Archive | 30 juin 2018

Album sur les chats, les éléphants et les marmottes

Un album Gallimard Jeunesse.
Toute ressemblance avec un de mes chats serait purement fortuite. Dans cet album, ce n’est pas Chablis, le chat blanc que tous prenaient pour une femelle parce qu’il était blanc, c’est Michel qui va de maison en maison et se fait dorloter. Une chance que, dans ce quartier, tous soient aussi accueillants avec les chats.
Mais un jour, Michel, ou quel que soit le nom qui lui a été donné, disparaît. Tous alors se mettent activement à sa recherche, et découvrent que tous connaissent ce chat, sous un nom différent et que, finalement, il a permis de combler une certaine forme de solitude.
Il permet aussi des rencontres – le chat, facteur de lien social, un bon sujet de thèse, un bel exemple que cet album.

Pauvre petit Chat est l’histoire d’un chaton tout blanc, perdu au coeur de la nuit la plus noire. Il est tout petit, ce chaton, et un rien l’effraie. Un sac, un lampadaire, un couvercle de poubelle qui se soulève, une porte qui claque… Tout peut devenir rapidement effrayant quand on est ainsi plongé dans la nuit la plus noire qui soit. Peu de couleurs dans cet album – en avons-nous en pleine nuit ? Mais, finalement, un message plein d’espoir puisque tous vont concourir à aider le petit chat à retrouver sa maison.

 

Présentation de l’éditeur : 

Le jour, tous les éléphants sont gris. Tous, sauf Elmer. Elmer est multicolore. Son caractère non plus n’est pas comme celui des autres : il aime beaucoup rire et plaisanter. Mais sa différence le rend malheureux. Alors, en pleine nuit, Elmer s’enfuit et décide de se peindre en gris. Mais la couleur suffit-elle à gommer les différences ?

Mon avis : 

Je crois que je n’ai jamais vraiment fait attention aux animaux qui peuplent les albums, et pourtant, j’en ai lu quelques uns depuis le début de l’année. Si Babar est l’éléphant qui a accompagné mon enfance, j’étais trop grande quand Elmer a fait son apparition pour la première fois. Et pourtant, Elmer est un éléphant très sympathique.
La page d’ouverture nous montre des éléphants de toutes tailles, et de tous âges. Ils sont tous gris, et leur dessin, leur posture s’emboîtent parfaitement. Puis vient Elmer, un éléphant différent des autres parce qu’il est de toutes les couleurs. De plus, il aime beaucoup rire, faire des plaisanteries. Ne pas être comme les autres n’est pas facile tous les jours, et Elmer décide de se fondre dans la masse. Mais Elmer, même s’il ressemble désormais à un éléphant des plus ordinaires reste Elmer.
Ce que j’aime spontanément dans cet album est le fait de revendiquer le droit d’être différent – parce que nous sommes tous différents, il ne faut jamais l’oublier. Les dessins, qui ne laissent aucun « blanc » dans la page, sont très réussis et très colorés.
Il est toujours important d’avoir un éléphant avec soi.

Présentation de l’éditeur :

C’est l’été et pourtant il neige. Mariette et Soupir, les deux petites marmottes, sont ravies : elles s’amusent à laisser leurs empreintes dans la neige.

Mon avis :

Voici Mariette et Soupir qui sont deux petites marmottes assez turbulentes. Nous sommes en été mais il a neigé, et ils en profitent pour jouer, un peu. Ils font de la luge, ils dessinent des silhouettes dans la neige, et trouvent même un cerisier, bien loin de leur terrier.
Sauf qu’après, il faut bien rentrer, ramener les cerises – ils ne vont pas tout manger tout de suite – et surtout, se demander comment leur maman, qui leur dit toujours d’être si prudent, a pu connaître ce cerisier dans sa jeunesse…
Les dessins, dans des tons pastels, dessinés comme avec des crayons de couleur, rendent bien l’idée que nous sommes dans la montagne. L’auteur ose jouer sur les formats – comme au moment où les petites marmottes gravissent la montagne. De même, les contrastes entre le jour et la nuit sont très bien rendus, et se passent de texte.
Une série à découvrir.

 

La sirène et la licorne par Erin Mosta

Présentation de l’éditeur :

La licorne, c’est Lili.🦄
17 ans, cheveux longs couleur arc-en-ciel, ballerines pailletées. Elle est passionnée par les effets spéciaux et le maquillage au cinéma. Elle a été harcelée sur le Net par les élèves de sa classe. Pour oublier, elle quitte la banlieue parisienne et part en vacances chez sa tante près de l’océan. En apparence, tout va bien et elle assume. La réalité est moins facile.

Mon avis : 

Ce livre est un coup de coeur, c’est aussi simple que cela. Je vous rassure, je vais vous égrener les raisons juste après. C’est un premier roman, et j’espère qu’Erin Mosta, l’auteur, conservera cette liberté d’écriture dans ces oeuvres suivantes.
Le roman est écrit du point de vue d’Elisabeth, dite Lili. Oui, Lili comme licorne aussi. Elle est hors-norme, différente. Le tour de force de ce roman n’est pas de nous montrer le harcèlement, mais l’après, quand le phénomène retombe, quand la victime se reconstruit après ce qu’elle a subi. Lili est suffisamment forte et lucide pour analyser ce qui s’est passé, ce qui lui a fait le plus mal – pour prendre le recul. Surtout, elle n’a pas l’intention de changer. Elle aime la chimie, elle veut être maquilleuse au cinéma, plus précisément dans les effets spéciaux (et, par expérience de prof, il ne faut pas être une bille pour cela), et aime les filles. Voilà, c’est écrit. Je ne dis pas nécessairement que sa famille accueille à bras ouverts tout ce qui fait que Lili est spéciale. Je dis simplement qu’elle sait ce qu’elle veut, et n’hésite pas à profiter de ses vacances en Charente pour perfectionner quelques maquillages et autres effets spéciaux. Elle est de plus accompagné par un magnifique modèle de mâle. Non, pas Rayane, son meilleur ami, Renfield, son chat, option castagneur obèse. C’est grâce à lui qu’elle va entrer en contact avec ses voisins, par la découverte d’une petite boule blanche et poilu. Oui, un gros chat peut être protecteur envers un chaton en détresse.
Ce n’est pas qu’il est difficile de se faire des amis, c’est qu’il est difficile de faire à nouveau confiance. Résister à la tentation de changer pour se fondre dans le moule, Lili y parvient parfaitement, même si ce n’est pas si simple. Elle sait que sa famille n’est pas vraiment dans les normes, elle est même plutôt remplie de non-dits, de secrets, et Lili a aussi pour ambition d’en finir avec ce climat.
Oui, depuis le début, je ne vous parle que de la licorne, et j’oublie la sirène. Non parce que ce second personnage ne m’intéresse pas, il est tout aussi riche que celui de Lili. Nous aurions pu avoir une narration alternée, comme c’est très fréquent, Lili un chapitre, Chris (la sirène) un autre, mais le fait de découvrir Chris par les yeux de Lili, de pouvoir modifier peu à peu notre opinion sur ceux qui entourent Chris -Julien, le meilleur ami, ses parents, presque psychorigides, son frère, futur médecin qui porte bien son prénom (Tristan) – apporte un plus à ce récit, empêche les personnages de se figer.
Oui, nous retrouvons aussi les attendus du roman « de vacances », avec la présence de la plage si ce n’est que l’espace n’est pas du tout occupé de la même manière. Il ne s’agit pas de se montrer pour séduire, mais de partir pour conquérir un autre espace : la mer. Il suffirait de changer une seule lettre pour obtenir tout autre chose.
La sirène et la licorne est un roman fort et émouvant, que je vous recommande fortement.