Archive | 31 octobre 2018

Les aventures du jeune Jules Verne, tome 2 : le phare maudit

édition Pocket – 176 pages.

Présentation de l’éditeur :

Tout le monde croit dur comme fer aux fantômes, même le capitaine Nemo. Mais, pour Jules Verne, rien ne vaut des preuves scientifiques. Et quel meilleur endroit que le phare hanté pour enquêter ? Il s’y passe des choses très étranges, Jules et ses amis sont bien décidés à découvrir quoi. En revanche, si les fantômes existent, ils courent un grave danger, car rien ne peut arrêter un spectre en colère.

Mon avis :

J’avais dit que je ne lirai sans doute pas les autres tomes de cette série. Mais la bibliothèque dans laquelle je me rends toutes les semaines a acquis récemment le tome 2, bien mis en valeur sur un présentoir. Je m’en suis donc emparé et je l’ai lu d’une traite.
L’accent est mis, dans ce second tome, sur les inventions du jeune Jules Verne, invention qui, pour une fois, ne provoquent pas trop de catastrophes, et sont plutôt tournées vers les autres, les pensionnaires de l’hospice de Nantes, seuls, délaissés, manquant de beaucoup de choses et notamment d’affection. Jules est presque un enfant comme les autres, avec un père prompt à le corriger, une mère protectrice, un petit frère et une petite soeur. il est simplement assoiffé de découverte, à une époque où les Lumières semblent loin, où l’obscurantisme a droit de cité, même dans les collèges. Après tout, un peuple ignorant est bien plus facile à diriger (phrase valable encore aujourd’hui). Le directeur, ce cher monsieur Mathieu, agit-il par conviction ou par intérêt quand il parle ainsi ? Un peu des deux, sans doute, lui qui semble vraiment ancré dans le passé, prompt à utiliser les bonnes vieilles techniques pour parvenir à ses fins. Et quelle fin !
Pendant ce temps, Jules et ses camarades cherchent à percer un mystère bien plus simple, et quasiment de saison : les fantômes existent-ils ? Pour cette raison, ils vont se rendre au phare de Paimbeuf, vérifier si oui ou non un fantôme hante les lieux. Ce qu’ils vont vivre reste à hauteur d’enfants, des enfants du XIXe siècle, qui sont forcés de grandir trop vite, comme Marie qui quittera bientôt l’école parce que ses parents, nantis de cinq autres enfants, n’ont pas les moyens de l’y envoyer davantage. Il faut parfois bien de l’humour pour affronter ce qui se passe (ou comment se transformer en infirmier pour fantôme), bien de la maturité aussi, pour constater l’indifférence de certains adultes face à des faits révoltants.
En bref, un second volume plus court mais plus intéressant que le premier – parce que plus réaliste ? Et toujours, en filigrane, face à ses quatre tout jeunes adolescents, une pensée pour la série culte le club des cinq.

Amelia Fang et le bal barbare de Laura Ellen Anderson

 

édition Casterman – 224 pages.

Présentation de l’éditeur :

Amélia Fang, malicieuse vampirette, déteste assister au Bal barbare annuel organisé par sa mère, la comtesse Frivoletta. Ce soir-là, le palais est rempli de vieux monstres qui portent trop de dentelles et qui empestent le Poubel n°5. Comble de malheur, Tangine, prince de Nocturnia et sale-gosse-pourri-gâté, capture Trouille, sa citrouille de compagnie. La guerre est déclarée !

Préambule : en ce jour un peu spécial, je vais vous présenter deux livres qui collent avec la thématique Halloween.

Mon avis :

Ce livre est le premier tome d’une nouvelle série – le second, dans lequel il est question de licorne, sera traduit l’année prochaine. Laissez-moi vous présenter Amélia, charmante vampirette de son état. Elle est dotée d’amis absolument charmant, dont une Yéti appartenant à une espèce rare. Note : cette yéti, avec sa puissance vocale, ferait bien de se présenter très vite dans une chorale, on a besoin de voix !!!! Elle est la fille du comte Drake, qui possède de magnifiques chemises hawaïennes, du moins, il est le seul à le penser, et de la comtesse Frivoletta, toujours à la point de la mode, toujours impeccable, même quand elle part à la recherche d’un de ses yeux qu’elle a perdus. Surtout, surtout, elle s’occupe de la préparation du bal barbare annuel ! Amélia voudrait bien ne pas y être invitée, pas de bol : la fille du comte et de la comtesse se doit d’y être présente, même si elle est la seule enfant. Bonne nouvelle cette : le roi leur fera l’honneur de sa présence. Celui-ci a sombré dans une profonde dépression depuis que sa femme a été tuée par une fée. Oui, vous m’avez bien lu, une fée. Et encore, je ne vous ai pas parlé des terribles anges chatons, bien connus pour faire des ravages, ou des licornes qui sont vraiment abominables. Le roi sera là ! Mieux, son fils unique et héritier, Tangine sera présent lui aussi, il aura même intégré l’école où se rendent Amélia et ses amis. Mention spéciale, soit dit en passant, pour son institutrice, qui peut dévisser sa tête et la ranger pour se reposer un peu quand ses élèves sont un peu trop bruyants.

Mais rien ne se passe comme prévu, parce que le petit prince est :
– insupportable ;
– ingérable ;
– capricieux.
Son père a tellement l’habitude de céder à tous ses caprices qu’il n’écoute même plus les caprices de son fils. Aussi, quand Tangine s’empare de Trouille, la citrouille de compagnie d’Amélia, personne n’y trouve rien à redire, pas même ses parents. Sa mère est trop occupée à ce que le roi et son fils se sentent bien, son père, ami d’enfance du roi, est encore et toujours plongé dans ses mots croisés. Amélia doit donc se débrouiller seule, si elle veut récupérer Trouille – seule, mais avec ses amies.
L’intrigue est simple, au départ. Mais plus l’on progresse dans la lecture, plus l’on voit qu’il ne faut surtout pas se fier aux apparences. Dans ce monde inversé, où les nocturnes ont peur de tout ce qui vit le jour, à plus forte raison si ces créatures portent des paillettes, il est facile de juger, d’étiqueter. Amélia aussi devra aller au-delà de ses propres préjugés. J’espère que cela continuera ainsi dans la suite de ses aventures.
Je n’ai garde d’oublier les illustrations, vraiment très réussies. Et en bonus, quelques recettes que je ne vous conseille pas vraiment de tester, mais qui sont complètement dans l’esprit du livre.