Archive | 25 août 2018

L’âge d’or de Diane Mezloum

Présentation de l’éditeur :

Fin des années 1960. Rock et pattes d’éph, insouciance et soleil sur la peau satinée des femmes. Ce sont les derniers jours de l’âge d’or du Liban, mais personne ne le sait encore. Certainement pas Georgina, jeune chrétienne à la beauté troublante. Ni Roland, son premier amour, qui la guette au bord d’une piscine, dans cette torpeur suave où s’agite leur groupe d’amis noceurs, à l’ombre des conversations d’adultes et des turbines d’avion – grondement de la terreur à venir.
Pendant ce temps, Ali Hassan Salameh, fils d’un leader historique palestinien, s’apprête à prendre les armes. Il deviendra l’homme le plus beau et le plus dangereux du Moyen-Orient.

Merci aux éditions Jean-Claude Lattès et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je l’admets : quand j’ai refermé ce livre, j’ai tapé les noms des deux personnages principaux dans un moteur de recherche pour en savoir un peu plus sur eux. Parce que oui, Georgiana, miss Univers et Ali Hassan Salameh ont bien vécu une histoire d’amour alors que, selon une formule bien connue « tout les séparait ». De la guerre du Liban, ou du moins de ce qui se passait au Liban dans les années 80, je ne garde que des souvenirs d’images vues au journal télévisé – et les récits de parents d’élèves qui ont quitté le pays à cause de ce qui s’est passé pendant les années 70.
Plus qu’à l’ascension d’une jeune fille qui rêvait de célébrité, c’est à une période oubliée que s’intéresse ce roman : la période d’avant les guerre, d’où le titre « L’âge d’or ». A l’époque, tous sont insouciants, l’avenir semble quasiment radieux et les préoccupations sont presque toutes futiles. Presque. Parce que le danger est déjà là pour qui veut bien le voir, parce que les troubles, les affrontements sont bien réels même s’ils semblent ne pas avoir encore traversé les frontières. Encore faut-il bien vouloir voir ce qui se passe dans les pays alentours, et ce n’est pas vraiment le cas de Georgiana et de ses amis. Aussi le contraste est-il grand entre elle et Ali Hassan Salameh, qui est engagé dans la lutte pour son pays, la Palestine, pour ses convictions. Alors que Georgiana se laisse porter par les événements, qui ne paraissent pas avoir de conséquences pour elle, Ali ne recule devant rien pour servir sa cause. Rien.
Mais le personnage qui m’a le plus intéressée, même s’il est un personnage secondaire, c’est Ricky, puisque c’est à travers ses yeux d’enfants, d’adolescent et de très jeune adulte que  nous découvrons dix ans de vie au Liban. Il scrute chaque fait qui concerne son pays, qu’il aime et dont il veut devenir un spécialiste. Le contraste est grand entre ce qui se passe au Liban et la vie menée par Georgiana : toujours plus haut, toujours plus riche, pour finalement vivre selon son coeur, à l’opposé de la raison et des conventions.
Ce roman s’est révélé assez facile à lire, plus les pages se tournaient, plus j’avais envie de savoir ce qu’il allait advenir – pour les amis de Georgiana, restés au pays, forcés de vivre autrement. J’ai trouvé la fin un peu abrupte, mais pouvait-il en être autrement ?