Archive | 5 août 2018

La rentrée littéraire ? Euh….

Je vois, un peu partout, des blogueurs, des journalistes qui parlent de la rentrée littéraire.
Je pense que, cette année encore, un challenge sera consacré au 1 % de la rentrée littéraire. S’il existe, cette année, je n’y participerai pas. Pourtant, je vais lire quelques romans de cette fameuse rentrée (mot qu’en tant que professeure, je n’aime pas vraiment), et je vais les chroniquer mais je n’ai pas (plus ?) envie de me concentrer sur cette littérature de l’immédiateté. De plus, les romans policiers, la littérature jeunesse ne sont pas vraiment mis en valeur dans ce phénomène éditorial et la littérature dite « blanche » n’est pas vraiment ma tasse de thé.
Vous l’aurez compris, je n’attends pas la sortie de certains livres avec fébrilité – si, les livres des éditions Gallmeister ou ceux de la collection Terre d’Amériques des éditions Albin Michel, mais je suis leur parution « en toutes saisons ».
Et vous, attendez-vous certaines parutions avec impatience ?

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Le rocher avec des ailes d’Anne Hillerman

Présentation de l’éditeur :

Jim Chee et Bernadette Manuelito croyaient pouvoir profiter de leurs premières vraies vacances. Mais alors qu’ils sont tous deux à Monument Valley, Bernie doit retourner d’urgence dans sa famille à Shiprock, tandis que Chee est amené à prêter main-forte à la police locale sur le tournage d’un film: une femme appartenant à l’équipe semble avoir disparu. Bernie, quant à elle, persiste à penser que l’homme qu’elle a arrêté un soir sur une route désertique cache quelque chose de louche ; elle ne comprend pas pourquoi son coffre était rempli de cartons contenant de la terre.

Mon avis :

En lisant ce deuxième roman écrit par Anne Hillerman, j’ai eu l’impression qu’elle s’était un peu émancipée de l’oeuvre de son père. Non que Joe Leaphorn, Jimm Chee ou Bernie Manuelito ne soient pas là, non, mais Anne Hillerman a construit une intrigue qui s’est affranchie des enquêtes précédentes.
Affranchie ne veut pas dire incohérente. Joe Leaphorn, dans l’opus précédent, a été grièvement blessé et n’a pas complètement récupéré (dans un polar français, il serait très en forme en moins d’un mois. Vous avez dit irréaliste ?). Il aidera pourtant Jim Chee de son mieux, ce qui participe aussi à sa rééducation.
Oui, parce qu’il y aura une enquête, bien que Jim et Bernadette soient officiellement en vacances : elles seront de très courte durée. Jim se trouve ainsi confronté à une culture qui n’est pas du tout la sienne, celle du cinéma, puisqu’il devra assurer l’ordre et la sécurité lors du tournage, la police manque cruellement de personnel là aussi. La mise en scène est ainsi permanente, et tous les moyens sont bons pour attirer l’attention sur le tournage d’un film admirable (et rempli de zombies) et et sur sa vedette, que seule la petite soeur de Bernie connaît (de nom). Jim sera très occupé à faire respecter la loi, c’est beaucoup moins simple qu’il n’y paraît et nécessite beaucoup de ténacité.
La ténacité, il en faudra aussi pour Bernie qui, au cours d’une patrouille de routine, arrête un conducteur bien trop nerveux pour être honnête. Que cache-t-il exactement ? Comme pour le cinéma, les apparences peuvent être trompeuses.
Il est aussi des hommes qui ont de grands projets pour le territoire des Four Corners. Si Jim Chee a toujours fait tout pour vivre en harmonie avec la nature, d’autres pensent à l’écologie avec un grand E- et défigurer le paysage ne leur pose pas vraiment de problème. La grandiloquence et l’excès sont des traits assez fréquents des personnages secondaires des romans mettant en scène Jim Chee et Joe Leaphorn. Implicitement, il pose une question intéressante : même si les idées sont bonnes, tous les moyens sont-ils bons pour les défendre ?
J’espère que les deux romans suivants signés Anne Hillerman seront bientôt traduits en français.