Archive | 22 octobre 2018

Orage petit seigneur des ténèbres de Julien Hervieux

Présentation de l’éditeur :

Orage est un petit seigneur des ténèbres. Comme son père et son grand-père avant lui, son destin est tout tracé : il devra un jour enlever une princesse et perdre le combat contre le chevalier qui viendra la sauver. Tout ceci ennuie déjà beaucoup Orage, et plus encore les leçons interminables qu’il reçoit pour devenir un vrai méchant !
Son idée ? Enlever la princesse immédiatement pour être débarrassé et faire enfin ce qui lui plait !

Mon avis :

Vous n’avez pas le moral ? Vous cherchez une lecture drôle, qui sorte des sentiers battus ? Ce livre est fait pour vous ! Mieux, il est tout à fait possible de partager ce livre en famille, parce qu’Orage est accessible aux enfants, surtout ceux qui sont un peu lassés des contes de fée traditionnels.
Orage est le fils d’un des seigneurs des ténèbres. Ce n’est pas forcément de tout repos puisqu’il doit prendre des cours divers et variés afin d’accomplir la mission qui sera la sienne quand il sera adulte : enlever la princesse et se faire battre par un preux chevalier. Tout est magnifiquement ténébreux dans le château, du décor aux douves, sans oublier les zombies, qui aident régulièrement le petit seigneur lorsqu’il s’entraîne. Cependant, Orage a vraiment, vraiment envie de sortir des sentiers battus, et il est très doué pour cela.
Je ne vous raconterai pas tout, je vous dirai simplement que le récit est constamment inventif, que les personnages, particulièrement créatifs, n’ont pas fini de nous surprendre. De plus, le livre propose une vraie réflexion sur le monde des contes de fée, avec le bien d’un côté, le mal de l’autre, sans oublier un point essentiel : la liberté de choisir son avenir.
Une petite citation pour la route :
– Tu peux dormir en paix mon chéri. Il y a bien un monstre sous ton lit.

Ligne de myrrhe d’Yves Corver

Présentation de l’éditeur :

Paris. Le cadavre d’un homme est découvert dans une voiture diplomatique. À ses pieds une statuette égyptienne, entre ses cuisses une plume d’autruche blanche. La commissaire Nathalie Vincenti se devra d’agir dans la plus grande discrétion. Mais contacté par le mystérieux Imhotep, le pigiste Jim Santiago s’empare à son tour de l’enquête. Démarre alors une partie de bluff, multipliant les victimes. Rythme soutenu, suspense total, Yves Corver livre un thriller magistral.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur Yves Corver qui m’a permis de découvrir son troisième roman.
Le premier mot qui m’est venu à l’esprit pour qualifier ce roman est « prenant ». Le lecteur a envie de découvrir la suite de l’intrigue, et ce qui se cache derrière ce qui pourrait n’être qu’une histoire de tueurs en série de plus.
Il faut dire que l’intrigue est portée par des personnages atypiques. Nous avons Nathalie, une commissaire dont la vie personnelle est hors norme – pour oublier sa plus grande douleur. Face à elle, un enquêteur d’un autre genre : un journaliste, Jim Santiago, ex-grand reporter qui vivote en écrivant des articles pour des quotidiens ou des hebdomadaires gratuits. Son dernier reportage sur le terrain lui a coûté sa jambe, et depuis, il a appris à vivre avec sa différence, et tout ce que cela entraîne. Avez-vous déjà lu un roman mettant en scène un rescapé après sa reconstruction physique ? Je ne vous le fais pas dire, cela ne court pas les rues. Il doit pourtant saisir une chance de se remettre en selle : il est contacté par un mystérieux correspondant qui signe ses mails, puis ses appels Imhotep (comme ce vizir égyptien, médecin du IIIe millénaire avant notre ère). Celui-ci le met dans la confidence d’un meurtre qui vient d’être commis, avec des détails uniquement connus de la police et du tueur. Ce meurtre n’est que le premier.
Tueur en série ? Si vous me connaissez un peu, vous savez que le sujet n’est pas vraiment ma tasse de thé, même si je suis fan absolue de romans policiers. Seulement, c’est comme dans toute oeuvre, ce n’est pas tant le personnage qui est au coeur de l’action qui compte, que la manière dont il apparaît dans l’intrigue, sa caractérisation. Cet homme (oui, je spoile un peu, c’est un homme) est pour le moins particulier, les « liens » avec ses victimes aussi, victimes qui se trouvent fortement caractérisées, ce qui est rarement le cas dans ce genre policier. Parce qu’ôter la vie n’est pas anodin.
Bien sûr, l’enquête policière, au début, s’égare un peu, et l’intrigue aurait pu également se transformer en un roman d’espionnages. La fausse piste ainsi crée nous permet tout de même de montrer les liens qui existent encore entre la France et l’Afrique. La situation politique dans certains pays (le continent entier ?) est tout sauf simple, si ce n’est que les feux de l’actualité sont très rarement braqués sur ce continent. Faites un décompte la prochaine fois que vous regarderez une chaine d’info en continue : combien de minutes pour des informations sur l’Afrique ? Aucune, ou presque (celles avec le mot « migrant » ne comptent pas). Grâce à ce mystérieux Imhotep, Jim Santiago se voit envoyer en Côte d’Ivoire, non sur les traces du tueur, mais sur celle de son mobile.
Le but est de parvenir à l’auto-suffisance – l’indépendance réelle. Pas gagné, quand la survie des enfants, donc des plus vulnérables, dépend encore des associations, qui elles-mêmes dépendent des dons, des subventions venant d’Europe, ou de leurs industries. Jusqu’où certains sont-ils capables d’aller pour parvenir à leur fin ? C’est une question que soulevait déjà la lecture du second roman d’Yves Carver, c’est une question qui se pose encore à la lecture de celui-ci, parce qu’elle est toujours d’actualité.

PS : si vous souhaitez lire ma chronique de ses deux premiers romans, c’est ici pour Genèse de l’enfer et là pour la nuit du nouveau monde.