un premier tome, j’espère bien qu’il y en aura d’autres !
Merci à Netgalley et aux éditions Librinova pour ce partenariat.

Pourquoi pas nous ? de Becky Albertalli et Adam Silvera

édition Hachette Romans – 380 pages

Présentation de l’éditeur :

Arthur est à New York pour l’été, en attendant de savoir s’il va être reçu à Yale. Lorsqu’il croise le chemin de Ben dans un bureau de poste, c’est le coup de foudre. Il y voit un signe du destin. De son côté, Ben doute que le destin soit de son côté : il vient de rompre avec son petit ami, Hudson, et n’est pas vraiment prêt pour une nouvelle relation. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne parviennent à oublier cette première rencontre. Au fil des rendez-vous, les deux garçons se rapprochent.

Mon avis :

Bonjour à tous. J’ai l’impression en lisant ce livre de me retrouver « En terre inconnue ». Oui, ce livre appartient au genre « Young adult », et j’ai déjà lu de nombreux livres qui appartiennent à cette catégorie. Oui, j’ai déjà lu des romances, diverses et variées, et si vous me connaissez un peu, vous savez que ce n’est pas mon genre (littéraire) de conclure en disant : « je n’étais pas le public visé », donc « je suis passée à côté ». Je vais donc tâché d’explorer plus avant.
Même sans être le public cible (des lecteurs de l’âge de mes élèves, approximativement), l’histoire se passe à New York, dans un milieu relativement aisé. Certes, le père d’Arthur est au chômage, certes, les parents de Ben ne roulent pas sur l’or, mais ils parviennent à scolariser leur fils dans un établissement convenable. La limite est là, cependant, parce que Ben sait bien qu’à moins d’obtenir une bourse, il ne pourra étudier à l’université, lui qui peine déjà dans son avant-dernière année de lycée, alors que la voie est toute tracée pour Arthur, du point de vue de ses résultats scolaires mais aussi de l’aisance financière de ses parents. Choc de deux mondes ? Oui, mais pas que : vous l’aurez sans doute compris sans que je vous le précise, Ben et Arthur vivent, le temps d’un été, une romance très gay et lisible par tous les adolescents – il est des manières très softs, sans être irréalistes de raconter des scènes intimes.
Ces deux adolescents ont un avantage : ils sont gays, ils ont fait leur coming out, et leur famille, leurs amis, ont très bien accepté cela. Faut-il le rappeler ? Ce n’est malheureusement pas le cas partout, et les deux jeunes gens seront confrontés à l’homophobie trop ordinaire. Cependant, comme tout adolescent, ils vivent l’une de leur première histoire d’amour, et ce n’est pas forcément évident. Ce n’est pas forcément différent d’une histoire d’amour « tout court », avec son lot de raté, de difficultés à dire ce que l’on veut, ce que l’on ressent, à dire à l’autre qui l’on est, ce que l’on aime. Face à eux, leurs amis vivent des histoires d’amour presque plus simples – notamment s’ils se connaissaient depuis longtemps. Puis… les amours adolescentes ont été contées des dizaines de fois. Les histoires d’amour d’adolescents gays restent à écrire.
Avant de terminer cette chronique, je voudrai aussi parler des clichés dont Ben est victime. Il est d’origine portoricaine, mais il ne ressemble pas à un portoricain. Du coup, il doit entendre tout ce que les autres savent ou croient savoir sur ce que doit être un jeune homme d’origine portoricaine. Là aussi, on ne dira jamais assez – et moi la première, à quel point il est usant et réducteur d’être réduit à nos origines, oubliant ainsi de se demander qui est vraiment la personne en face de vous.

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.