Archive | 5 octobre 2018

Comment attraper un ours qui aime lire de Juliana Léveillé-Trudel et Andrew Katz

Présentation de l’éditeur :

Un jour, Julia se laisse inspirer par une histoire qu’elle lit et apporte dans les bois une collation parfaite (pour un ours). Elle découvre, à sa grande surprise, qu’il n’y a pas que les bonnes odeurs qui peuvent attirer les ours !

Mon avis :

C’est un très bel album que j’ai eu le bonheur de découvrir grâce à Netgalley et aux éditions Chouette CrackBoom! Livres. Les illustrations sont très réussis, très précis, que ce soient les dessins de la nature, les animaux, et l’intérieur des « logements ».
Julia veut rencontrer un ours ! Elle est déjà amie avec Léon (sur la couverture), Charlotte et Georgette, trois animaux de la forêt avec lesquels elle pratique des activités hautement humoristiques. Elle va donc tenter plusieurs manières de l’attraper. Une seule réussit, pas vraiment celle à laquelle il s’attendait.
Oui, Bertrand l’ours aime lire, surtout les histoires qui parlent d’amitié – et les ours trouvent des moyens de se procurer des livres.
Un bel album très coloré sur la lecture, la nature et l’amitié.

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Une journée d’automne de Wallace Stegner

édition Gallmeister – 160 pages.

Présentation de l’éditeur :

Suspendue au bras de son mari Alec, Margaret guette avec impatience l’arrivée du train de sa sœur Elspeth, venue d’Écosse pour vivre avec eux dans l’Iowa. Vive et malicieuse, s’émerveillant d’un rien, Elspeth respire la joie de vivre et ne tarde pas à illuminer leur vie de riches fermiers bien installés. Mais alors que l’automne s’annonce, un triangle amoureux se forme peu à peu entre Alec et les deux sœurs. Lorsque survient l’irréparable, celui-ci ne tarde pas à se transformer en piège dramatique. Il faudra alors sauver ce qui peut l’être.

Merci à Babelio et aux éditions Gallmeister pour ce partenariat.

Mon avis :

Une histoire simple.
Nous sommes dans l’Iowa, un état qui ne fait pas parler de lui. Nous découvrons Margaret, dure et digne. Puis, retour en arrière : nous voici dix-huit ans plus tôt, Margaret accueille sa jeune soeur Elspeth, venue tout droit d’Écosse. Elle découvre alors la vie dans une ferme, ou plutôt la vie d’un riche propriétaire fermier, auprès de sa soeur. Margaret semble déjà s’être fossilisée dans sa respectabilité, elle qui veille à ce que rien ne donne prise aux rumeurs. D’où vient cette soif inextinguible de respectabilité au point que la soeur qu’a connu Elspeth disparaît peu à peu dans la froideur, à l’image de ce magnifique mais guindé salon de réception, qui dévore la maison ? Cette sécheresse est contrebalancée dans la narration par les luxuriantes descriptions de la nature, d’une rare poésie.
Puis survient le drame qui scelle le destin de ce trio. En lisant cette partie du récit, et son épilogue, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à une nouvelle de Georges Simenon Le deuil de Fonsine, qui montre aussi la rivalité de deux soeurs – jusqu’au bout, dans sa sécheresse, sans rémission ni pardon. C’est le silence, qui domine alors; l’incapacité, de se parler, de se confier, et au milieu, quelqu’un qui fait comme s’il n’était pas la cause de ce froid silence entre les soeurs. La joie, le bonheur, sont ailleurs, loin des deux soeurs.

Moi, je la prive de toi, toi, tu la prives de moi.

Pas de retour en arrière possible. En filigrane, est aussi évoqué le mal du pays, que certains, comme Ahlquist, ne rêvent que de retrouver.
Roman bref, oui, mais l’analyse est fine, le regard cruel et cette première oeuvre de Wallace Stegner fut justement récompensée à sa parution.