Archive | 9 octobre 2018

Les voisins du 9 de Felicity Everett

Présentation de l’éditeur :

Vous allez adorer faire leur connaissance…Sara, mère de famille s’ennuie dans sa vie bourgeoise et monotone. Aussi l’emménagement, dans son petit quartier londonien, d’un nouveau couple bobo à souhait, est accueilli chaleureusement. Invitée à la crémaillère de leurs nouveaux voisins, Sara et son mari sont fascinés. Tant de charisme, de spontanéité et de talent chez ces artistes tout juste revenu d’Espagne. Lou et Gavin sont simplement… irrésistibles. Au contact de Lou, Sara commence progressivement à changer. Bienveillance ou jalousie, amitié ou obsession, confiance ou trahison. La frontière est mince et la rue facile à traverser.

Mon avis :

En refermant ce livre, on peut se demander comment on en est arrivé là. Influençable, notre personnage principale, Sara ? Oui, mais pas seulement, sinon, cela n’expliquerait pas « tout ce qui est survenu ». Je voudrai vous dire que ce n’a pas été si grave, chacun jugera à l’aune de ses exigences de vie, de son désir de construire ou pas quelque chose avec quelqu’un sur la durée.

Bien sûr, le lecteur a une certaine distance, et comprend le caractère toxique de cette relation entre Sara et ses nouveaux voisins. Bobo ? Non, pas vraiment, parce que le premier « bo » est pour bourgeois, et ceux-ci ne sont pas nécessairement des artistes. Même, ils sont des exigences au niveau de leur qualité de vie, pour eux, pour leurs enfants, pour l’avenir, ce qui, à mon avis, n’est pas le cas de Gavin et Lou. Certes, ils permettent d’introduire des notions intéressantes, comme la place de l’artiste et de sa créativité dans la société, comment être artistes et parents. Il est aussi question, très légèrement, en filigrane, de la théorie du genre, puisque Sara prend Dash, le fils de son adorable voisine, pour une fille – mais Lou, au prénom tout aussi ambiguë, détrompe très vite la jeune femme.

Je crois que j’attendais bien plus de ce roman. Il est rangé dans la catégorie des thrillers psychologiques, mais je n’ai pas vraiment ressenti de frissons, d’angoisse, non qu’il ne puisse rien se passer dans les banlieues anglaises, ce n’est pas cela. Disons que je n’ai pas été suffisamment sensible aux charismes de nos deux artistes pour les sentir comme des menaces. Ce sont des personnes insouciantes, au mode de vie différent, qui s’imposent aux autres sans tenir compte des autres, justement, emportant un temps tout sur leur passage. Pour utiliser un autre mot, ce sont des profiteurs qui ont la gentillesse de laisser les autres les décharger le plus possible de tout ce qui les ennuie. Si encore ils avaient servi de révélateur pour dénoncer quelque chose, j’ai presque envie de dire n’importe quoi si ce n’est l’ennui qui ronge Sara et le conformisme de Neil. Néanmoins, les personnages « comme il faut » – Simon et Carol – ne sont pas si désagréables que cela puisqu’ils mènent la vie qu’ils ont choisi, jusqu’au bout – et tant pis si, parfois, elle est un peu ennuyeuse.

Je terminerai en parlant des maisons. Pourquoi avoir une maison ? Pour soi, pour les autres ? Que signifie prendre soin de sa maison, la garder solide ? Métaphore du foyer, ou du fait que l’on n’en a rien à faire de celui-ci ? A méditer.

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