Archive | 12 mai 2018

Une offrande à la tempête de Dolorès Redondo

Présentation de l’éditeur :

Dans la vallée de Baztán, une petite fille décède étouffée dans son berceau. Alors que la police soupçonne le père d’être impliqué, la grand-mère attribue ce meurtre au génie maléfique Inguma, issu de la mythologie basque. Rapidement, cet étrange décès lève le voile sur une série de morts subites de nourrissons suspectes. L’inspectrice Amaia Salazar décide de se consacrer entièrement à cette nouvelle enquête, entre légendes mystiques et meurtres barbares, au risque de mettre de côté son rôle d’épouse et de mère.

Mon avis : 

Quand un livre ne me plait pas, j’ai vraiment envie d’évacuer le plus vite possible mon avis – afin de ne plus y penser et de passer à autre chose.
Il est le dernier tome d’une trilogie – les deux autres tomes n’étaient pas disponibles à la bibliothèque, et je n’ai de toute façon pas envie de connaître les prémisses d’une conclusion qui ne m’a pas plu.
Les crimes sont atroces, cruels, les adjectifs manquent pour les qualifier, surtout que ces crimes sont connus, admis par l’ensemble de la secte dont font partie les parents des victimes. Oui, les victimes sont des bébés toutes jeunes – moins de deux ans – sacrifiées par leurs parents. Ce que j’écris est à peine un spoiler, l’un des crimes est raconté dans le quatrième de couverture, un deuxième est connu par les lecteurs des deux tomes précédents : la propre soeur jumelle de l’enquêtrice a été tuée par sa mère. Cette dernière est morte depuis le tome 2, mais l’enquêtrice, formée au FBI, ne veut pas le croire puisque son cadavre n’a pas été retrouvé. Seul l’un de ses adjoints la croit. Tous – ses soeurs, son mari, le juge d’instruction Markina- lui enjoignent de tourner la page.
Je n’ai pas non plus aimé ce personnage d’enquêtrice Amaia Salazar. Oui, elle a eu une enfance des plus difficiles, cela n’explique pas ce détachement face à son mari – elle passe plus de temps avec le juge d’instruction, ouvertement amoureux d’elle, qu’avec son mari. Elle tient énormément à son fils, qu’elle a failli perdre au tome précédent. Son métier, son enquête avant tout. Son adjoint le plus sympathique disparaît trop vite. Le second gagne largement à être connu, en dépit des suspicions d’Amaia Salazar.
Puisque les coupables sont connus, pourquoi ne pas les arrêter ? Parce qu’il faut prouver les crimes, les complicités, et parce que les deux crimes que j’ai cités ne sont pas les seuls. Ce ne sont pas des batons qui sont mis dans les roues des enquêteurs, non, c’est bien pire, sans oublier tout un jeu de trompe l’oeil mis en place pour détourner l’attention des enquêteurs. Il faut avoir l’estomac bien accroché pour lire les descriptions, je ne suis absolument pas fan de ce que j’ai lu, qui n’ont rien de « normal ». J’ai été touchée par ce que j’ai lu – forcément – et non, certaines procédures demandées par Amaia pour l’enquête ne vont vraiment pas de soi.
Un livre que je ne vous recommanderai pas : j’aurai aimé découvrir le pays basque espagnol et la Navarre autrement.

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Jake Gryphon – Livre 1 – Le dernier héritier par E.G. Foley

Présentation de l’éditeur :

Jake est un orphelin comme les autres. Son quotidien : vol de tourtes, cache-cache avec la police, et courses-poursuites à travers les rues de Londres.
Mais depuis ses douze ans, il se passe des choses bizarres. Voire… totalement étranges. Il est capable de déplacer des objets par la pensée (pratique !). Ou bien de parler avec des fantômes (étonnant !). Sans compter ce lord qui prétend être son oncle et veut le faire disparaître.
Et voilà Jake catapulté dans un monde plein de magie, peuplé de créatures de légende, où le danger rôde partout. Heureusement, le jeune pickpocket va découvrir qu’il peut compter sur ses amis !

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.

Mon avis : 

Ce livre, à mon grand étonnement, se fait discret dans les librairies que je fréquente, alors que sa couverture est absolument superbe, sans en dévoiler tant que cela – elle illustre le titre, après tout.
La vie quotidienne de Jake n’est pas sans rappeler celle d’Oliver Twist. Il sort de l’orphelinat, il vit dans la rue, et se débrouille pour vivre comme il peut, quitte à voler un peu, et à se faire pincer – parfois. Surtout, il a des pouvoirs magiques, dont seule sa meilleure amie, Dani, est au courant – disons que cela lui vaudrait quelques ennuis si cela se savait. Seulement, il existe quelques effets secondaires à ses petites manipulations. Deuxième problème, et de taille : quelqu’un essaie de se débarrasser de lui, et il se demande bien pourquoi. Qui peut bien avoir envie de tuer un orphelin, légèrement agaçant certes, mais orphelin ?
Jake découvre  – et le lecteur avec lui – un monde qu’il ne soupçonnait pas, un monde magique, certes, remplis de créatures variées, dangereuses ou sympathiques. Jake devra s’y faire – et nous avec.

Après les arachnides parlants, les chérubins sarcastiques, les comptables satyres, les elfes de cordonnier, les vieilles sorcières des mers tentaculaires et les fantômes détectives, sans parler des nymphes aquatiques belliqueuses, qui sait ce qui se cachait dans cette boîte ?

Les aventures que vivront Jake et les siens seront variées, les rebondissements nombreuses et inattendues. Il faut dire aussi que les personnages, en plus des créatures sus-nommées, ne sont pas toujours ceux qu’ils paraissent être. Les métamorphoses sont toujours intéressantes surtout quand elles s’intègrent parfaitement dans le roman, sans que l’auteur perde un temps fou à nous expliquer le pourquoi du comment : nous évoluons dans un univers magique, il faut l’accepter en tant que tel.
Puis, Jake n’est pas un personnage manichéen. Ce qu’il apprend sur son passé, et l’avenir qui s’ouvre à lui n’ont pas gommé les douze années précédentes. Jake a appris à survivre et à ne compter que sur une seule personne : lui-même. Vous avez dit agaçant ? Vous n’êtes pas le seul ! Mais pourquoi un héros pour enfant devrait-il être policé ? On apprend aussi de ses erreurs, pas seulement en obéissant toujours bien sagement aux adultes – Jake n’a pas vraiment eu de modèle, et Dani est bien seule, même avec son père et ses frères, depuis la mort de sa mère.

Un roman d’aventures et de fantasy qui devrait plaire aux lecteurs dès neuf ans.