Archive | 10 octobre 2018

Comment t’écrire adieu de Juliette Arnaud

Présentation de l’éditeur :

À 45 ans, Juliette se retrouve face à elle-même, avec le cœur déchiré et l’envie de rire de tout. Elle se repasse alors les 14 titres de sa bande originale, d’Étienne Daho à Dolly Parton, sans oublier Bruce Springsteen, 14 pop songs qu’elle a écoutées religieusement et dont elle connaît les paroles par coeur. Pourquoi sa vie chante-t-elle tout à coup si faux ? Qu’est-ce qui a mal tourné ? Elle a pourtant suivi à la lettre ce que les refrains suggéraient. Elle a scrupuleusement appliqué les adages de chacun des couplets.À défaut de réponse, puisque R. est parti sans un mot, Juliette va s’y coller, à écrire adieu. Elle essaiera d’être drôle et elle sera sincère, pour comprendre, peut-être, que tout ce qui mène à la fin d’une histoire d’amour, on le porte en soi.

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat.

Mon avis :

Comment t’écrire adieu est un des rares livres de la rentrée littéraire dont j’ai eu envie de découvrir la suite après en avoir lu un extrait. Il est question de l’après – l’après rupture amoureuse unilatérale. Il en est, des moyens pour rompre froidement et définitivement.
Ce que j’ai aimé de prime abord, c’est le style, travaillé au point d’en paraître totalement spontané. Puis, il est question de musique, véritablement. Trop de livres (je vous épargne les titres) ne parlent de chansons que pour dire à quel point elles sont méprisables. Rien de tel ici. Ce sont les chansons d’une vie qu’elle nous raconte, qu’elle connaît parfaitement, qu’elle analyse, pour montrer l’influence qu’elles ont eu sur sa vie, l’impact sur ses souvenirs.
Impudique ? Et pourquoi une femme devrait-elle être pudique, cachée ce qu’elle a envie de dire, de partager, de cette relation avec R qui fut toxique, ou de ces deux précédentes histoires d’amour importantes. Et son histoire ne peut qu’être comprise que dans une continuité – l’enfance, la construction de soi, sa famille, entre la Princesse des glaces (surnom de sa mère) et son père. Je n’ai garde d’oublier « Gros », le chien fidèle, dont le souvenir hante certaines pages, en opposition au « chat sauvage » qu’était R.
Musique, littérature, voyage, théâtre – Juliette est comédienne, chroniqueuse, mais aussi ancienne candidate à Science po. De cette personnalité multiforme ne pouvait naître qu’un roman foisonnant, bigarré, riche, à lire en écoutant la bande son. Parce que ce ne sont pas que de la musique, ce sont aussi des textes, ces paroles auxquelles certaines personnes ne font absolument pas attention – parce que ce ne sont que des chansons, et la boucle est bouclée.
Pas un coup de coeur, non, pas tout à fait, mais une lecture lumineuse, en dépit du sujet. Ecrire, c’est aussi avancer.

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