Comme dans un miroir de Gunnar Staalesen

Présentation de l’éditeur :

En 1957, une femme sublime se tue en voiture avec son amant saxophoniste, dans un pacte macabre. Elle laisse deux filles. Trente-cinq ans plus tard, lorsque l’une disparaît avec son mari, sa soeur imagine le pire et appelle Varg Veum. Entre le mythe des amants suicidés en 1957 et le présent, beaucoup de recoupements, de ressemblances, comme dans un miroir. Les chalets de montagne sur les hauteurs de Bergen se renvoient les échos du passé par-delà les fjords.
Sur fond de trafic en tous genres, la Norvège des années 90 a bien les deux pieds dans son époque. Varg Veum aussi: il vient d’acheter un téléphone portable !
Un nouvel épisode jazzy pour le privé norvégien.

Mon avis : 

Il n’est pas facile de trouver le détective privé norvégien en bonne forme. Il ne se remet pas d’avoir tué un homme lors de sa précédente enquête. On a beau lui répéter que c’était de la légitime défense, qu’il n’avait pas le choix, que cet homme n’était pas une innocente victime, puisqu’il avait déjà tué, Veum se repasse le film et se demande comment il aurait simplement pu le blesser, le désarmer, plutôt que de le tuer.
C’est dans cet état d’esprit qu’il accepte une enquête, il précise bien une enquête qui ne concerne pas une affaire conjugale. Berit, avocate, divorcée, sans enfants, s’inquiète parce que sa petite soeur Bodil et son mari ont disparu sans laisser de traces. Quelques décennies plus tôt, leur mère s’était suicidée avec son amant, en un pacte macabre. Bodil avait deux ans, Berit six, ni l’une ni l’autre n’ont réussi à avoir un enfant, mais, en fouillant la maison désertée de Bodil, Veum a constaté qu’une chambre d’enfants, intacte, était bien là, en dépit des années qui ont passé depuis la fausse couche de Bodil. Faut-il y voir un indice, oui, mais de quoi ? De plus, le mari, Fernando, venait de donner sa démission d’une société pourtant prospère, société dont le nom revient bien trop souvent au cours de l’enquête de Varg. On utilise souvent cette phrase, détournée, mais il y a quelque chose de pourri au royaume de Norvège.
Comme souvent, l’enquête mène Varg à plonger dans le passé des victimes – et moi, à me demander pourquoi certains accueillent trop vite des évidences. Il n’est pas si facile de se (re)construire après un drame, cela demande une énergie énorme. Certains vont de l’avant, même s’ils n’utilisent pas ces termes – on n’a pas toujours le temps de verbaliser. D’autres cherchent autre chose, ressassent, ne parviennent pas à vivre tout simplement, à avoir un peu de légèreté, de bonheur.
Comme dans un miroir est un livre sombre, qui montre encore et toujours à quel point il suffit de peu pour provoquer des ravages.

14 réflexions sur “Comme dans un miroir de Gunnar Staalesen

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