Archive | 20 juin 2018

Achève et prends ma vie de Marie-Laure Binville

Présentation de l’éditeur :

Un dimanche matin d’automne dans l’Essonne, un adolescent disparaît. Le capitaine Le Goff de la PJ de Versailles, un policier perspicace et obstiné qui connaît quelques difficultés personnelles, est chargé de l’enquête, qui s’annonce difficile : pas de témoins, pas de suspects, pas de corps. Quelques jours plus tard, on découvre sur un parking le cadavre d’un enfant rom, dont personne ne vient réclamer la dépouille.

Mon avis : 

Je vous le dis d’entrée de jeu : il est assez mitigé sur ce livre.
Je commence d’abord sur les points positifs : l’enquête sur la disparition de Lucas. Déjà, nous avons la chance que le récit se focalise, parfois, sur le jeune adolescent. Perte de suspens ? Non, puisque la quatrième de couverture en avait déjà beaucoup trop révélé, ce qui à mon avis est fort dommage. Nous ne nous demandons pas alors s’il va s’en sortir, mais comment il va s’en sortir.
Lucas, c’est un adolescent comme il y en a beaucoup. Il n’est pas en échec scolaire, non, mais il n’est pas non plus au sommet de sa réussite. Ses parents sont très pris, par leur travail, par les soins du ménage, et le poussent à faire toujours mieux, toujours plus, sans véritablement l’épauler, tout en pensant faire « tout ce qui est bon pour lui ». Bref, une famille quasiment ordinaire à qui arrive l’impensable.
La description des maltraitances subies par Lucas lors de son enlèvement reste assez modérée : nous sommes dans un polar, non dans un thriller. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’enquête était menée, les efforts que font le capitaine Le Goff et son équipe pour retrouver l’adolescent qui, il faut bien l’avouer, bénéficie d’un mélange de chance et de courage.
Reste tout ce qui ne m’a pas plu – et bien je dirai la suite de l’enquête, après le retour de Lucas. Nous sommes entraînés dans des chemins tortueux, pas seulement du fait de la personnalité des suspects, mais aussi de celles des enquêteurs. Je suis bien d’accord pour dire qu’un meurtrier n’a pas à être charismatique, seulement j’ai trouvé certaines péripéties un peu grosses, pour ne pas dire téléphonées, comme des passages attendus dans le devenir d’un pervers en puissance.
Je me suis aussi interrogée sur le capitaine et sa vie privée. Son ex-femme l’a quitté, emportant leur fille unique sous le bras – les policiers ont très souvent des filles uniques. Curieux personnage que cette Béatrice Le Goff, qui semble tout droit sorti d’un autre univers que celui du roman policier.
Pour finir (et pourtant, je ne suis pas réputée auprès de mes élèves pour avoir une immense largeur d’esprit), je n’ai pas du tout aimé l’image qui était donné des homosexuels dans ce roman, pas un pour racheter l’autre. Dommage.