Archive | 18 juillet 2018

Gizelle et moi de Lauren Fern Watt

Présentation de l’éditeur :

Dès le premier regard, entre Lauren, petit bout de femme d’une vingtaine d’années, et Gizelle, énorme mastiff de 70 kilos, c’est le coup de foudre. Inséparables, elles vont traverser les petits boulots sous-payés, les galères d’apparts trop petits, les coups de blues passagers, mais aussi les joies de Central Park et les premiers émois des relations amoureuses…Et puis la nouvelle tombe. Gizelle est atteinte d’un cancer incurable. Mais pas question de se laisser abattre : soirée Netflix, dégustation de hot-dogs au homard, recherche effrénée de la meilleure des crèmes glacées, road trip de folie… Les deux amies se concoctent une bucket list d’enfer ! En offrant à Gizelle ses derniers petits bonheurs, Lauren va se fabriquer des souvenirs inoubliables et retrouver le chemin de la confiance et de la sérénité.

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat.

Mon avis : 

J’ai eu du mal à rédiger cette avis, parce que, comme la narratrice, je suis aussi passée par là : il est difficile de perdre un animal qui vous a accompagné pendant des années.
Lauren est lucide, peut-être aussi parce que son adolescence n’a pas été comme les autres. Il ne s’agit pas seulement de la séparation de ses parents, mais de l’alcoolisme de sa mère, et des conséquences pour sa vie quotidienne. C’est dans ces années-là qu’elle et sa mère « adoptent » ce gros chien – presque plus gros qu’il n’était prévu. Gizelle accompagne la jeune femme pendant ces années d’étude, et ces années de jeune adulte, où elle construit sa vie : premier emploi, premier logement indépendant, c’est à dire loin des parents, premier histoire d’amour sérieuse. Le tout avec Gizelle, parce qu’il faut trouver, en plein New York, un lieu pour loger avec un mastiff, un lieu où le promener aussi – et l’on découvre que des Mastiffs dans une grande ville, ce n’est pas si rare que cela.
Puis, vient la seconde partie, le diagnostique, les soins, et le fait aussi qu’il faut faire la part des choses entre les choix faits pour soi, et les choix faits pour l’animal. Le « confort de vie » doit être privilégié face à la survie. Lauren fait tout pour que les derniers mois de Gizelle soit les plus agréables. Elle ne se leurre pas, elle sait aussi que c’est pour elle-même qu’elle le fait.
Un livre à la fois drôle et émouvant.

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Panique au manoir de M.C. Beaton

édition Albin Michel – 284 pages

Quatrième de couverture :
Meurtrie d’avoir été abandonnée par James, l’amour de sa vie, Agatha Raisin s’en remet aux présages d’une diseuse de bonne aventure : elle trouvera l’amour, le vrai, dans le Norfolk. Qu’à cela ne tienne, Agatha quitte Carsely et s’installe dans un charmant cottage de Fryfam où elle attend le prince charmant en écrivant son premier roman policier : Panique au manoir. Un titre prédestiné car, après une série d’étranges phénomènes, le châtelain du village est assassiné et les soupçons se portent naturellement sur Agatha dont le conte de fées vire au cauchemar.

Mon avis :

Spontanément, en ouvrant ce dixième opus, je me suis posé une question : où est passé le troisième chat d’Agatha Raisin ? Personne pour mener l’enquête ! Un vrai scandale, à croire que l’auteur oublie parfois ce qu’elle a écrit. En effet, Agatha avait adopté un troisième chat à la fin du tome 9, et il n’en est plus trace au début de ce tome 10. Heureusement, l’on saura à la fin ce qu’il est advenu. C’est d’autant plus surprenant qu’Agatha se montre particulièrement soucieuse de ses chats dans ce volume, affirmant à Charles qu’elle devient « quelqu’un d’humain et d’attentionné ».
Comme dans le tome 6 et le tome 12, Agatha sera loin de chez elle pour cette enquête. Elle a suivi les conseils d’une voyante (si, c’est possible quand on s’appelle Agatha Raisin). Elle est partie loin des Costwolds, dans le Norflok, dans un petit village encore plus pittoresque et très réactionnaire. Les femmes doivent rester à leur place, celles qui étaient la leur du temps de la reine Victoria. A croire que les anglaises n’ont pas été les premières à obtenir le droit de vote. Les femmes de la commune font exactement ce que désirent leur mari, s’habillent comme ils le veulent, ne se maquillent pas, ne travaillaient pas, et surtout, le laissent sortir le soir sans songer à l’accompagner, ou se retrouvent avec leurs amies. Agatha entend bien mettre de l’ordre dans tout ce fatras !
Elle compte aussi écrire un roman policier et là, pas de bol, un meurtre est commis, exactement comme elle l’avait (mal) écrit. Autant dire que cela pourrait être le début des ennuis si Sir Charles ne s’était pas joint à elle et si elle n’avait pas repris du poil de la bête. Quoi qu’on dise sur elle, elle enquête ! Ce qu’elle et Charles découvrent ne fait plaisir à personne. Qu’importe ! Elle ira jusqu’au bout, avec toute la maladresse dont elle est capable parfois. Les fées ne lui disent pas merci.
Je note cependant que son amitié avec Mrs Bloxby s’est un peu distendue, Agatha ne parvenant même plus à s’entendre pleinement avec la femme du pasteur, c’est dommage. Il faut dire que celle-ci souhaiterait vraiment qu’elle ne prenne plus des décisions à la légère, et qu’elle cesse d’être obnubilée par James. Pas gagné. Surtout que … Le tome 10 se termine sur un coup de théâtre – pour combien de temps ?