Archive | 13 mai 2018

L’écrivain public de Dan Fesperman

Présentation de l’éditeur :

9 février 1942. Dès son arrivée à New York, Woodrow Cain, un jeune flic du sud des États-Unis, est accueilli par les flammes qui s’échappent du paquebot Normandie, en train de sombrer dans l’Hudson. C’est au bord de ce même fleuve que va le mener sa première enquête, après la découverte d’un cadavre sur les docks, tenus par la mafia. Là, il fait la connaissance d’un écrivain public, Danziger, obsédé par les migrants qui arrivent d’une Europe à feu et à sang, ces fantômes au passé déchiré et à l’avenir incertain. Celui-ci va orienter Cain vers Germantown, le quartier allemand, où, dans l’ombre, sévissent les sympathisants nazis. Alors que le pays marche vers la guerre, la ville est en proie à une paranoïa croissante. Et les meurtres continuent…

Mon avis : 

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions du #ChercheMidi et le #PicaboRiverBookClub pour ce partenariat.

Patriotisme, patriotisme, patriotisme, c’est le mot à retenir, le mot qui semble tout justifier dans ce roman, y compris que la police ferme les yeux sur certaines activités : un voyou patriote reste un patriote.

Nous sommes à New York, en 1942, et si la guerre ne touche pas le continent américain, les USA se sont engagés dans le conflit depuis Pearl Harbour. Les immigrés ont de plus en plus de mal à se faire une place dans la société américaine, quand ils ne sont pas purement et simplement menacés d’expulsion, ou d’internement – il ne fait pas bon être d’origine japonaise en 1942 à New York, et beaucoup ferment les yeux.

Un qui a l’intention de les ouvrir pourtant, c’est l’inspecteur Clain. Il débarque dans la ville avec ses valises et un sérieux passif professionnel et personnel. Clovis, sa femme, était une new yorkaise que son père, avocat très en vue, a eu la mauvaise idée d’envoyer dans le sud pour lui faire changer son mode de vie, le résultat -un mariage avec un petit flic, une fille au prénom shakespearien, et une multitude de déconvenue – n’est pas vraiment ce qu’il espérait.

Son arrivée est saluée comme il se doit. Il se voit confier une première enquête, et d’autres missions un peu plus confidentielles – la corruption règne dans la police, il n’est pas de petits profits, même et surtout en temps de guerre. Sauf que ce premier meurtre n’est que le premier d’une liste qui va s’allonger, sans pourtant perturber beaucoup la ville. Non, s’il est une personne que cela questionne, c’est Dantziger, qui va très vite se présenter à Clain, et lui proposer ses services, en quelque sorte.

Dantziger est un écrivain public, une profession un peu oubliée de nos jours mais très utile pour les migrants. Il parle quatre langues, s’exprime à la manière d’un professeur de lettres classiques et surtout, est une mine de renseignements. Une mine qui intrigue Clain, qui à son tour va enquêter, et bien, sur son informateur. Bref, Clain est flic 24 heures sur 24, un policier qui ne sait pas trop dans quoi il a débarqué, lui que l’on trimbale d’un point à un autre, pire qu’un colis encombrant.

Plus que l’intrigue policière, plutôt intéressante avec ses faux-semblants, c’est le climat de New York en ces années de guerre qu’il est intéressant de retrouver. La vision qui est donnée dans ce livre de ces années-là est bien différente de la version policée et manichéenne que l’on (les américains) cherche à donner.

L’écrivain public – un roman passionnant par la galerie de personnages qu’il nous propose.

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