Archive | 3 octobre 2018

Croire de Nathalie Marie

Présentation de l’éditeur :

Étudiant en art, Fabien pensait avoir la vie devant lui et esquissait lentement ses projets d’avenir.
Lorsqu’il apprend que la mort prématurée de son père a été causée par une maladie génétique dégénérative et héréditaire, son monde s’écroule. Les doutes et la peur l’assaillent, pour son frère… pour lui-même…
Face à cette réalité, il lui faudra mobiliser son courage pour surmonter l’épreuve qui l’attend. Sans parler de Gaël, ce danseur qu’il vient de rencontrer et pour qui il éprouve déjà des sentiments surprenants.
Peut-il se permettre d’espérer un futur ensemble alors que cette menace invisible plane sur lui ? Malgré les incertitudes, Fabien veut y croire.

Mon avis :

Ce livre fait partie des livres dont je me dis : mais comment est-il arrivé dans ma PAL ? Je n’ai pas vraiment la réponse. Il n’empêche : il y était, et je l’en ai sorti pour le challenge LIvra’deux pour Pal’Addict.
Il mêle deux sujets, d’un côté, une romance entre deux hommes, de l’autre, la découverte par le personnage principal et narrateur que son père est mort d’une maladie génétique héréditaire. Lui et son frère sont peut-être atteints, et c’est à eux de voir s’ils veulent ou non savoir s’ils sont porteurs de ce gène. S’ils le sont, cela aura forcément une influence sur le vie. Le frère aîné de Fabien est en couple, il souhaite avoir des enfants, Fabien a repris ses études, commence seulement à avoir une relation stable avec un homme, lui qui est bisexuel.
Première chose : oui, nous saurons si Fabien est porteur ou non du gène. Je déteste rien moins que ces auteurs qui ne veulent pas aller au bout de leur idée initiale et laissent l’imagination de leur lecteur compléter (ou pas). J’aurai compris, attention, si Fabien avait refusé de savoir, ce qui est une démarche assez courante, aussi : il n’est pas si facile de vivre tout en sachant que ses jours sont encore plus comptés qu’on ne le pensait.
Deuxième chose : Fabien vit bien le fait d’être bisexuel. On voit rarement, y compris dans la littérature « romance » des personnages qui assument ainsi, ne serait-ce que parce que le regard des hétéros ou des homos n’est pas forcément tendre avec eux. Il doit aussi se faire accepter pour quelque chose qu’il n’a pas choisi mais qu’il assume parfaitement. Parfois, ce sont les autres qui nous compliquent franchement la vie.
Troisième chose : la danse. Gaël est un ancien danseur, qui a dû abandonner sa passion. Même s’il continue à vivre dans le sillage de l’Opéra et s’il y travaille, renoncer n’est pas facile.
Trois axes différents pour une romance, le tout assez bien amener. Le récit est bien construit, facile à lire en dépit des thèmes graves abordés. Et s’il fallait ne retenir d’une chose, c’est bien de profiter de la vie.

 

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Alma de Cizia Zykë

édition Taurnada – 211 pages

Présentation de l’éditeur :
Une petite fille aux étranges pouvoirs vient au monde. Autour d’elle, c’est l’Espagne du Moyen Âge, barbare autant que raffinée, à la fois religieuse et brutale, où la reine Isabelle la Catholique s’apprête à chasser tous les Juifs du royaume. La petite Alma, celle qui parle avec Dieu, deviendra-t-elle le guide dont son peuple a besoin, ou bien sera-t-elle comme tant d’autres balayée par le vent mauvais de l’Histoire ? L’épouvante se mêle au comique, les destins s’enchevêtrent, aussi grandioses que pitoyables, dans un récit haletant, à la force d’une légende.

Merci à Joël des éditions Taurnada pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est l’histoire d’un conteur. Il va nous emmener, comme en un dernier baroud d’honneur, en Espagne, en 1492. Ce n’est pas la découverte de l’Amérique qu’il va nous conter, non, ce sont les persécutions dont fut victime la communauté juive espagnole.
Oui, je sais que le roman s’appelle Alma, et qu’il nous conte aussi l’histoire de cette petite fille prise dans les tourbillons de l’histoire, une petite fille comme sans doute il en a eu plusieurs – mais différente, cependant, à cause du don qu’elle a reçu à la naissance.
Mais, pourtant, je reviens sans cesse à cette voix de conteur, qui sait bien que c’est la dernière fois qu’il peut nous parler :

« Maintenant, s’il vous plaît, hâtons-nous, j’ai encore nombre d’événements historiques à évoquer, pléthore de péripéties à penser, tombereaux de coups de théâtre à concocter, foison de souffrances à ciseler et, comme je vous l’ai déjà expliqué, ces temps-ci, ces derniers temps, par les temps qui courent, le temps m’est salement compté. »

Oui, c’est un sentiment d’urgence drôle qui domine quand il apostrophe le lecteur et qu’il nous parle aussi d’une époque qui est si éloignée de la nôtre, n’est-ce pas ?

Ça vous paraît étrange, à vous, qui vivez au cœur de cette belle époque moderne où règne la tolérance universelle.
Où l’amour seul guide les relations entre les peuples.
Où il ne viendrait à l’esprit de personne l’idée absurde de détester son prochain en raison de sa religion.

Nous voici plongée dans la communauté juive, celle d’un petit village, d’abord, celle d’une grande ville ensuite, le dénominateur commun est pourtant le même : la persécution. Au centre, Alma, cette petite orpheline qui vit, heureuse, entourée de personnes qui ne demandaient qu’à vivre leur vie, leurs amours, leurs commerces, le plus ordinairement du monde, si ce n’est que d’autres personnes avaient décidé qu’ils étaient la cause de tous les maux, et qu’il fallait les éliminer. Ceux qui veulent le faire ne manquent pas non plus d’imagination :

L’esprit humain recèle d’insoupçonnables ressources quand il s’agit de faire du mal à son prochain.

Ce qui unit les personnages ? Comme le conteur, ils vont tous aller au bout du destin qu’ils ont choisi, comme Zacharia – même si ce n’est pas celui que l’on attendait.
Un conte enlevé, qui nous emmène aussi dans notre époque.