Archive | 19 décembre 2018

Styx station de John C. Patrick

Quatrième de couverture

1er mai 1962. Dans le massif du Hoggar, François Alessandro et un guide targui sont victimes de retombées radioactives accidentelles. Ils ne savent pas qu’un cauchemar les attend.
5 juillet 1962. Oran. Guy Chaussade s’apprête à participer à la manifestation organisée pour fêter la proclamation de l’indépendance algérienne. Il ne sait pas qu’un long calvaire commence. John C. Patrick poursuit, après le premier volet Moïra, sa relecture des événements qui ont marqué la fin des années 60.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Kyklos et le forum Partage Lecture pour ce partenariat.
Si je vous parle des années 60, à quoi pensez-vous ? A mai 68, aux yéyés, à ces années heureuses dont certaines émissions nous rabattent les oreilles ? L’on pense rarement à la guerre d’Algérie, et à son après. D’ailleurs, si j’en crois le vaillant professeur d’histoire que j’ai eu en terminale, la guerre d’Algérie s’est terminée… en 1958. Les appelés du contingent qui étaient là bas apprécieront.
Oui, je m’égare, parce que ce roman passionnant, très bien construit et très bien documenté, nous parle de l’après et de la chape de plomb qui a littéralement recouvert certains faits qui ont eu lieu dans cet « après », comme des essais nucléaires pas vraiment maîtrisés. Secret d’état ? Mensonge d’état plutôt, d’autant plus inquiétant que tout n’est pas révélé à ce jour, et que cette saine habitude de ne pas tout dire n’est peut-être pas passé de mode. Non, je ne verse pas dans la théorie du complot, plutôt dans celle du silence.
Silence aussi autour de ceux qui ont disparu. Il n’est pas de prisonniers français en Algérie, il n’est pas de disparus français en Algérie, circulez, il n’y a rien à découvrir. Plus fort que tout, peut-être, l’amitié qui unit certains personnages. L’amitié et l’amour, dans le cas de François Alessandro, qui voit sa femme se démener pour lui. Mais je reviens à l’amitié, à une certaine droiture aussi, qui fait que l’on se souvient de celui qui nous a aidé, et que l’on fait tout, à son tour, pour l’aider.
Même si le sujet est difficile, n’allez surtout pas croire qu’il soit rébarbatif. Les informations qu’il nous livre sur cette époque sont parfaitement intégrés dans l’intrigue, sans jamais donner l’impression d’être rébarbatif. De même, certaines scènes auraient pu être délicates, ou narrées avec complaisance : il n’en est rien. Une réalité sanglante peut être racontée sans que l’auteur se sente obligée d’en rajouter à l’horreur.
Styx Station – un livre et un auteur qui mériterait d’être davantage mis en avant.