Archive | 27 juillet 2018

Plumes et écailles – 4

Ne me parlez plus jamais des les championnats du monde d’acrobatie dragonne, jamais ! Je me suis ennuyée à un point qui était difficilement envisageable. Ce n’était plus des jeux, c’était presque une déclaration de guerre tant chaque équipe poussait l’art de la voltige et de l’acrobatie à la perfection. Pas d’accrochage, de dérapage, des synchronisation parfaite. Les juges ont été très occupés à déterminer qui étaient premier, deuxième, troisième, etc… tant les dragons poussaient leur art à la perfection. Ils ont utilisé la vidéo pour être certains. Ils ont été tellement longs que je me suis dit qu’ils regardaient les vidéos uniquement pour leur plaisir personnel.

Bien sûr, sous la direction de Roissy, notre chef kiné, j’ai massé quelques dragons. Sauf qu’il ne me fait vraiment pas confiance !
– Axelle, tu as plus d’incidents en un mois que je n’en ai eu dans toute ma carrière. J’exerce depuis vingt ans.
Je me suis bien gardée de lui dire qu’il devait avoir du sang de dragon dans les veines puisque je l’ai déjà vu cracher du feu voici quatre mois. Il prétend que j’ai eu une hallucination.
– Axelle, les hallucinations, c’était le prix à payer pour ton troisième incident conséquent de l’année ! Je te rappelle que tu en es désormais à ton quatrième. Un conseil : reste très loin de l’épreuve d’atterrissage.

N’importe quoi !
Bien sûr, après avoir préparé les dragons, je me suis installée à proximité de la roseraie des Saint-Georges. Qu’est-ce que vous voulez qui m’arrive ?

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Si quelqu’un veut me raconter ce qui m’est arrivé, je suis preneuse. Monsieur de Saint-George vient demain. Pour la cérémonie officielle de baptême de l’infirmerie. Elle se nommera « Alexandrielle Beaucaire ». Mon nom complet. Il tient à ce que cela soit fait de mon vivant. Je n’aurai pas aussi mal, je crois que je rirai.

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Cyber China de Qiu Xiaolong

Présentation de l’éditeur :

Harmonie et probité: à en croire les médias officiels, le modèle chinois est une réussite. Mais sur Internet, la colère des cybercitoyens se déchaîne. Zhou, un cadre de la municipalité de Shanghai, est la cible rêvée de cette chasse à la corruption d’un nouveau genre. Une photo de lui en possession d’un paquet de cigarettes de luxe, emblème des Gros-Sous sans scrupules, enflamme la toile. Deux semaines plus tard, on le retrouve pendu. Suicide ? Assassinat ? Sous l’oeil vigilant des dignitaires du Parti inquiets du formidable mouvement qui agite le réseau, l’inspecteur principal Chen, aidé d’une jeune journaliste, plonge dans l’univers des blogs clandestins. Là où la censure rouge se casse les dents.

Mon avis :
Ou comment fumer une cigarette peut déclencher un scandale pire qu’aux USA.
Si vous aimez les enquêtes mouvementées, remplies de rebondissements, alors cette enquête n’est pas faite pour vous. Plus qu’une intrigue policière, nous est racontée ici l’histoire d’un pays qui s’enfonce dans la corruption et tente de masquer tout ce qui ne va pas. Un pays qui garde les séquelles de la Révolution culturelle et fait (du moins les dirigeants que nous croisons) comme si rien ou presque ne s’était passé. Un pays qui se retrouve coincé entre traditions qui reviennent en force et intrusion à toutes forces dans un monde moderne à base de consommation effréné. Il n’est pas qu’en occident que les prix de l’immobilier flambent.
Le très respecté inspecteur Chen Cao enquête, alors qu’il n’est même pas certain que l’on souhaite qu’il découvre quelque chose. Certes, pouvoir enquêter est déjà une bonne chose, puisque le parti aurait pu décider de classer l’affaire en suicide. Il n’empêche : l’inspecteur Wei, qui travaillait avec Chen Cao, meurt renversé par une voiture. Il ne s’agit plus seulement de découvrir la vérité, mais d’être très prudent : il est plus d’une manière de disparaître ou de faire disparaître quelqu’un.
Au coeur de l’enquête, les réseaux sociaux chinois, en plein essor, si j’ose dire, et les difficultés qu’éprouve l’état à surveiller, censurer tout ce qui peut y être publié. Vu de France, il est intéressant de voir à quel point il peut être compliqué de faire ce que nous ne nous privons pas de faire quotidiennement, comme discuter en ligne ou tenir un blog, voir twitter (même s’il ne s’agit pas de twitter). Et si Chen Cao ne maîtrise pas les arcanes d’internet, il parvient très vite à comprendre comment certains s’y prennent pour publier quand même des articles réellement informatifs.

Cyber China, une plongée dans la Chine contemporaine.