Archive | 8 juin 2018

Shanghai Fan de Raphaël Bée

Présentation de l’éditeur :

Le milieu de la pub dans l’empire du Milieu. Clem a voulu tenter l’expérience et la voilà happée dans le tourbillon d’une ville qui ne s’arrête jamais. Partagée entre sa relation à distance avec Margaux et sa vie d’expat, elle se voit confier l’organisation d’un évènement pour Shanghai Fan, la nouvelle marque de luxe dont tout le monde parle. Mais rien ne va se passer comme prévu. Rivalités, combines et jalousies s’enchaînent, à l’image de la démesure de la ville, tantôt attachante, tantôt terrible.

Merci aux éditions de la Rémanence et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman m’a plongé dans un univers qui n’est pas et ne sera jamais le mien : celui de la pub, du paraître, de l’image, le tout source de beaucoup d’argent, de beaucoup de stress et de beaucoup de vacuité pour ceux qui travaillent dans ce milieu.
Clem est une expat, comme beaucoup d’autres dans ce roman. Elle vit à Shanghai, et pourtant, je n’ai pas l’impression qu’elle apprécie tant que cela cette ville, et encore moins ceux qui y vivent. Tyrannique avec ceux qui travaillent sous ses ordres, elle n’a pas noué de véritables amitiés – d’ailleurs, est-il vraiment des personnes qui ont construit leur vie en ce lieu ? J’ai eu plutôt l’impression de voir des personnages en transit, des personnages qui se cherchent et se perdent, voir des personnages qui cherchent à tuer le temps en attendant… quoi ? Difficile à dire puisqu’eux même ne le savent pas. Je me suis parfois moi-même perdu à leurs côtés. Ils pensent tellement à leur stratégie, à leur manière d’atteindre leur but en utilisant tous les réseaux sociaux contemporains qu’ils ne voient plus rien d’autres. Une existence dématérialisée.
L’intrigue prend un tournant inattendu quand nous glissons vers le genre policier. Et je ne vous parle pas du dénouement, vraiment surprenant. Le récit montre, finalement, qu’il faut toujours faire attention aux petites choses, à ceux qui nous entourent – ceux qui comptent vraiment. Sauf que, dans ce roman, personne ne semble vraiment être réellement attaché à quelqu’un, si ce n’est à lui ou à elle-même.