Archive | septembre 2018

La montagne noire de Maria Jalibert

Présentation de l’éditeur :

Discret et rêveur, Rémi se sent à l’écart dans la colo où il passe l’été. À tel point que lors d’un pique-nique dans la Montagne Noire, il est oublié par le groupe. Difficile de ne pas se laisser submerger par la peur, seul et perdu au coeur d’une forêt pleine de mystères !

Mon avis :

Je tiens à remercier Netgalley et les éditions Didier Jeunesse pour ce partenariat.
Le point positif de ce livre est que l’enfant que j’ai été aurait aimé ce livre autant que l’adulte que je suis devenue (enfin, cela reste à vérifier pour le terme « adulte ».) La fin, notamment, m’a beaucoup plu, parce qu’elle reste dans la logique de l’histoire qui nous a été contée, même si elle ne résout pas tout, loin de là. La part de mystère demeure.
Rémi, pourtant, au début du roman, est un garçon presque ordinaire. Presque, parce qu’il est orphelin. Recueilli par une oncle et une tante aimants, mais parfois dépassés, il est envoyé en colonie de vacances afin qu’il passe, justement, les vacances les plus normales possibles. Si ce n’est que rien ne se passe comme prévu.
Rémi se trouve perdu au milieu de la nature et découvre les lieus d’une façon très différente. Il y fait également des rencontres étranges et inattendues. Et si vous voulez vous aussi découvrir ce qui se cache sur les flancs de la maontagne noire, n’hésitez pas à plonger dans l’univers de Maria Jalibert.

Mon festival América

Bonjour à tous
Hier, j’étais au festival América.
Tout d’abord, j’ai participé à un petit déjeuner organisé par Léa, du PicaboRiverBookClub et les éditions Albin Michel, en compagnie de Dan Chaon, auteur de Une douce lueur de malveillance et de Kevin Hardcastle, auteur de Dans la cage – et, en l’écoutant, j’ai compris à quel point j’étais passé à côté de son livre.

Puis vint le moment des craquages – enfin, des achats.

Les voici :

Une pluie sans fin de Michael Farris Smith, Lazy Bird d’Andrée A Michaud et Les loups à leur porte de Jérémy Fel ont été dédicacés.

Beaucoup de belles rencontres autour de ces livres, que ce soit David Chariandy, Wendy Guerra, Vladimir Hernandez et Naomi Fontaine.

 

Un très léger craquage lié à une maison d’édition que j’aime beaucoup.

J’ai gardé pour la fin LA maison d’édition que j’apprécie fortement : Gallmeister !

Bon dimanche à tous.

La villa du sommeil de Caroline Quine

Présentation de l’éditeur :

Les soeurs Parker n’ont pas peur de grand-chose. C’est pour cela, sans doute, qu’elles viennent à bout des énigmes les plus difficiles, comme celle de la villa où tout le monde s’endort sans savoir pourquoi.
Il est merveilleux de voir ce que peuvent révéler à leurs esprits toujours en éveil la rencontre de deux jeunes Chinois, une grange curieusement tapissée de toiles d’araignées, et bien d’autres détails qui les mettent peu à peu sur la voie d’une découverte… inattendue!

Mon avis :

A l’occasion d’une visite chez le bouquiniste, je me suis replongée dans la lecture des enquêtes des soeurs Parker. Quand j’étais enfant, je les préférais à Alice pour une raison simple : Alice, Beth et Marion faisaient toujours une « pause » dans leur enquête, le temps que leurs petits amis respectifs viennent leur donner un coup de main. Et oui, une fille, si brillante soit-elle, ne peut s’en sortir sans un homme à ses côtés – c’est du moins le message que j’y voyais, si jeune que j’étais. Pas de petits copains pour les soeurs Parker, il faut dire que le pensionnat dans lequel elles effectuent leur scolarité n’est pas mixte (le livre a été écrit en 1938) et que leur entourage familial est peu propice aux rencontres : Liz et Ann Parker, orphelines, sont élevées par leur oncle et leur tante, tous les deux célibataires.
Bien sûr, on ne peut se dispenser de certains clichés. Les soeurs Parker excellent dans toutes les matières, quoi qu’il arrive. Letty, leur ennemi jurée, a beau avoir un père très riche, cela ne la rend pas plus douée, mais toujours apte à leur mettre des bâtons dans les roues. Heureusement, la directrice, sévère mais juste règne. Autre cliché : la manière dont sont décrits les immigrants chinois, dont l’accent est assez marqué dans leurs paroles. Certains y verront le reflet d’une époque, d’autres un racisme toujours bien présent. Après tout, je ne me souviens pas avoir croisé un personnage « de couleur » dans une des aventures des soeurs Parker – je ne les ai pas toutes lues non plus.
La seconde guerre mondiale n’a pas encore eu lieu. L’on circule encore dans de petits avions, l’on abandonne son métier du jour au lendemain quand on se marie, on poursuit encore les voleurs de bétails à cheval. L’on distingue aussi les enfants adoptifs des enfants biologiques. Et oui, les enfants Blore ont mal tourné malgré l’amour de leur mère adoptive. Est-ce un effet de la traduction ? A chaque fois qu’il est question d’eux, il est toujours question de leur état d’adopté, comme s’ils ne pouvaient pas devenir des adultes « bien » à cause de leur naissance.
Je dirai simplement que c’est un livre jeunesse qui n’a pas très bien vieilli.

Au loin d’Hernan Diaz

Présentation de l’éditeur :

Le jeune suédois Hakan Söderström débarque en Californie, sans le sou, avec pour seul objectif de retrouver son frère Linus à New York. Il va alors entreprendre la traversée du pays à pied, remontant à contre-courant le flot des migrants qui se ruent vers l’ouest. Hakan croisera la route de personnages truculents souvent hostiles : une tenancière de saloon, un naturaliste original, des fanatiques religieux, des arnaqueurs, des criminels, des Indiens, des hommes de lois… Hakan le géant devient peu à peu un héros malgré lui. Il devra se réfugier loin des hommes, au cœur du désert, pour ne plus être étranger à lui-même et aux autres.
Merci aux éditions Delcourt, à Léa et au PicaboRiverBookClub pour ce partenariat.

Mon avis :

Pour qualifier ce livre, les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont « à l’opposé de la conquête de l’ouest », pas seulement parce que le héros semble faire le chemin à l’envers pour aller vers New York – ou pas, mais parce que le roman semble nous montrer un envers du décor, loin des portraits de pionniers héroïques.
Il faut dire aussi que le lecteur voit le récit à travers les yeux d’Hakan. Il n’est pas un Candide, non, pas longtemps, du moins. Avant de nous faire découvrir les Etats-Unis, nous découvrons la Suède telle qu’elle était au 19e siècle : une Suède appauvrie, dont les habitants ne voyaient que l’immigration comme solution pour que leurs enfants aient un avenir meilleur. C’est le choix que fait le père de Linus et Hakan pour ses deux fils. Il se trouve qu’ils vont être séparés avant d’embarquer, et que Hakan n’aura de cesse de retrouver son frère, à New York, reflet de la terre promise.
Combien de temps a duré le voyage d’Hakan ? Non celui en bateau, mais celui à travers les Etats-Unis ? Ce n’est pas facile à dire. Comme le récit de ses souvenirs est encadré par le récit de son présent, qui nous donne à voir un être devenu légendaire aux yeux de certains, nous pouvons penser qu’un certain nombre d’années s’est écoulé. Ce récit apparaît alors comme un rectificatif : l’être humain, derrière la légende.
Des rencontres, il en a faites. Il en a vu, des hommes, des femmes, des enfants. Il a croisé des êtres égoïstes, des êtres cupides – des êtres généreux aussi, de leur temps, de leur conseil. Ma tendresse particulière pour Pingo, même si sa présence est très brève – et même si ce n’est pas un être humain.
Je parlais de l’envers, oui, parce que quand on pense aux pionniers, on oublie trop souvent qu’ils avaient des femmes, des enfants, qu’ils entraînaient avec eux, à leurs risques et périls. On oublie trop souvent que la vie ne pouvait pas être « normale ». Je parle aussi de la nature, avec laquelle Hakan sera amené à passer beaucoup plus de temps qu’avec les hommes, l’observant, la détaillant, pas à la manière du naturaliste dont il a partagé la route, non, plutôt à la manière d’un homme qui doit vivre avec et grâce à elle – se rendant compte, d’ailleurs, qu’il n’est pas (souvent) de champs cultivés. Être un migrant, c’est encore être un nomade, sans prendre le temps de se poser pour construire véritablement. C’est aller, toujours d’un endroit à un autre. Même dans cette nation « neuve », le fanatisme religieux est déjà présent. Pourquoi les hommes changeraient-ils parce qu’ils sont sur un nouveau continent ?
Au loin est un livre très riche, à lire et à explorer.

 

Arsène Lagriffe nage dans le brouillard de Jennifer Gray

Présentation de l’éditeur :

Arsène et la famille Cheddar fêtent le Nouvel An en Écosse. Mais un vent de mystère souffle sur la lande : un félin géant rôde la nuit, une malédiction plane sur les ancêtres des Cheddar, et un ancien trésor attise bien des convoitises… Arsène fait face à la plus brumeuse des énigmes. Arrivera-t-il à la résoudre ?

Mon avis :

Voici la sixième enquête d’Arsène Lagriffe, la première sans qu’il soit opposé à ses ennemis de toujours – ou presque. Il vient de fêter Noël avec sa famille et ses amis et, en cadeau, l’inspecteur a reçu son arbre généalogique. Voici qu’il se découvre des origines écossaises et qu’il décide de se rendre, en famille et avec ses amis, dans les Highlands. Il ne sera pas déçu par ce qu’il va découvrir, et nous non plus.
Nous partons donc direction l’Écosse, pour trouver la trace des ancêtres de l’inspecteur, et rencontrer des personnages fort sympathiques, experts en lancer de fromage (une nouvelle épreuve des Higlander games ?), aimant les tatouages, et possédant presque une barbe pull comparable à celle de leur ami pêcheur espion. Surtout, nous vivons des moments rares avec l’inspecteur Cheddar, qui prend la défense d’Arsène Lagriffe ! Il faut dire que la famille se trouve plongée au coeur des légendes – l’Ecosse est le pays des fantômes, il ne faut pas l’oublier.
Dans leur petit village ou en Ecosse, il est des personnes cupides, prêtes à tout pour s’enrichir et peu soucieuses des autres. Malheureusement, la famille Cheddar va encore croiser la route d’une de ses personnes. Comment s’en sortiront-ils ? De manière fort originale !
Une lecture qui devrait ravir les jeunes lecteurs.

 

 

Alpha Oméga : l’origine de Patricia Briggs

Présentation de l’éditeur :

Anna est un loup-garou.
Elle découvre un nouveau sens à son existence quand le fils du chef des siens débarque en ville pour réprimer les troubles au sein de la meute de Chicago et qu’il insuffle à Anna un courage qu’elle n’avait encore jamais ressenti

Mon avis :

Ce tome 0 est pour les fans – et pas seulement : l’on découvre comment Anna et Charles se sont rencontrés. Surtout, l’on découvre comment Anna était traitée dans sa toute première meute. Et bien, elle l’était de manière bien pire encore que les louves dans les histoires traditionnelles de loup-garou : comme un paillasson. Non seulement elle n’a pas choisi d’être transformée, elle a encore moins choisi les sévices qu’elle a subies pendant trois ans. Aujourd’hui, c’est le jour où elle a franchi un cap : elle a demandé de l’aide, elle a osé « défier son alpha ». Le second lieutenant de son alpha lui a donné le numéro du chef suprême des loups et celui-ci est bien décidé non pas à aider Anna seulement, mais à mettre de l’ordre dans la meute de Chicago. Il envoie pour cela un de ses fils : Charles.
Charles est l’exécuteur de son père mais il ne tue qu’après un procès équitable. Même si son loup meurt d’envie de zigouiller ceux qui ont brisé Anna, physiquement et moralement, il ne le fera pas avant de les avoir entendu et d’avoir tiré toute l’histoire au clair : Anna n’est qu’une des victimes de cette meute.
Ce pourrait être uniquement glauque, mais l’espoir est là aussi, l’humour également. Charles le solitaire découvre quelqu’un dont il tombe amoureux, ce qui ne lui semblait pas possible – et amusera sans doute beaucoup son frère qui « va le taquiner sans pitié à ce sujet » : Qui aurait pensé qu’il serait attiré par une femme armée d’un rouleau à pâtisserie ?

Hercule, chat policier – Pièges à la gym ! de Christian Grenier

Présentation de l’éditeur :

Lola est une championne de gym. Mais quelqu’un veut l’empêcher de participer au concours. Puisque les humains sont incapables de la protéger, Hercule le chat décide d’enquêter.

Mon avis :

Après un tome 5 qui nous parle d’enlèvement et de condition animale, le tome 6, qui nous replonge dans la vie quotidienne d’Hercule et de sa famille, paraît presque plus léger. Paraît seulement, parce qu’il est question d’empêcher une championne de gymnastique de concourir. Ce n’est pas vraiment anodin ! Ce peut même être très dangereux, parce que si certaines méthodes ne mettent pas sa santé en danger, ce n’est pas forcément le cas pour toutes.
Hercule arrive à se faufiler partout, ce qui prouve qu’il n’a pas besoin de faire du sport, lui. Je ne fais pas allusion aux jumelles Albane et Joyeuse, mais à certains félins que je côtoie. Il est aidé par un fidèle bouledogue baveux qui, comme Hercule, a une maîtresse fan de gymnastique. Il faut aussi parfois, pour enquêter, compter non sur la chance, mais sur la motivation du saboteur : chercher à nuire à quelqu’un n’est pas sans conséquence pour l’estime de soi, quoi que l’on montre dans des romans qui ne s’intéressent pas assez au réalisme de leur situation.
Une enquête réussie, et j’espère qu’elle sera suivie par encore beaucoup d’autres.