Archive | 10 novembre 2018

Le Temps des Magiciens – Tome 2 – L’Éveil des Sorciers de Cressida Cowell

édition Hachette – 416 pages.

Présentation de l’éditeur :

Il y a très, TRÈS longtemps, Magiciens et Guerriers vivaient en ennemis.
Or il arriva que Xar, un jeune Magicien, et Souhait, une jeune Guerrière, joignirent leurs forces pour une aventure pleine de sortilèges, de créatures étranges et de cuillères enchantées.
Quelle rencontre improbable… Pourtant, c’est bien ce qui se produisit, UNE FOIS.
Qui aurait pu croire que le chemin de Xar et Souhait se croiserait une SECONDE fois  ?
Et que les dangers qu’ils auraient à affronter seraient ENCORE PLUS périlleux  ?

Mon avis :

J’ai beaucoup lu Cressida Cowell à une époque, notamment avec Harold et ses dragons, puis je me suis lassée, parce que la série, qui ne progressait pas, me semblait interminable. La preuve : deux tomes sont à ce jour non traduits en français. Pas de soucis avec cette série, dont la traduction suit de près la parution : nous en sommes au tome 2 partout !
Maintenant, même si ce livre comporte 416 pages en format papier, je dois dire qu’il ne se passe pas grand chose. J’ai vraiment eu l’impression que l’action progressait très peu. il faut aimer, les livres où les digressions sont très nombreuses, où l’un des deux personnages principaux se croit très futé, mais ne l’est pas autant qu’il le pense, tant il est sûr de lui. Je veux parler de Xar, sûr d’être le garçon choisi par le destin, et n’hésitant pas à foncer tête baissée vers le danger – ou la catastrophe, comme vous voulez.
J’ai préféré Souhait et ses pouvoirs magiques. Certes, c’est un classique du conte de nous présenter un personnage différent, née dans une fratrie où il détonne. En l’occurrence, Souhait a cinq sœurs aussi dotées de qualités guerrières et glaçantes que sa propre mère. Cependant, celle-ci essaie tout de même de protéger sa fille si différente, bien qu’elle la déçoit sans cesse.
Certes, il est des révélations, dans le dernier quart du roman. Elles sortent de l’ordinaire, mais j’ai bien peur que, dans le troisième tome, ce que nous avons découvert ne serve pas à grand chose. Certes, certaines vérités importantes sont affirmées, comme l’importance de profiter du présent ou les bienfaits du pardon, par rapport à la vengeance – et tant pis si cela déçoit quelques-uns qui auraient aimé en découdre. Mais il est rappelé aussi que les parents ou les adultes n’écoutent jamais les enfants ou que mentir, parfois, peut être nécessaire, surtout si vos parents ne vous disent pas forcément toute la vérité. Débat en perspective, même si les jeunes lectures de fantasy ne s’y attendent pas forcément !
J’ai failli oublier – comment ai-je pu ? – le narrateur omniscient et omniprésent, qui nous parle du temps passé, et ne veut absolument pas révéler son identité. Il occupe une place prépondérante dans le récit, pour ne pas dire envahissante : il faut aimer les digressions.
En bref, un roman que je n’ai pas autant aimé que je l’aurai voulu.

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Toutes les nuits du monde de Zijian Chi

édition Philippe Picquier – 180 pages

Présentation de l’éditeur :

Fillette ou jeune veuve, les femmes qui habitent les deux récits de Chi Zijian ont les pieds dans la terre des campagnes chinoises et les yeux au plus près du ciel.
Elles aiment les tours de magie, les histoires de revenants, les nuages qui dansent dans le ciel immense.
Elles ont le coeur grand ouvert aux rencontres et savent découvrir le secret des plus humbles, le tendre aubier sous l’écorce.
Et quand approche le moment des adieux, à la saison qui s’achève ou aux êtres chers qui disparaissent, elles lèvent les yeux vers les étoiles et accueillent la nuit qui vient.

Mon avis :

Ce livre est un très beau texte, presque hors du temps, qui a pour narratrice une enfant pour le premier récit, une jeune veuve pour le second.
L’enfant est envoyée à la campagne, et, parce qu’elle est jeune, parce qu’elle est attentive à ce qui se passe autour d’elle, elle est sensible aux beautés de la nature, au passage des saisons, à cette vie simple menée au fin fond de la Chine. Elle s’occupe du chien, nommé Crétin, parce qu’à cause d’une grosse bêtise, il est condamné à être enchaîné. Il est des choses qu’elle ignore, comme ce qui s’est passé pendant la guerre entre le Japon et la Chine. Il est des choses qu’elle apprend malgré elle, dépositaire d’un secret qu’elle saura garder. Attentive à la nature et aux autres, elle devient ami avec Nainai, une vieille soviétique qui a été abandonnée par son mari, qui lui apprend à lire. Un récit émouvant de bout en bout.
Dans la deuxième nouvelle, la narratrice est une jeune veuve, sans enfant. Son mari, un magicien, est mort accidentellement. Sur son chemin, elle descend à Wutang, une ville peuplée de veuves. Elle rencontre Bon à rien, un âne surmené, puis le fils et le chien de Jian Bei, dont le mari a disparu. La jeune femme observe, comme une fourmo. Elle collecte les histoires de revenants, et s’intéresse à la vie de cette petite communauté. Les familles vivent de la mine, du moins les familles dont le mari est encore en vie, encore capable de descendre dans la mine. Les « épouses des morts » sont des femmes sans scrupules qui viennent à Wutang, épousent des mineurs et attendent leur mort. En province, les « contrôles » sont rares, l’administration se moque de plein de choses, et un vétérinaire peut devenir médecin. La fin de ce deuxième récit est particulièrement poétique.
Un récit à lire et à découvrir.