Archive | juillet 2018

La fille de femme-araignée d’Anne Hillerman

Présentation de l’éditeur : 

Bernadette Manuelito sentit ses paupières se faire lourdes. Plus lourdes. Elle se dit qu’elle allait les fermer un instant. Pendant qu’elle oscillait à la frange des rêves, elle entendit une voiture approcher. Elle était sur le parking de l’Auberge Navajo. Elle voyait le Lieutenant trébucher. Elle se réveilla en sursaut. Une portière claqua. Joe Leaphorn et Jim Chee, les deux policiers navajos emblématiques de Tony Hillerman, revivent sous la plume de sa fille Anne.

Mon avis (très personnel) :

Un matin ordinaire. Jim Chee, Bernie Manuelito, sa femme et Joe Leaphorn, le légendaire enquêteur à la retraite désormais, prennent leur petit déjeuner. Ce dernier enquête encore, pour des compagnies d’assurance. Il part, se dirige vers sa voiture, et quelqu’un lui tire dessus, sous les yeux de Bernie, qui se reprochera de n’être pas sortie plus vite. Ce que lui dit Jim son mari n’y changera rien : deux personnes auraient pu être touchées au lieu d’une. Leaphorn est gravement touché.
L’enquête commence, presque classique : retrouver qui pourrait en vouloir à l’ancien lieutenant. Si vous avez lu les enquêtes de Leaphorn et Chee, vous vous doutez bien qu’éplucher tous les dossiers et retrouver les noms, c’est long, éprouvant. La vengeance ne fait pas partie de la culture navajo, et les enquêteurs se sentent bien en peine d’imaginer que quelqu’un puisse recourir à ce qui, finalement, ne laisse jamais la personne en paix. Fait troublant : Leaphorn, quelques jours plus tôt, avait parlé d’un « fantôme », revenu de son passé. Pour qui connaît le lieutenant et ses croyances, l’on sait que parler de fantômes n’est pas anodin.
L’agent Manuelito est en congé, parce que son supérieur ne souhaite pas qu’elle s’investisse dans l’enquête – elle s’investirait beaucoup trop, comme toujours – et parce qu’elle doit se remettre de ce qu’elle a vu, si possible. Par conséquent, comme elle ne veut pas rester sans rien faire, sans aider Leaphorn de quelques manières qu’elle le puisse, elle reprend son enquête d’assurance en court, au coeur de la culture navajo. Bernie est sensible à la beauté de ce qu’elle découvre, mais aussi aux passions que ces poteries, ces tapisseries peuvent déchaîner.
En dépit de la gravité de l’enquête, l’humour n’est pas absent – certains suspects sont particulièrement entêtés, d’autres insaisissables. Les esquimaux peuvent être très importants, les rodéos aussi.
Première enquête, nouvelle enquête, peu importe. Madame Hillerman, les fans dont je suis vous disent merci d’avoir repris les personnages emblématiques créés par votre père.

Les amis de la colline Beausoleil, Tome 4 : Capucine Grignote de Kazuo Iwamura

Présentation de l’éditeur :
Qui a volé la réserve de glands de madame Duchêne ? Tout le monde accuse Capucine Grignote…. est-elle accusée à tort ? Robin Cache-Noisette, détective en herbe, mène l’enquête….
Mon avis :

Ce tome 4 porte le nom de son personnage principal, qui tenait un rôle secondaire dans le tome 3 : Capucine Grignote. il ne faut cependant pas oublier que le premier personnage à avoir donné son nom aux « amis de la colline Beausoleil », c’est Robin Cache-Noisette, détective de son état. Il a de quoi enquêter. En effet, Jenny Duchêne accuse ni plus ni moins Capucine de lui avoir dérobé sa réserve de gland sous prétexte qu’elle en a un à ses pieds, et qu’elle a vu le mulot (ou la souris rousse, comme l’appelle la femelle geai) traîner dans la forêt – dans laquelle elle vit, soit dit en passant. Robin, retrouvant ses activités de détective, et n’appréciant pas vraiment que l’on accuse quelqu’un sur la fois des apparences, enquête, et pour cela, il questionne, sans a priori. De ces questions naisse d’ailleurs une interrogation plus vaste : à qui appartiennent les provisions cachées ? A ceux qui les ont trouvées en premier, ou à ceux qui ont trouvé la cachette ? Nous sommes en automne, l’hiver approche, et l’important pour les animaux est donc de survivre. Tant pis pour ceux dont les provisions ont été pillées : elles n’avaient qu’à être mieux cachées ! A chacun d’en user de son mieux, en se disant que l’on ne peut survivre aussi dans la forêt que si l’on se soutient les uns les autres. Prenez les frères Croque, par exemple, trois corneilles que personne ne parvient à distinguer : ils traînent du côté de l’étable, puisque les Cornu (les vaches !) laissent toujours tomber des grains de maïs de leurs mangeoires.
Alors, qui est le voleur ? Mais y a-t-il vraiment un voleur ?

La cité des âmes perdues de Cassandra Clare

Présentation de l’éditeur :

Le démon Lilith a été anéanti et Jace a été libéré de son emprise. Mais, lorsque les chasseurs d’ombres arrivent pour le sauver, ils ne trouvent que du sang et du verre brisé. Le garçon que Clary aime n’est pas le seul à avoir disparu, mais celui qu’elle déteste aussi, Sébastien, le fils de son père Valentin : Un fils déterminé à réussir là où son père a échoué : mettre les chasseurs d’ombre à genoux.

Mon avis :

J’ai fait une longue pause entre le tome 4 et le 5, parce que je voulais avoir le temps de lire les deux derniers tomes à la suite. C’est quasiment chose faite, puisque j’ai enchaîné avec la lecture du tome 6. Oui, je sais, j’anticipe.
Valentin n’est plus. Il était un méchant déterminé et charismatique. Son fils est pire: il a été bien déformé. Il réussit l’exploit d’être encore plus persévérant que son père. Rien ne l’arrête. Je mets au défi un lecteur de me prouver le contraire. Les chasseurs d’ombre pourraient purement et simplement le rechercher et le supprimer, sauf qu’il a « enlevé » Jace (préservons un peu de suspens) et que l’on ne peut égratigner/blesser/tuer Sébastien sans faire de même avec Jace. Or, ces amis, Clary en tête, veulent trouver une autre solution. Elle doit bien exister !
Nous avons beau être dans de la littérature jeunesse, fantasy, l’univers est sombre. Les chasseurs d’ombre ne peuvent guère compter que sur eux-mêmes et sur la meute de loup-garous, qui a elle-même un énorme problème à résoudre. Je ne vous parlerai pas des vampires, ils ne travaillent que pour eux-mêmes. Les blessures, bien que l’on soit dans un univers magique, ne guérissent pas nécessairement avec une rune ou un sortilège.
S’ils n’avaient que Sébastien à combattre… Les personnages sont fortement caractérisés, et chacun a ses préoccupations, sans que l’on tombe jamais dans la niaiserie. Simon, vampire, doit composer avec une mère qui le voit comme un monstre. Alec est gay, et ses parents, ses proches, ne l’acceptent pas vraiment sauf sa soeur Isabelle. Etre en guerre n’empêche pas d’être amoureux, et ce n’est pas Jordan et Maia, loups garous de leur état, qui diront le contraire. Disons simplement que le temps passe et presse.
Les péripéties sont nombreuses, et nous entraînent très loin, sans encore une fois que l’on est l’impression de faire du tourisme ou de lire des descriptions inutiles. L’humour est aussi bien présent, et aussi très réaliste : on peut remercier le personnage de Simon pour cela.
Je n’ai garde d’oublier Clary qui, même amoureuse, se questionne toujours sur la façon de parvenir à ces fins, surtout quand elle est confrontée à la dinguerie de son frère aîné. Les héroïnes ont le droit de se tromper, surtout quand elles comprennent ce qui les a amenés à prendre de mauvaises décisions. Et pour une fois que c’est la fille qui essaie de sauver son amoureux.
The mortal instrument est une série à la fois passionnante et très cohérente.

 

Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 2 : Hollow City de Ransom Riggs

 

logo challenge jeunesse 7

Présentation de l’éditeur :

Dix enfants particuliers sont pourchassés par une armée de monstres.
Une seule personne pourrait les aider : Miss Peregrine ! Mais elle est prisonnière dans sa forme oiseau…

Mon avis :

J’ai découvert cette série livresque par le biais du cinéma, le film m’avait été chaudement recommandé par un élève. Pendant la séance, j’ai croisé d’autres élèves, qui m’ont questionné sur le film, et je leur ai appris qu’il était adapté d’un livre. Ce n’est qu’après coup que j’ai découvert que ce livre avait deux autres tomes. Dix-huit mois après, voici mon avis sur le tome 2.
Nous reprenons l’histoire là où le tome 1 se terminait : je ne sais pas vous, mais je ne connais pas plus irritant que ces romanciers qui résolvent un problème dans l’ellipse spatio-temporelle situé entre les tomes 1 et 2, le balayant rapidement.
Il faut sauver Miss Peregrine ! Il faut aussi sauver les enfants particuliers. Une quête commence, qui nous fait découvrir d’autres facettes de leurs particularités. Cette quête nous entraîne à Londres, pendant la seconde guerre mondiale, que l’auteur décrit avec justesse : ce n’est pas parce que le public visé est jeune qu’il faut nier ce qui s’est passé. Elle ne fait pas preuve de pathos non plus, et heureusement.
La fin du tome 2 donne envie de découvrir comment cette saga se terminera.

Plumes et écailles – 3

Je suis sortie de l’infirmerie, c’est merveilleux ! Par contre, mon compagnon de chambrée a été transféré dans l’unité des soins post-traumatiques. Non, parce que, franchement, il est suicidaire ! A peine remis, il a de nouveau accusé madame de Saint-Georges d’être une espionne.
– Quoi que je fasse, vous m’accuserez quand même. Sachez seulement que le jour où le véritable espion sera identifié, je vous contraindrai à astiquer une à une les écailles de mon dragon.
Il a visualisé ce que cela donnerait, il a viré au rouge, au blanc, au vert, et c’est là qu’il fut expédié en soins post-trauma.

Je suis d’autant plus contente d’être sortie que les championnats du monde d’acrobatie dragonne débutent aujourd’hui ! Les incidents étant nombreux, je suis ravie d’avoir été réintégrée dans l’équipe des kinés de dragons de combat. Ils ont besoin de se détendre, les chers petits.

Un regret : monsieur de Saint-Georges ne participe pas. Ce n’est pas qu’il ne le ferait pas, c’est que Chimney préfère se réserver, et bien, pour les combats.
Voici la liste des épreuves :
– voltige en solo ;
– voltige en duo ;
– voltige en trio :
– voltige en équipe ;
– acrobatie en forêt ;
– acrobatie en montagne ;
– acrobatie nocturne ;
– atterrissage en ville ;
– atterrissage urbain ;
– atterrissage fleuri. Pour cette dernière épreuve, madame de Saint-Georges prête généreusement sa roseraie. Autant dire que les candidats sont extrêmement prudents !

Le témoignage du pendu d’Ann Granger

+Présentation de l’éditeur :

Un homme destiné à la corde dirait n’importe quoi pour sauver sa vie. Mais que faire si son témoignage était vrai ?
Lorsque l’inspecteur Ben Ross est appelé à la prison de Newgate par un homme condamné à mort, il ne s’attend pas à accorder le moindre crédit à sa parole. Mais le récit d’un assassinat dont il a été témoin il y a plus de dix-sept ans est si convaincant que Ben ne peut s’empêcher de se demander si ce qu’il a entendu est vrai. S’il est trop tard pour sauver la vie de l’homme, peut-il encore enquêter sur un crime passé inaperçu pendant toutes ces années ?

Mon avis : 

L’enquête commence plutôt mal pour Ben Ross. En effet, il doit recueillir la confession d’un condamné à mort, non sur le crime qu’il a commis, mais sur un crime dont il a été témoin dix-sept ans plus tôt. Il était temps qu’il se décide à parler ! Si la « prescription » n’est pas évoquée, sans doute parce qu’elle n’existait pas en terme de droit britannique, Ben Ross doit bien reconnaître qu’enquêter sur un crime que personne n’a dénoncé, avec des indications plutôt minces n’est pas vraiment envisageable. Le supérieur de Ben Ross ne l’envisage pas non plus, mais transmet les amitiés à la femme de Ben Ross – cette Lizzie qui a la manie d’enquêter, surtout quand on ne le lui demande pas.
Tout va très bien dans le village où elle se rend avec sa femme de ménage, tout aussi curieuse qu’elle – et n’ayant pas peur d’enquêter elle non plus. Lizzie peut aussi compter sur son vieil ami le cocher, mais plus sur le vieux Nelson, qui a été envoyé chez l’équarrisseur ! Pour mémoire, à l’époque où se passe ce roman, en France, Zola et Maupassant militaient pour qu’un sort décent soit réservé aux chevaux – et Zola montra l’exemple avec son Bonhomme,dont la photo illustrait mon mémoire de maîtrise.
Bonne nouvelle : Putney est resté un petit village, et retrouver la maison isolée sur la lande n’est pas difficile. Mauvaise nouvelle : se faire repérer dans un petit village où tout le monde se connaît est très facile, et les actuels propriétaires de la maison sont pour le moins méfiants.
Ben Ross ne chôme pas de son côté, et son enquête nous en fait découvrir un peu plus sur les droits des femmes (enfin, leur absence plutôt). Pour en savoir plus, je vous renverrai bien, le plus simplement du monde aux oeuvres de Dickens (Oliver Twist, David Copperfield), et à ne pas hésiter à comparer avec ce qui se passait en France à la même époque. Là où vivaient mes arrières-grands-parents se trouvait un orphelinat-usine qui avait la gentillesse de faire travailler les jeunes filles dès l’âge de dix ans.
L’enquête à Putney a été presque trop facile à résoudre, à mes yeux du moins. C’est comme si les coupables n’avaient redouté que ce moment : celui où leur crime se trouverait révélé.

Les amis de la colline Beausoleil, tome 3 Adèle Rusard de Kazuo Iwamura

Présentation de l’éditeur : 

Adèle Rusard est blessée. Mais où est passé son mari ? Robin Cache-Noisette, détective en herbe, mène l’enquête.

Mon avis : 

Ce livre d’une centaine de pages est d’une grande richesse. Il permet de conjuguer une intrigue simple (où est passé Arthur, le mari d’Adèle qui est blessée ?) et de nombreuses informations sur la manière dont vivent les animaux. Surtout, ce roman montre que, dans la nature, les animaux cohabitent entre eux. Il est des proies, il est des prédateurs. Les uns chassent, les autres font tout pour leur échapper.
Et l’homme, dans tout cela ? Il est présent, puisqu’il cultive la colline. Il la cultive de manière raisonnable, presque artisanale : l’agriculture intensive n’est pas passé par là. D’ailleurs, l’un des cultivateurs a un autre métier, en plus de ses cultures – on ne vit pas forcément bien en faisant pousser des tomates ou des kiwis.
Animaux sauvages, animaux domestiques : Adèle Rusard, Olive Carotte ou Capucine Grignote croisent un chien, qui n’a pas oublié le plaisir de courir après un lapin, ou un chat, qui a fait de la ferme sa demeure.
Mine de rien, il est question aussi d’éducation, puisque chacun compare les différentes manières dont ils élèvent leurs petits. Et, pour les esprits chagrins qui ne veulent que des livres dans lesquels les animaux se comportent comme des animaux, ce qui limitent les lectures, je rappelle qu’Olive et Capucine, même si elles veillent Adèle, n’oublient jamais qu’elles sont des proies potentielles pour la renarde, qui les a souvent poursuivies.
Un livre aussi charmant que les albums de Kazuo Iwamura.

Nu couché sur fond vert de Jacques Bablon

Présentation de l’éditeur :

Margot et Romain. Deux flics d’une même brigade. Ont en commun l’habitude de sortir du cadre autorisé pour régler à leur manière les affaires criminelles qui leur tiennent à cœur. Margot veut retrouver l’assassin du père de Romain, tué par balle, il y a vingt-cinq ans. Une famille au destin tragique… Romain ne lui a rien demandé. Mais Margot ne supporte pas que des tueurs cavalent librement dans la nature. Romain, lui, traque les auteurs du carambolage meurtrier qui a coûté la vie à l’inspecteur Ivo, son coéquipier. Leurs armes ? Acharnement et patience sans bornes pour Margot… Beretta et fusil à lunette pour Romain ! Une plongée dévastatrice où le hasard n’a pas sa place…

Mon avis : 

Ce roman était mis en avant à la bibliothèque, je l’ai emprunté parce que je cherche toujours à découvrir de nouveaux auteurs de romans. Je n’ai pas été déçue par cette rencontre, et je pense que je lirai d’autres romans signés Jacques Babion.
Revenons cependant à ce roman – je vais vous en dire un peu plus. Nous sommes face à deux policiers. Ce ne sont pas des co-équipiers, non, ils travaillent dans la même brigade. Margot est l’exemple même de la policière atypique dans un polar : elle est mariée, elle a trois filles qui ont toutes les trois des personnalités différentes et affirmées. Romain, lui, est un solitaire, qui ne s’entend que moyennement avec son coéquipier. Il est policier, mais il pourrait se contenter de vivre de ses rentes. Ce n’est pas qu’il cache un lourd secret, c’est que tout le destin de sa famille paternelle est tragique. Il n’en parle pas, pour quoi faire ? Seulement, Margot enquête pour faire la lumière sur le meurtre du père de Romain, cold case vieux de vingt-cinq ans.
Romain, lui, va chercher à venger la mort de son coéquipier – parce que la justice serait difficile à faire appliquer dans son cas.
Roman atypique, nous suivons parallèlement les histoires de Margot et Romain, épousant leur point de vue, leur ressenti, leurs amours aussi. Nous nous plongeons également dans le passé de Romain, celui de ses parents, artistes, heureux du monde qui voulaient aussi que les autres soient heureux, finalement.
Le livre est surprenant de bout en bout parce qu’il n’est pas qu’un roman policier. Il nous parle aussi de la société dans laquelle nous vivons, de tout ce que l’on peut faire pour aider les autres – ne peuvent être aidées que les personnes qui le veulent vraiment.

Gizelle et moi de Lauren Fern Watt

Présentation de l’éditeur :

Dès le premier regard, entre Lauren, petit bout de femme d’une vingtaine d’années, et Gizelle, énorme mastiff de 70 kilos, c’est le coup de foudre. Inséparables, elles vont traverser les petits boulots sous-payés, les galères d’apparts trop petits, les coups de blues passagers, mais aussi les joies de Central Park et les premiers émois des relations amoureuses…Et puis la nouvelle tombe. Gizelle est atteinte d’un cancer incurable. Mais pas question de se laisser abattre : soirée Netflix, dégustation de hot-dogs au homard, recherche effrénée de la meilleure des crèmes glacées, road trip de folie… Les deux amies se concoctent une bucket list d’enfer ! En offrant à Gizelle ses derniers petits bonheurs, Lauren va se fabriquer des souvenirs inoubliables et retrouver le chemin de la confiance et de la sérénité.

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat.

Mon avis : 

J’ai eu du mal à rédiger cette avis, parce que, comme la narratrice, je suis aussi passée par là : il est difficile de perdre un animal qui vous a accompagné pendant des années.
Lauren est lucide, peut-être aussi parce que son adolescence n’a pas été comme les autres. Il ne s’agit pas seulement de la séparation de ses parents, mais de l’alcoolisme de sa mère, et des conséquences pour sa vie quotidienne. C’est dans ces années-là qu’elle et sa mère « adoptent » ce gros chien – presque plus gros qu’il n’était prévu. Gizelle accompagne la jeune femme pendant ces années d’étude, et ces années de jeune adulte, où elle construit sa vie : premier emploi, premier logement indépendant, c’est à dire loin des parents, premier histoire d’amour sérieuse. Le tout avec Gizelle, parce qu’il faut trouver, en plein New York, un lieu pour loger avec un mastiff, un lieu où le promener aussi – et l’on découvre que des Mastiffs dans une grande ville, ce n’est pas si rare que cela.
Puis, vient la seconde partie, le diagnostique, les soins, et le fait aussi qu’il faut faire la part des choses entre les choix faits pour soi, et les choix faits pour l’animal. Le « confort de vie » doit être privilégié face à la survie. Lauren fait tout pour que les derniers mois de Gizelle soit les plus agréables. Elle ne se leurre pas, elle sait aussi que c’est pour elle-même qu’elle le fait.
Un livre à la fois drôle et émouvant.

Panique au manoir de M.C. Beaton

édition Albin Michel – 284 pages

Quatrième de couverture :
Meurtrie d’avoir été abandonnée par James, l’amour de sa vie, Agatha Raisin s’en remet aux présages d’une diseuse de bonne aventure : elle trouvera l’amour, le vrai, dans le Norfolk. Qu’à cela ne tienne, Agatha quitte Carsely et s’installe dans un charmant cottage de Fryfam où elle attend le prince charmant en écrivant son premier roman policier : Panique au manoir. Un titre prédestiné car, après une série d’étranges phénomènes, le châtelain du village est assassiné et les soupçons se portent naturellement sur Agatha dont le conte de fées vire au cauchemar.

Mon avis :

Spontanément, en ouvrant ce dixième opus, je me suis posé une question : où est passé le troisième chat d’Agatha Raisin ? Personne pour mener l’enquête ! Un vrai scandale, à croire que l’auteur oublie parfois ce qu’elle a écrit. En effet, Agatha avait adopté un troisième chat à la fin du tome 9, et il n’en est plus trace au début de ce tome 10. Heureusement, l’on saura à la fin ce qu’il est advenu. C’est d’autant plus surprenant qu’Agatha se montre particulièrement soucieuse de ses chats dans ce volume, affirmant à Charles qu’elle devient « quelqu’un d’humain et d’attentionné ».
Comme dans le tome 6 et le tome 12, Agatha sera loin de chez elle pour cette enquête. Elle a suivi les conseils d’une voyante (si, c’est possible quand on s’appelle Agatha Raisin). Elle est partie loin des Costwolds, dans le Norflok, dans un petit village encore plus pittoresque et très réactionnaire. Les femmes doivent rester à leur place, celles qui étaient la leur du temps de la reine Victoria. A croire que les anglaises n’ont pas été les premières à obtenir le droit de vote. Les femmes de la commune font exactement ce que désirent leur mari, s’habillent comme ils le veulent, ne se maquillent pas, ne travaillaient pas, et surtout, le laissent sortir le soir sans songer à l’accompagner, ou se retrouvent avec leurs amies. Agatha entend bien mettre de l’ordre dans tout ce fatras !
Elle compte aussi écrire un roman policier et là, pas de bol, un meurtre est commis, exactement comme elle l’avait (mal) écrit. Autant dire que cela pourrait être le début des ennuis si Sir Charles ne s’était pas joint à elle et si elle n’avait pas repris du poil de la bête. Quoi qu’on dise sur elle, elle enquête ! Ce qu’elle et Charles découvrent ne fait plaisir à personne. Qu’importe ! Elle ira jusqu’au bout, avec toute la maladresse dont elle est capable parfois. Les fées ne lui disent pas merci.
Je note cependant que son amitié avec Mrs Bloxby s’est un peu distendue, Agatha ne parvenant même plus à s’entendre pleinement avec la femme du pasteur, c’est dommage. Il faut dire que celle-ci souhaiterait vraiment qu’elle ne prenne plus des décisions à la légère, et qu’elle cesse d’être obnubilée par James. Pas gagné. Surtout que … Le tome 10 se termine sur un coup de théâtre – pour combien de temps ?