Archive | 10 juin 2018

Dieu ne tue personne en Haïti de Mischa Berlinski

Quatrième de couverture :
Jérémie, « La Cité des poètes », est une petite ville d’Haïti qui semble coupée du monde faute de routes praticables. C’est là, face à une mer de carte postale, qu’atterrit l’américain Terry White, ancien shérif de Floride, après avoir accepté un poste aux Nations unies. Rapidement happé par la vie locale et ses intrigues politiques, il se lie d’amitié avec Johel Célestin, un jeune juge respecté de tous, qu’il convainc de se présenter aux élections afin de renverser le redoutable sénateur Maxime Bayard, un homme aussi charismatique que corrompu. Mais le charme de Nadia, la femme du juge, va en décider autrement, alors que le terrible séisme de 2010 s’apprête à dévaster l’île…

Merci à Léa du #PicaboRiverBookClub et aux éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Mon avis :

Rédiger un avis, c’est parfois très facile, parfois non, c’est souvent le cas quand l’oeuvre lue est extrêmement dense. Je voudrai vous parler d’abord du narrateur, présent mais discret : témoin, il raconte l’histoire des autres, et non la sienne. Ces autres, ce sont deux couples : Terry et Kay ou la grandeur et la décadence du système américain, Johel et Nadia, grandeur et misère d’Haïti. Entre eux, contre eux, celui que l’on nomme le Sénateur, homme de pouvoir.
Mais le véritable personnage central de ce roman, c’est Haïti tout entière, son passé, son présent, sa culture, et plus particulièrement sa musique, des faits sordides, tragiques que l’on connaît peu, ou mal. C’est l’extrême pauvreté, des adultes, et par conséquent des enfants. La scolarisation pour tous, la santé, les soins médicaux sont encore utopiques malgré la présence de très nombreuses ONG – trop ? Haïti m’a semblé un pays sous tutelle, un pays incapable de se débrouiller tout seul, que les autres pays aident avec un brin de condescendance (suivez mon regard en direction des USA, mais pas que).
L’intrigue centrale nous saisit en pleine campagne électorale avec le Sénateur, qui est quasiment sûr de conserver son siège, et le juge Johel, qui se lance dans la bataille et entraîne à sa suite des soutiens variés et parfois inattendus. L’enjeu ? La construction d’une route. Vu de France – ou d’Amérique – construire une route peut paraître étrange, nous qui sommes tellement habitués à rouler quotidiennement sur des routes qui nous emmènent là où l’on veut. La diversité des enjeux autour de cette construction nous apparaît peu à peu dans ce roman foisonnant, à la tonalité variée – l’humour côtoie le tragique, rien n’est uniforme dans cette oeuvre, jusqu’au dénouement qui apparaît comme un coup de théâtre – ou un coup de tonnerre.

Je terminerai par cette citation : Certaines personnes ne le savent pas, mais les morts parlent. C’est leur secret. Mais pour ça, il faut que quelqu’un les écoute.

Le souffle du diable d’Inger Wolf

Présentation de l’éditeur :

Le corps d’une femme a été retrouvé dans un parc d’Arhus. La défunte est Maja Nielsen, la cousine du policier qui l’a découverte. Les premières investigations indiquent un suicide. Mais peu après, une connaissance de la victime est renversée par une voiture. Elles montaient toutes deux dans un club hippique qui fut le théâtre d’une disparition inexpliquée quelques années auparavant.

Mon avis :

Je suis bien en peine de chroniquer ce titre. J’ai lu tous les livres de cette auteur qui ont été traduits en français, ma première lecture a été une belle surprise, Nid de guêpes a été une déception, et pour celui-ci, je suis assez mitigée, et je n’aime pas trop être mitigée.
Il est des choses qui m’ont plu – toute la partie sur les défenseurs des animaux. Autant vous le dire, cette partie est tout sauf énorme dans ce roman. Les militants sont motivés, mais l’un des choix, pour faire avancer les choses, ne sera jamais le mien – tout simplement parce qu’avoir un peu de jugeote ne nuit pas à sa cause.
Il est des choses qui m’ont déplu. La victime, par exemple. Si je vous dis ce qui m’a déplu, j’en dirai trop sur la résolution de l’enquête. La fin de celle-ci s’accélère d’ailleurs beaucoup mélangeant erreur que je ne croyais plus possible de commettre et révélations qui tombent sur les enquêteurs bien facilement – alors que d’autres cherchaient depuis des années. Je ne vous dirai pas qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark puisque nous le savons déjà !
Quant à l’enquêteur… et bien, une partie de son histoire familiale se trouve enfin élucidée et prend une tournure inattendue. Reste à savoir ce qui se passera, dans les tomes suivants, maintenant qu’une page est tournée.