Archive | 9 juin 2018

Love, Simon de Becky Albertalli

Présentation de l’éditeur :

Moi, c’est Simon. Simon Spier. Je vis dans une petite ville en banlieue d’Atlanta. J’ai deux sœurs, un chien, et les trois meilleurs amis du monde. Je suis fan d’Harry Potter, j’ai une passion profonde pour les Oréo, je fais du théâtre. Et je suis raide dingue de Blue.
Blue est un garçon que j’ai rencontré sur le Tumblr du lycée. Je le croise peut-être tous les jours, mais je ne sais pas qui c’est. On se dit tout, sauf notre nom. À part Blue, personne ne sait que je suis gay.

Merci aux éditions Hachette et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre se retrouve sous les feux de l’actualité parce que son adaptation filmique sort prochainement. Je ne me rends plus au cinéma, je ne pourrai donc pas dire si elle est réussie. Parlons donc du livre.
Le personnage principal et narrateur est Simon. Il a une famille très ouverte, qui aime beaucoup parler, échanger au sujet de la moindre chose nouvelle que lui ou l’une de ses soeurs (Alice et Eleanor) font. Simon est lycéen, il a beaucoup d’amis mais aucun ne sait qu’il est gay. Faire son coming out n’est pas évident, même de nos jours, même au sein d’une famille très tolérante. Le seul à savoir qu’il est gay est le mystérieux correspondant avec lequel il discute sur internet. Il est lycée, lui aussi, puisqu’ils ont fait connaissance via le site de leur lycée. Seulement, qui est-il ? Ni l’un ni l’autre ne souhaite dire leur « identité secrète ». Oui, écrit ainsi, cela fait histoire de super héros. Cela rappelle aussi qu’il n’est pas si facile d’être soi, même si l’on est entouré de bienveillance.
Enfin, pas par tout le monde. Il est un charmant camarade de classe qui, ayant découvert le secret de Martin, va lui demander de l’aide en échange de son silence. Vous avez dit chantage ? Oui, même si le charmant camarade ne le voit pas ainsi. Simon accepte pour plusieurs raisons, que je vous laisse deviner, sans se dire que, finalement, il fait à son amie ce que lui n’aimerait pas que l’on lui fasse. Il n’imagine pas non plus qu’il puisse s’en ouvrir à quelqu’un. En cas de chantage, il y a rarement des gagnants (voir, sur un sujet proche, Les belles vies de Benoit Minville).
Ce roman traite une romance homosexuel en voulant montrer que ce n’est pas si différent qu’une romance hétérosexuel – il faut simplement compter des complications en plus, des préjugés en plus. Surtout, Simon cherche parallèlement qui peut être Blue, et, bien sûr, il pense qu’il s’agit du garçon sur lequel il fantasme en secret. Rien n’est si simple, et parfois, l’on ne voit pas l’évidence, parce que l’on a soi-même des préjugés ou une imagination débordante.
Faire son coming out n’est pas facile, découvrir que son meilleur ami est gay non plus. L’on montre rarement l’impact sur l’entourage, parce que l’on ne retient que les cas extrêmes – le rejet. Mais les amis peuvent aussi se sentir rejetés. Si l’on hésite à dire qui l’on est vraiment à ses amis, est-on vraiment leur ami ? A méditer.