Archive | 16 août 2018

Sale temps pour les sorcières de MC Beaton

edition Albin Michel – 297 pages

Présentation de l’éditeur :

Traumatisée après qu’une coiffeuse rancunière l’a shampouinée à la crème dépilatoire, Agatha Raisin se réfugie incognito dans un hôtel de la côte en attendant que sa chevelure repousse. N’ayant plus rien à perdre, elle consulte également une sorcière réputée pour ses talents. Miracle, la magie opère, mais pour peu de temps, car la sorcière est retrouvée assassinée … Agatha renoue aussitôt avec ses réflexes de détective, aidée par l’inspecteur Jimmy Jessop, ensorcelé par ses charmes. À moins que ce ne soient les effets du philtre d’amour qu’Agatha a acheté à la pauvre sorcière ?

Mon avis : 

A la fin du tome 8, Agatha Raisin avait été victime d’une coiffeuse vengeresse et avait perdu beaucoup de cheveux, à cause d’une crème dépilatoire. Aussi s’est-elle réfugiée loin, loin de son village, en attendant que sa chevelure repousse. Après quelques déboires – ils arrivent très vite avec Agatha – elle se décide à consulter la voyante locale, qui fabrique de plus quelques philtres, le classique filtre d’amour, bien sûr, mais aussi un philtre pour faire repousser les cheveux. Elle n’y croit pas trop, mais qui ne tente rien, n’a rien. Agatha n’avait pas prévu que la voyante serait assassinée pourtant elle n’a jamais pu se rendre dans un endroit sans qu’un assassinat soit commis. Bien sûr, c’est elle qui a découvert le corps, et les ennuis ont pu à nouveau commencer. Non, parce qu’expliquer qu’elle voulait une potion pour ses cheveux, pourquoi pas ? Avouer qu’elle avait demandé un filtre d’amour, non.

On aurait pu penser que cette neuvième enquête serait un tournant dans l’existence d’Agatha. En effet, elle semble, pour la première fois, un peu moins s’intéresser au meurtre, oublier un peu James. Elle fait ce qu’elle fera dans d’autres tomes – tenter de faire bouger les choses. Accepter son âge, aussi, un peu. Juste un peu. Pendant ce temps, la vie continue à s’écouler dans son petit village, et certains pensent toujours – un peu- à elle. Les enquêtes d’Agatha Raisin sont toutes bâties sur le même schéma ou presque, et l’on sait fort bien qu’Agatha ne se contentera pas d’une existence paisible, alternant scrabble, soirée dansante et découverte des joies de se rendre à un spectacle sans arrière-pensée. Il ne faut pas oublier qu’Agatha n’a pas eu une enfance paisible, elle s’est « faite toute seule » et n’a guère eu le temps de penser à des distractions.

Pourtant, j’ai toujours un peu l’impression qu’elle se saborde elle-même, avec sa volonté d’enquêter, de vouloir que les choses aillent plus vite, et son incapacité à choisir. Sa vie sentimentale est toujours aussi chaotique et rares sont les personnes qui la trouvent véritablement sympathiques. Quand Agatha est avec la femme du pasteur, je ne peux m’empêcher de penser à Miss Marple, et son amitié pour Griselda, la femme du pasteur de St Mary Mead. Lui non plus n’appréciait guère Jane Marple, mais il changera d’avis. Qu’aurait-il fait avec Agatha Raisin comme voisine ?

Une nouvelle enquête d’Agatha, pas très différente des autres même si elle est loin de Carsely.