Archive | 30 juillet 2018

Crime à l’heure du Tay de John-Erich Nielsen

Présentation de l’éditeur :

Le 28 décembre 1879, peu après dix-sept heures, le pont enjambant le Firth of Tay s’effondra, précipitant dans les flots de l’estuaire les soixante-quinze passagers du train reliant Edimbourg à Dundee. Il n’y eut aucun survivant. Vingt-neuf victimes ne furent jamais retrouvées…
A priori, rien à voir avec l’assassinat de Sue Cunningham, huit ans, et la disparition de son camarade David Sharp… Si ce n’est l’étrange similitude des lieux : le corps de la petite vient d’être découvert au pied du Tay Rail Bridge, à l’endroit même de la pire catastrophe ferroviaire du XIXe siècle.
Mais ce n’est pas tout… En Ecosse, les fantômes, c’est comme le monstre du loch Ness : tout le monde en parle, mais chacun sait que ça n’existe pas.

Mon avis : 

L’affaire qui débute dans ce neuvième volume des aventures de Sweeney est tout sauf plaisante, si tant est qu’une enquête policière peut l’être : une enfant de huit ans a été assassinée, et la disparition de son camarade David n’augure pas une issue des plus heureuses. De plus, l’inspecteur Sweeney doit faire face à la maladie de sa tante, et il tente de lui rendre le plus souvent possible visite à l’hôpital.

Pourquoi lui et son co-équipier se trouvent-ils là ? Une question de juridiction, tout simplement – ou comment le bras d’un fleuve, et le fait qu’un cadavre soit découvert d’un côté ou de l’autre peut modifier le choix d’une juridiction. Je serai presque tentée de dire qu’il ne se passe rien, ce qui ne serait pas juste : les enquêteurs cherchent et ne trouvent pas, pas même le jeune David. Oui, ils ont des pistes, qui ne débouchent sur rien de concret. Ils découvrent tout de même des éléments pas vraiment reluisants pour la famille de la jeune victime.

Pour ne rien arranger à cette enquête qui piétine, les tensions naissent entre Sweeney et son co-équipier : être préoccupé pour l’un, et loin des siens ne facile pas l’entente. Cependant, ils veulent tous les deux que la vérité soit découverte, ce qui peut aussi aider à apaiser le climat entre eux.

Comme si cela ne suffisait pas, Sweeney sent une présence (un fantôme ?) chez lui et enquête là aussi. Sa tante, du fond d son lit d’hôpital a beau le rassurer (en Ecosse, les fantômes fréquentent les jolis chateaux. Pas les appartements en désordre !), le jeune homme part à la recherche du passé, même s’il n’a pas vraiment de liens avec le présent. Vraiment ?

Une enquête qui nous mène dans une Ecosse urbaine, loin des Highlands dans lesquelles les deux enquêteurs ne veulent surtout pas être mutés !

 

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Wiggins et la nuit de l’éclipse de Béatrice Nicodème

Présentation de l’éditeur :

Angleterre, 1894. Trois années ont passé depuis que Sherlock Holmes a disparu dans les chutes de Reichenbach après une lutte sans merci contre l’infâme Moriarty. Inconsolable, Wiggins est plus que jamais déterminé à se montrer digne du grand détective. Lorsqu’il est appelé au collège de Midhurst pour veiller sur le jeune Lowell Summerfield dont le père, un juge connu et redouté, a reçu des lettres de menaces, il voit là l’occasion de gagner enfin ses galons de détective-consultant.
À Midhurst, il découvre un monde surprenant qui vit replié sur lui-même. Derrière la façade austère, les règles strictes et le code de l’honneur, la violence rôde. La nuit, de mystérieuses réunions se tiennent dans la chapelle, et il arrive que des pas résonnent dans le grenier. Les grands, chargés de faire respecter la discipline parmi les plus jeunes, ont parfois une conception bien curieuse de l’autorité, et même les professeurs semblent avoir leurs petits secrets.

Mon avis : 

Beaucoup d’auteurs s’inspirent de Sherlock Holmes pour écrire des histoires le mettant en scène – ou pas. Béatrice Nicodème a choisi, dans ces livres, de mettre en scène Wiggins, ce gamin des rues qui était un des auxiliaires de Sherlock Holmes, un de ceux que l’ont ne voit pas, auquel on ne fait pas attention, et qui, du coup, peut voir beaucoup de choses.

Wiggins a grandi, il est d’ailleurs presque adulte en cette année 1894, trois ans après la disparition de Sherlock Holmes. Si c’est à lui que l’on confie cette mission, c’est parce qu’il est suffisamment jeune pour passer inaperçu dans un collège. Problème, malgré tout : Wiggins n’a pas fait d’études, et il va détonner, un peu, auprès de ceux qui l’ont chargé de mener l’enquête.

Le fils d’un juge d’instruction est en effet menacé de mort, et son père n’a pas l’intention de céder au chantage, ni d’avertir son fils, qui est très bien dans sa pension. Néanmoins, Wiggins sera chargé de sa protection : il est hors de question d’entacher la réputation de l’établissement. Sauf que c’est vraiment mal parti.

La description de ce qui se passe n’est pas des plus reluisantes. Tout ne peut pas être parfaitement sous contrôle, et certains n’hésitent pas à abuser du petit pouvoir qui leur est alloué. Il n’est pas tant question de diviser pour mieux régner, que d’isoler ceux qui sont déjà différents des autres, comme ce jeune étudiant venu tout droit des Indes.  Comme dans tout bon roman historique, l’on en apprend un peu plus sur cette époque, et pas seulement sur ce qui se passait en Angleterre.

L’intrigue est bien construite, et contient son lot de rebondissements qu’il est vraiment prenant de découvrir. Un roman jeunesse à partager avec les jeunes amateurs de romans policiers – ou pour leur faire découvrir le genre.