Archive | 28 octobre 2018

Le train vers l’impossible, tome 1 : Une livraison maudite de P.G. Bell

Présentation de l’éditeur :

Suzy a toujours eu les pieds sur terre. Mais, lorsque deux trolls et une ourse garent leur train dans son salon, elle est bien obligée de se poser des questions ! Tous travaillent pour le service postal de l’impossible. Leur mission ? Livrer des colis aux cinq coins de la réalité. Curieuse, Suzy décide d’intégrer leur équipe de postiers. Traverser le vide en train, rouler dans le néant ? Tout est possible dans les lieux impossibles !

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.

Mon avis :

Comme souvent, ce qui m’a attiré en découvrant ce titre, c’est la très belle couverture. Puis, j’aime beaucoup le monde des trains, et le voir d’un côté fantastique n’était pas pour me déplaire.
En effet, la fantaisy fait irruption dans la vie de la très rationnelle héroïne. Suzy aime la physique, c’est sa matière préférée et elle maitrise parfaitement le sujet. Aussi, quand ses lois se trouvent bouleversées, que la physique devient de la flousique – rien ne va plus.
Suzy est l’héroïne, c’est elle qui choisit de se lancer à l’aventure – quitte à tricher un peu tout de même. Elle rencontre alors le personnel dévoué chargé de porter le courrier n’importe où, quoi qu’il arrive. Mention spéciale pour Wilmot, qui rêve d’avoir enfin du personnel, et Ursel, charmante ours aux commandes des bananes explosives : le combustible aussi doit se mettre aux normes flousiques.
Les normes sont inversées, puisque c’est Suzy qui doit se lancer au secours d’un charmant crapaud – ou plutôt d’un adolescent caractériel qui a été transformé en crapaud par une sorcière nommée Crépuscula. Oui, les sorcières ne chôment pas ! Disons le tout de suite, l’intérêt de Frédéric est qu’il n’est pas immédiatement attachant. A vrai dire, il faut vraiment lire jusqu’au bout l’histoire pour trouver enfin, un peu, des qualités à cet insupportable adolescent. Les méchants, cependant, sont très intéressants, et pas aussi prévisibles qu’il y paraît.
Un roman qui devrait plaire aux jeunes lecteurs.

Les suppliciées du Rhône de Coline Gatel

Présentation de l’éditeur :

Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges. Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà de ses limites.

Merci à Netgalley et aux éditions Préludes pour ce partenariat.

Mon avis :

La lecture de ce roman me confirme un fait que je savais déjà : les romans mettant en scène des médecins légistes, s’attardant sur les détails des autopsies, ne sont plus pour moi. J’en ai beaucoup lu à une époque, puis j’ai rencontré l’oeuvre d’Arnaldur Indridason, et mon point de vue sur le sujet a singulièrement changé.
Je ne doute pas, par contre, que les amateurs de romans policiers historiques et scientifiques n’aiment ce roman. Nous découvrons les premiers pas de cette médecin dite « légale », qui avait un peu de mal à s’imposer auprès des enquêteurs, que l’on ne voit guère, il est vrai, dans ce roman. Nous découvrons aussi les premiers pas de la médecine tout court, à une époque où les femmes qui mettaient au monde un enfant accouchaient chez elles, et ne se rendaient à l’hôpital qu’en dernier recours.
Autre catégorie de lecteurs qui devraient apprécier ce roman : les lyonnais. En effet, je me dis qu’il doit être agréable de « voir » sa ville, telle qu’était voici un siècle, et de reconnaître certains traits propres à la culture lyonnaise.
Mais… il faut vraiment aimer les romans sanglants. Certaines scènes sont vraiment à la limite du supportable. Ce qui m’indispose, dans les histoires de tueurs en série, quelle que soit l’époque à laquelle elle se passe, ce sont les parties qui leur sont consacrés, les montrant à l’oeuvre, sans fard, sans filtre, avec forces détails. Vous l’aurez compris, je n’éprouve aucune fascination pour ces personnages. Les victimes ne sont pas oubliées, j’ai presque envie de dire « heureusement » parce qu’elles doivent être au coeur du récit. Elles sont les seules personnes, dans ce roman, pour lesquelles j’ai éprouvé de la sympathie, de l’empathie face à leur souffrance.
Non parce que, le trio d’enquêteurs… Bernard m’a semblé assez étrange, rigide dans sa posture jusqu’à l’explosion. Félicien est bien plus ambigü, et ce que l’on découvre de lui au fur et à mesure du récit n’est pas forcément pour (me) plaire. Irina complète le trio. Femme libre, ne reculant devant rien pour écrire ses articles et ainsi percer dans le milieu du journalisme, elle n’a été pour moi qu’un personnage de « femme libérée » de plus, sans que je lui trouve vraiment de profondeur.
Les supplicées du Rhône, un roman à réserver aux amateurs de thriller historique.