Archive | 19 novembre 2018

Au lycée des loups garous

Anatole Sganou gît – oui, on peut dire ça comme ça – sur le canapé de la salle de repos des lycéens garous.
Que faisait-il ? Et bien comme souvent, rien.
Sarah, autre transfuge du pensionnat des louveteaux, a bien sûr une idée sur la question :
– Mon cher Anatole, il faut absolument que tu sortes de ton apathie. Un tel manque d’activité est peu compatible avec ta future charge d’Alpha. Haut les coeurs !
Seul un très vague grognement lui répondit. L’enthousiasme de Sarah, portée par sa petite voix aigrelette, n’était pas pour motiver Anatole. Elle s’assit à ses côtés.
– Je sais ce qui te manque. L’écriture ! Pourquoi avoir cessé de tenir ton journal ? Je suis sûre que tu aurais des dizaines de faits passionnants à relater.
– Sarah, on t’a déjà dit que tu étais agaçante ?
– Depuis ce matin, tu es la troisième personne à me le dire. Maintenant, si tu as un peu de temps, je pourrais te dire avec précision combien de personnes me l’ont affirmé depuis le début de ce mois.
– Broumpf.
– Tu as motivé, révélé des dizaines de louveteaux pendant tes quatre années de collège. Ton journal a été le témoignage des heures les plus sombres du pensionnat. Maintenant que les jours s’éclaircissent, tu dois rester notre porte parole.
– Justement, dit Anatole en changeant un peu de position, il ne se passe plus rien. J’ai l’impression de tourner en rond dans ce que je raconte.
– Il est tout de même des phénomènes assez étranges, des pannes électriques,des portes qui claquent. Je suis certaine qu’il y a matière à enquêter.
Anatole en était nettement moins sûre.