Archive | 21 juillet 2018

Le témoignage du pendu d’Ann Granger

+Présentation de l’éditeur :

Un homme destiné à la corde dirait n’importe quoi pour sauver sa vie. Mais que faire si son témoignage était vrai ?
Lorsque l’inspecteur Ben Ross est appelé à la prison de Newgate par un homme condamné à mort, il ne s’attend pas à accorder le moindre crédit à sa parole. Mais le récit d’un assassinat dont il a été témoin il y a plus de dix-sept ans est si convaincant que Ben ne peut s’empêcher de se demander si ce qu’il a entendu est vrai. S’il est trop tard pour sauver la vie de l’homme, peut-il encore enquêter sur un crime passé inaperçu pendant toutes ces années ?

Mon avis : 

L’enquête commence plutôt mal pour Ben Ross. En effet, il doit recueillir la confession d’un condamné à mort, non sur le crime qu’il a commis, mais sur un crime dont il a été témoin dix-sept ans plus tôt. Il était temps qu’il se décide à parler ! Si la « prescription » n’est pas évoquée, sans doute parce qu’elle n’existait pas en terme de droit britannique, Ben Ross doit bien reconnaître qu’enquêter sur un crime que personne n’a dénoncé, avec des indications plutôt minces n’est pas vraiment envisageable. Le supérieur de Ben Ross ne l’envisage pas non plus, mais transmet les amitiés à la femme de Ben Ross – cette Lizzie qui a la manie d’enquêter, surtout quand on ne le lui demande pas.
Tout va très bien dans le village où elle se rend avec sa femme de ménage, tout aussi curieuse qu’elle – et n’ayant pas peur d’enquêter elle non plus. Lizzie peut aussi compter sur son vieil ami le cocher, mais plus sur le vieux Nelson, qui a été envoyé chez l’équarrisseur ! Pour mémoire, à l’époque où se passe ce roman, en France, Zola et Maupassant militaient pour qu’un sort décent soit réservé aux chevaux – et Zola montra l’exemple avec son Bonhomme,dont la photo illustrait mon mémoire de maîtrise.
Bonne nouvelle : Putney est resté un petit village, et retrouver la maison isolée sur la lande n’est pas difficile. Mauvaise nouvelle : se faire repérer dans un petit village où tout le monde se connaît est très facile, et les actuels propriétaires de la maison sont pour le moins méfiants.
Ben Ross ne chôme pas de son côté, et son enquête nous en fait découvrir un peu plus sur les droits des femmes (enfin, leur absence plutôt). Pour en savoir plus, je vous renverrai bien, le plus simplement du monde aux oeuvres de Dickens (Oliver Twist, David Copperfield), et à ne pas hésiter à comparer avec ce qui se passait en France à la même époque. Là où vivaient mes arrières-grands-parents se trouvait un orphelinat-usine qui avait la gentillesse de faire travailler les jeunes filles dès l’âge de dix ans.
L’enquête à Putney a été presque trop facile à résoudre, à mes yeux du moins. C’est comme si les coupables n’avaient redouté que ce moment : celui où leur crime se trouverait révélé.

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