Toutes les nuits du monde de Zijian Chi

édition Philippe Picquier – 180 pages

Présentation de l’éditeur :

Fillette ou jeune veuve, les femmes qui habitent les deux récits de Chi Zijian ont les pieds dans la terre des campagnes chinoises et les yeux au plus près du ciel.
Elles aiment les tours de magie, les histoires de revenants, les nuages qui dansent dans le ciel immense.
Elles ont le coeur grand ouvert aux rencontres et savent découvrir le secret des plus humbles, le tendre aubier sous l’écorce.
Et quand approche le moment des adieux, à la saison qui s’achève ou aux êtres chers qui disparaissent, elles lèvent les yeux vers les étoiles et accueillent la nuit qui vient.

Mon avis :

Ce livre est un très beau texte, presque hors du temps, qui a pour narratrice une enfant pour le premier récit, une jeune veuve pour le second.
L’enfant est envoyée à la campagne, et, parce qu’elle est jeune, parce qu’elle est attentive à ce qui se passe autour d’elle, elle est sensible aux beautés de la nature, au passage des saisons, à cette vie simple menée au fin fond de la Chine. Elle s’occupe du chien, nommé Crétin, parce qu’à cause d’une grosse bêtise, il est condamné à être enchaîné. Il est des choses qu’elle ignore, comme ce qui s’est passé pendant la guerre entre le Japon et la Chine. Il est des choses qu’elle apprend malgré elle, dépositaire d’un secret qu’elle saura garder. Attentive à la nature et aux autres, elle devient ami avec Nainai, une vieille soviétique qui a été abandonnée par son mari, qui lui apprend à lire. Un récit émouvant de bout en bout.
Dans la deuxième nouvelle, la narratrice est une jeune veuve, sans enfant. Son mari, un magicien, est mort accidentellement. Sur son chemin, elle descend à Wutang, une ville peuplée de veuves. Elle rencontre Bon à rien, un âne surmené, puis le fils et le chien de Jian Bei, dont le mari a disparu. La jeune femme observe, comme une fourmo. Elle collecte les histoires de revenants, et s’intéresse à la vie de cette petite communauté. Les familles vivent de la mine, du moins les familles dont le mari est encore en vie, encore capable de descendre dans la mine. Les « épouses des morts » sont des femmes sans scrupules qui viennent à Wutang, épousent des mineurs et attendent leur mort. En province, les « contrôles » sont rares, l’administration se moque de plein de choses, et un vétérinaire peut devenir médecin. La fin de ce deuxième récit est particulièrement poétique.
Un récit à lire et à découvrir.

5 réflexions sur “Toutes les nuits du monde de Zijian Chi

  1. Ton billet me fait penser que je n’ai jamais lu de littérature chinoise : J’ai du mal à choisir un titre d’autant plus que la littérature chinoise n’est quasiment pas représentée à ma bibli municipale…
    Je note celui ci pour la poésie et l’émotion qui semblent se dégager de ces deux nouvelles 🙂

    • J’en lis – parfois. A Rouen, l’une des six bibliothèques est plus riche en littérature asiatique que les autres.
      Oui, ce sont vraiment deux textes émouvants.
      Sinon, je te déconseille, pour débuter Anyi Wang – c’est beaucoup trop réaliste, et mis à part un roman, j’ai abandonné.

  2. Et bien, un récit qui ne fleure pas bon la joie de vivre ! Faudrait que je me penche un peu plus sur les écrivains Chinois, mais le temps manque toujours pour lire et découvrir tout ce que je voudrais lire.

  3. Pingback: « Toutes les nuits du monde » de Chi Zijian (Picquier, 2013) – Les miscellanées d'Usva

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