Archive | 7 juillet 2018

L’enfer du dossier Li de Grégoire Lacroix


édition Flamant noir – 172 pages

Présentation de l’éditeur :

Les duos d’aventuriers ou d’enquêteurs ont toujours captivé les lecteurs. Sherlock Holmes et le Dr Watson, Don Quichotte et Sancho Panza, San Antonio et Bérurier, et, dans leur sillage : Gibson Greg et Basile Duglandier. Ces deux agents, moins connus puisque secrets, sont eux aussi étonnants.L’affaire du moment : le dossier « Li ».Au départ, seulement deux lettres, et aucune piste fiable. Leur duo tourne alors au duel, et tout devient passionnant, voire inquiétant ! Surtout quand l’enquête, partie d’un rien, prend une dimension planétaire et les entraîne au c?ur d’une actualité brûlante… Ils s’en sortiront, oui. Mais dans quel état…?

Mon avis :

Les deux premiers tomes mettant en scène ces deux supers agents étaient follement drôles. Le troisième tome l’est tout autant. Ce fut un vrai plaisir de retrouver Gibson Greg, et surtout Basile Duglandier, personnage pour lequel j’avais déjà un faible. Basile évolue… Si Greg s’estime toujours autant et n’a aucun doute sur ses capacités de séducteur et d’agent secret, ou plutôt, il n’a aucun doute sur aucune de ses capacités, il en avait des quantités sur celles de son adjoint/sous-fifre/faire valoir. Il faut cependant reconnaître que Basile a bien plus de capacités que Greg ne le pense.

Leur enquête commençait pourtant bien, puisqu’elle partait dans toutes les directions ou presque. Nos deux agents secrets reprenaient donc leur couverture et enquêtaient donc sur terre et sur mer, avec le soutien de Florence, le grand amour, la grande passion de Basile. Les journalistes aussi sont capables de mener l’enquête.

Greg ne se ménage pas, et est toujours capable d’aligner les aphorismes avec une régularité confondante. Ils sont toujours très percutants, marqués du sceau de sa suffisance absolument hilarante, même dans les moments où il se trouve en sérieuses difficultés. La vie d’un agent secret n’est pas de tout repos !

L’enfer du dossier Li, un roman à lire en toutes circonstances.

Une petite citation pour finir : Quand on sait que l’on va mourir, il est inutile de revoir son passé. Mieux vaut regarder son avenir, ça prend moins de temps.

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Les disparues de Louisiane d’Alexis Aubenque

Présentation de l’éditeur :

En ce début des années 60, Alan Swift, détective privé installé en pleine Louisiane, est perplexe quand un jeune homme vient lui demander de retrouver la jeune fille qui fut son premier amour. Une simple affaire de cœur ou plus que cela ?
Swift se pose bien des questions, surtout quand rentre dans sa vie Carol Perry, une jeune journaliste fraîchement revenue de New-York, qui vient d’intégrer l’équipe du grand quotidien de la ville. Elle enquête de son côté sur la mort de Julia Sands, une prostituée poignardée à mort.
Fille de la bonne société, Carol a passé son existence dans le grand monde. Elle est tout l’opposé de Swift, orphelin habitué à la violence urbaine, qui ne se sent à l’aise que dans les bas-fonds.

Mon avis : 

Roman policier ? Roman noir ? Les disparues de Louisiane est un peu des deux. Dans ce livre du plus américains des auteurs français, nous retrouvons le détective un peu (beaucoup) dans la dèche, la femme presque fatale et le policier désabusé, qui est un ami du détective. Le monde est petit.
Swift doit retrouver l’amour perdu d’un jeune homme de bonne famille – amour perdu depuis sept ans. Il est blanc, elle est noire, et dans la Louisiane des années 60, ces unions ne sont pas très bien vues. Je ne pense pas, d’ailleurs, qu’elles soient forcément très bien vues par certaines personnes, même dans ces années 2010 finissantes. Swift enquête, et ce qu’il découvre n’est pas joli-joli.
Carol Perry enquête aussi, de son côté. Journaliste, elle est bien décidée à ne pas se cantonner aux pages cuisines et mode du journal. Elle veut être une véritable journaliste d’investigation, et faire toute la lumière sur le décès d’une jeune prostituée noire – qui ne l’était pas vraiment. Carol n’est pas la seule à vouloir être reconnue pour son travail, même si elle est un peu mieux armée, étant issue d’une bonne famille et ayant un peu d’expérience derrière elle. J’ai trouvé cependant, par rapport à Swift, qu’elle manquait de nuance, étant parfois incapable d’aller au-delà des apparences, surtout si la personne qui est en face d’elle ne fait pas partie du même milieu qu’elle. Certes, elle sait ce qu’elle veut, elle sait se montrer pugnace, pourtant elle ne l’est pas autant qu’elle croit l’être.
L’auteur sait nous tenir en haleine tout au long de l’intrigue, nous entraîner dans des rebondissements inattendus. Plus l’on avance dans la lecture, plus l’on a envie de savoir ce qu’il est advenu des victimes, plus nombreuses qu’on ne pouvait le croire.
Encore un roman très réussi signé Alexis Aubenque.