La tête sous l’eau d’Olivier Adam



Présentation de l’éditeur :

Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. »
Il se trompait. Ma soeur serait bientôt de retour mais nous n’en avions pas terminé.

Merci à Netgalley et aux éditions Robert Laffont pour ce partenariat.

Mon avis :

Bravo. Continuez ainsi.
Oui, parfois, quand je rédige des avis, j’ai l’impression de rédiger des bulletins scolaire. J’exagère à peine.
J’apprécie énormément que des auteurs soient capables d’écrire aussi bien pour les adultes que pour les adolescents. Ce n’est pas un livre pour enfants, ne nous y trompons pas. Ce livre parle d’un sujet grave : comment se remettre de la disparition d’un enfant ? J’ai bien dit « disparition », ce roman ne pratique pas la langue de bois : Léa a disparu, et en dépit des efforts de la police et de ses proches, l’on ne sait pas ce qu’elle est devenue, jusqu’à ce qu’elle réapparaisse. Ou plutôt jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée.
Le récit nous est tout entier raconté par son petit frère, Antoine, qui a changé depuis sa disparition. En fait, le changement a commencé bien plus tôt, quand sa famille a pris la décision de quitter Paris pour partir vivre en Bretagne, à Saint Lunaire. Les parents n’ont pas demandé leur avis à leurs enfants, et le narrateur, n’a pas vraiment compris non plus pour quelle raison ils sont véritablement partis. Il n’empêche : les enfants sont souvent plus lucides que les parents ne le croient.
Le récit ne tombe jamais dans le sordide. Nous saurons – en partie – quelles épreuves a traversé Léa, mais nous ne saurons pas les détails les plus atroces. Non, nous verrons pire : les conséquences de ce qu’elle a vécu, les réactions non de ces proches, mais des personnes qui sont à la périphérie de ce qui s’est passé et qui sont attirés par tout ce qui peut être… croustillants. Oui, il est des personnes pour se repaître des horreurs des autres. J’ai apprécié aussi que l’on ne se focalise pas sur le « présumé coupable ». Le récit d’Olivier Adam se concentre sur ce que l’on ne voit que rarement dans la littérature : la reconstruction des victimes. La culpabilité, aussi, de ceux qui sont restés, de ceux qui se jugent responsables ou que l’on juge responsable. Vivre avec, tout sauf facile.
Il est question aussi, d’amour. Mention spéciale pour Jeff, l’oncle lunaire, écorché vif, personnage discret mais indispensable. Il est question d’amour encore avec les mails de Léa à l’être aimé, la personne qu’elle souhaitait plus que tout rejoindre. Aimer demande du courage – ne l’oublions pas.
Pour trouver mes coups de coeur de la rentrée littéraire, il faut décidément se tourner vers la littérature jeunesse.

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11 réflexions sur “La tête sous l’eau d’Olivier Adam

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