Archive | 24 juillet 2018

La fille de femme-araignée d’Anne Hillerman

Présentation de l’éditeur : 

Bernadette Manuelito sentit ses paupières se faire lourdes. Plus lourdes. Elle se dit qu’elle allait les fermer un instant. Pendant qu’elle oscillait à la frange des rêves, elle entendit une voiture approcher. Elle était sur le parking de l’Auberge Navajo. Elle voyait le Lieutenant trébucher. Elle se réveilla en sursaut. Une portière claqua. Joe Leaphorn et Jim Chee, les deux policiers navajos emblématiques de Tony Hillerman, revivent sous la plume de sa fille Anne.

Mon avis (très personnel) :

Un matin ordinaire. Jim Chee, Bernie Manuelito, sa femme et Joe Leaphorn, le légendaire enquêteur à la retraite désormais, prennent leur petit déjeuner. Ce dernier enquête encore, pour des compagnies d’assurance. Il part, se dirige vers sa voiture, et quelqu’un lui tire dessus, sous les yeux de Bernie, qui se reprochera de n’être pas sortie plus vite. Ce que lui dit Jim son mari n’y changera rien : deux personnes auraient pu être touchées au lieu d’une. Leaphorn est gravement touché.
L’enquête commence, presque classique : retrouver qui pourrait en vouloir à l’ancien lieutenant. Si vous avez lu les enquêtes de Leaphorn et Chee, vous vous doutez bien qu’éplucher tous les dossiers et retrouver les noms, c’est long, éprouvant. La vengeance ne fait pas partie de la culture navajo, et les enquêteurs se sentent bien en peine d’imaginer que quelqu’un puisse recourir à ce qui, finalement, ne laisse jamais la personne en paix. Fait troublant : Leaphorn, quelques jours plus tôt, avait parlé d’un « fantôme », revenu de son passé. Pour qui connaît le lieutenant et ses croyances, l’on sait que parler de fantômes n’est pas anodin.
L’agent Manuelito est en congé, parce que son supérieur ne souhaite pas qu’elle s’investisse dans l’enquête – elle s’investirait beaucoup trop, comme toujours – et parce qu’elle doit se remettre de ce qu’elle a vu, si possible. Par conséquent, comme elle ne veut pas rester sans rien faire, sans aider Leaphorn de quelques manières qu’elle le puisse, elle reprend son enquête d’assurance en court, au coeur de la culture navajo. Bernie est sensible à la beauté de ce qu’elle découvre, mais aussi aux passions que ces poteries, ces tapisseries peuvent déchaîner.
En dépit de la gravité de l’enquête, l’humour n’est pas absent – certains suspects sont particulièrement entêtés, d’autres insaisissables. Les esquimaux peuvent être très importants, les rodéos aussi.
Première enquête, nouvelle enquête, peu importe. Madame Hillerman, les fans dont je suis vous disent merci d’avoir repris les personnages emblématiques créés par votre père.

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Les amis de la colline Beausoleil, Tome 4 : Capucine Grignote de Kazuo Iwamura

Présentation de l’éditeur :
Qui a volé la réserve de glands de madame Duchêne ? Tout le monde accuse Capucine Grignote…. est-elle accusée à tort ? Robin Cache-Noisette, détective en herbe, mène l’enquête….
Mon avis :

Ce tome 4 porte le nom de son personnage principal, qui tenait un rôle secondaire dans le tome 3 : Capucine Grignote. il ne faut cependant pas oublier que le premier personnage à avoir donné son nom aux « amis de la colline Beausoleil », c’est Robin Cache-Noisette, détective de son état. Il a de quoi enquêter. En effet, Jenny Duchêne accuse ni plus ni moins Capucine de lui avoir dérobé sa réserve de gland sous prétexte qu’elle en a un à ses pieds, et qu’elle a vu le mulot (ou la souris rousse, comme l’appelle la femelle geai) traîner dans la forêt – dans laquelle elle vit, soit dit en passant. Robin, retrouvant ses activités de détective, et n’appréciant pas vraiment que l’on accuse quelqu’un sur la fois des apparences, enquête, et pour cela, il questionne, sans a priori. De ces questions naisse d’ailleurs une interrogation plus vaste : à qui appartiennent les provisions cachées ? A ceux qui les ont trouvées en premier, ou à ceux qui ont trouvé la cachette ? Nous sommes en automne, l’hiver approche, et l’important pour les animaux est donc de survivre. Tant pis pour ceux dont les provisions ont été pillées : elles n’avaient qu’à être mieux cachées ! A chacun d’en user de son mieux, en se disant que l’on ne peut survivre aussi dans la forêt que si l’on se soutient les uns les autres. Prenez les frères Croque, par exemple, trois corneilles que personne ne parvient à distinguer : ils traînent du côté de l’étable, puisque les Cornu (les vaches !) laissent toujours tomber des grains de maïs de leurs mangeoires.
Alors, qui est le voleur ? Mais y a-t-il vraiment un voleur ?