Le dernier détective de Robert Crais

Présentation de l’éditeur :

« C’est le moment de payer pour ce que tu as fait ! » La sentence, assénée par un mystérieux interlocuteur au détective Elvis Cole, agit comme une grenade dégoupillée : quelques minutes plus tôt, Ben, le fils de sa fiancée, a été enlevé sous ses yeux. Très vite, pour la police, l’incompréhension laisse place à la suspicion. Aucune trace visible, aucun motif apparent. Quel crime a donc commis Cole pour que les siens se trouvent ainsi menacés ?
Epaulé par un duo de choc – le fidèle et impénétrable Joe Pike accompagné de Carol Starkey, inspecteur aux méthodes pour le moins explosives –, Elvis ne dispose plus que de 54 h 12 min pour prouver son innocence et retrouver le petit Ben, enseveli vivant…

Mon avis :

Je suis en train de lire beaucoup, beaucoup de romans de Robert Crais, et je dois dire que celui-ci est un des meilleurs. Pour quelles raisons ?
Déjà, l’intrigue est resserrée en un laps de temps très court. En cas d’enlèvement, le temps est compté, Elvis, aidé de Joe Pike, fera tout son possible et même plus pour sauver Ben, le fils de sa compagne. Ce dernier a été kidnappé par esprit de vengeance : il paierai pour ce qu’Elvis a fait au Vietnam, des années plus tôt.
Du coup, l’on en apprend un peu plus sur le passé d’Elvis – avant qu’il ne soit le meilleur détective du monde. Nous sommes ainsi plongé dans ce qui constitue un lieu commun dans la littérature ou les séries américaines : le passage du héros à l’armée, à la guerre. L’Amérique tient à son armée. Cependant… Elvis, en dépit des décorations qu’il a reçues et que nous découvrons en même temps que Ben ne se considère pas comme un héros, mais comme quelqu’un qui a survécu, qui a vu l’horreur, l’a traversé, et en est revenu vivant – contrairement à ses amis. On oublie trop souvent que l’armée était présentée (y compris en France) comme une solution pour les garçons qui avaient besoin d’être recadrés, voire une solution si l’on ne trouvait pas de travail. Robert Crais, dans son récit, distingue bien les soldats qui ont vécu le pire – non, la guerre n’est pas propre – et ceux qui ont commis le pire, et continueront. Il est toujours des guerres, même si on ne les connaît pas.
Peu ragoutant, oui, parce que le fils de Lucy, l’avocate qu’Elvis a rencontré dans Meurtre à la sauce cajun est au centre de ce conflit – et parce que, quelles que soient les accusations portées contre lui, Cole sait ce qui s’est passé, ce qu’il a vécu, les contacts qu’il a eu avec la famille des soldats morts, et il sait que ce n’est pas de ce côté qu’il faut chercher, quoi qu’en pense la police ou Richard, l’ex-mari de Lucy, père de son fils. Et Pike n’est peut-être même pas en mesure de l’aider. Oui, Joe Pike, son meilleur soutien toute catégorie confondue, peine à se remettre des blessures qu’il a subies lors de la précédente enquête de son meilleur ami. Il sera là pourtant, et si le physique n’est pas encore tout à fait là, si le mental, et bien, a été éprouvé, il est cependant capable de trouver des ressources pas encore utilisées pour aider Cole.
Il est du découpage cinématographique dans ce roman, où les actions s’enchainent sans temps mort, où les retours en arrière sont parfaitement intégrés au récit. Bref, cet opus est particulireèemtn réussi, ne le ratez pas si vous voulez découvrir l’oeuvre de Robert Crais, et son duo de détective.

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