Archive | 12 septembre 2018

La vie dure trois minutes d’Agnès Laroche

Présentation de l’éditeur :

Quand Automne a appris que ses parents avaient accepté d’accueillir Chloé pour son année de terminale, elle a soupiré. Et puis Chloé est arrivée. Chloé solaire, Chloé généreuse… et elles deviennent inséparables.
À son contact, Automne la silencieuse s’épanouit. Son talent pour la danse se révèle. Et elle rencontre Mehdi…

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Voici un livre tendre et délicat, sur un sujet qui ne l’est pas vraiment. Ou comment rédiger un avis sans en dévoiler plus que le quatrième de couverture, très réussie.
Il s’agit d’amour et d’amitié. Automne écrit après coup. Elle n’écrit pas pour se souvenir, elle écrit parce qu’elle espère qu’en mettant des mots sur ce qu’elle, Chloé et Mehdi ont vécu, elle pourra oublier. Puisque tout le monde, sa mère en premier, sa petite soeur Avril en second lui dit que parler lui fera du bien, puisque tous tentent de la sortir de l’état dans lequel elle se trouve, elle prend le contrepied en prenant sa plume – même si le dernier mot, finalement, c’est Chloé qui l’aura, en un procédé narratif des plus émouvants.
Le langage utilisé dans les dialogues est des plus actuels, les situations racontées sont des plus crédibles, l’intrigue ne perd pas son temps en se diluant dans des péripéties secondaires. Même s’ils sont jeunes, nos protagonistes n’ont pas de temps à perdre – et Chloé, boule d’énergie solaire, n’en a jamais perdu.
Un récit que j’ai commencé et lu d’une traite – vous allez me dire : je le dis souvent. Mais là, nous ne sommes pas dans une intrigue policière, mon genre de prédilection, nous saurons très vite ce qui a bouleversée Automne : l’auteur ne joue pas sur le suspens, mais sur l’expression des sentiments et des émotions, sur la douleur, sur le fait de reprendre le cour de sa vie, de revoir des lieux – seule, sans eux.
Une interrogation aussi : pourquoi vit-on ? Chloé, au début du récit, se devait de vivre les rêves de sa mère – est-ce vraiment vivre sa vie ? Non. Que les enfants accomplissent leur rêve à eux – message implicite à faire passer.

Une rançon pour Bichon de Christian Grenier

Présentation de l’éditeur :

Bichon est un énorme chien à tête de lion ! Il a été enlevé pour demander une rançon… Puisque les humains sont incapables de le sauver, Hercule le chat décide d’enquêter.

Mon avis :

On ne le dira, redira, et répètera jamais assez : partir en vacances, pour un détective, c’est impossible. Alors partir en vacances quand on est un chat et détective a strictement les mêmes conséquences, même quand on est accompagné par des jumelles et leurs parents. En effet, on peut tomber par le plus grand des hasards sur un fait très particulier.
Le hasard s’est retrouvé sur une aire d’autoroute et avait pris la forme d’un Bichon kidnappé – Bichon, c’est son nom, il orne d’ailleurs fort joliment la couverture du roman. Et Hercule de tenter de le secourir, tout en découvrant un plus vaste complot.
Enquête rondement menée, oui, mais aussi réflexion de la condition animale telle que l’homme l’a faite, et sur la valeur que l’on accorde à un animal. Je terminerai par cette citation :
Libre ? Voyons Hercule, aucun animal du zoo ne peut vivre seul dans la nature ! Les humains nous ont rendus dépendants.
Bien sûr : en France, je vois mal un boa, un lion ou un éléphant survivre seul très longtemps.
Ces êtres vivants ont été capturés, déracinés et asservis.
Quand les humains ne tuent pas les animaux pour les vendre ou pour les manger, ils les exhibent dans un cirque – ou dans un zoo.