Archive | 5 mai 2018

L’invitation d’Elisabeth Day

Présentation de l’éditeur :

Ben Fitzmaurice est devenu le meilleur ami de Martin Gilmour le jour où, dans la cour de leur très chic école, Ben, héritier d’une prestigieuse dynastie, a pris la défense de Martin, petit boursier, fils unique d’une mère célibataire sans le sou. Depuis, Ben s’est fait un nom en politique, Martin est devenu critique d’art ; Ben a épousé la très parfaite Serena, Martin vit avec la très discrète Lucy. Et Ben est toujours le meilleur ami de Martin.

Ce soir, Ben fête ses quarante ans. Tout le gratin est présent. Martin aussi. Naturellement

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat.

Mon avis : 

Un livre poisseux, collant, conçu comme un huis-clos.
Nous entendons principalement la voix de Martin, que ce soit dans le présent, précis et minuté, le passé proche (la réception pour les quarante ans de Ben) le passé recomposé et le futur, pour l’épilogue. Les retours en arrière, chronologiques, sont toujours narrés du point de vue de Martin, avec une froide analyse, mélange de distance et d’incapacité à éprouver de l’empathie. Martin analyse ce que ressentent les autres, démonte les mécanismes qui les mènent à opter pour telle ou telle posture. Est-ce à dire qu’il a raison ? Pas nécessairement.
La seconde voix que nous entendons est celle de Lucy, sa femme depuis treize ans, par le biais d’un journal qu’elle tient à la demande de Keith, son thérapeute, pendant son hospitalisation – ou comment dire, écrire, ce que l’on a gardé pour soi pendant des années.
Roman policier ? Oui, un peu, parce que l’interrogatoire de police est au chœur de ce roman, exercice inédit puisque Martin ne dit rien d’important, et les policiers non plus, comme un dialogue mondain soigneusement codifié.
Drame ? Martine exprime peu de sentiments, si tant est qu’il sait vraiment les identifier, peut-être parce qu’il n’en a pas reçu de la part de Sylvia, sa mère. Celle-ci fait preuve de pragmatisme avant toute chose, et entretient des rapports étranges avec son fils qui, n’ayant rien reçu, ne peut lui rendre grand chose. Aussi, selon les codes de la société et du roman, a-t-il voulu se recomposer une famille – du moins, c’est ce qu’il affirme, même s’il peine à s’intégrer véritablement. Peiner n’est peut-être pas le bon terme, Martin croit sincèrement aux illusions dont il se berce.
L’action est contemporaine, elle aurait pourtant pu se passer dans les années cinquante, soixante, soixante-dix tant certains faits ne changent pas – les amitiés nouées pendant la scolarité (on appelle cela « réseau » de nos jours), la capacité qu’a une famille bien connue, dotée d’un ample confort financier, pour museler (juste ce qu’il faut) la presse, les secrets honteux, les difficultés de couple.
Le couple. Nous en avons deux, Ben et Serena, Martin et Lucy. Simple sur le papier, la réalité est tout autre. Ben et Serena ont quatre enfants, deux filles, puis deux garçons, et c’est la naissance de ce quatrième enfant qui « coince » pour Lucy. Certes, cela ne la regarde ni ne la concerne, mais alors que Martin a précisé au début du roman qu’il ne voulait pas d’enfants, on comprend que ce n’est pas si simple pour Lucy, encore moins pour son entourage qui ne rate pas une occasion de dire à quel point elle ferait une bonne mère. On découvre aussi qu’elle a fait une fausse couche, qu’elle ne l’a pas bien vécu en dépit de la gentillesse dont elle a été entourée (par le personnel soignant, pas par Martin) et que cette absence d’enfant n’est pas un sujet clos pour Lucy.
L’invitation est un roman qui, bien qu’utilisant des thèmes connus, ne met pas le lecteur à l’aise tant il sait jouer avec les codes du genre. A faire suivre d’une lecture plus légère.

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Mystère Edimbourg et Docteur Stevenson: Tome B

Présentation de l’éditeur :

Dans les pas de Stevenson…Le meurtre commis à Edimbourg n’a toujours pas été résolu. Après le phare solitaire de Bell Rock, planté en pleine mer du Nord, et maintenant? la France !, l’enquête d’Archibald Sweeney commence à prendre les allures d’une aventure digne de « L’île au trésor » de Stevenson.À moins… À moins qu’il ne s’agisse d’une tout autre oeuvre du célèbre romancier, beaucoup plus redoutable celle-là : « Dr Jekyll et Mr Hyde » !

Mon avis : 

Voici la suite de l’enquête mené par Archibald Sweeney et Henry son collègue samoan. Le meurtre d’Edward, frère d’Henry n’est toujours pas résolu mais les deux enquêteurs tiennent une piste sérieuse. Surtout, elle les entraîne sur les pas de Stevenson, dans des lieux que l’on n’a pas l’habitude d’associer à l’auteur écossais, à moins d’être vraiment fan de l’auteur. En effet, là, comme ça, ex abrupto, pouviez-vous me dire qu’il avait rencontré Fanny, sa future femme, en France ? Pas nécessairement.
Enquête mouvementée, presque un road moavie sur les traces d’un insaisissable suspect et d’un non  moins insaisissable manuscrit qui révélerait le secret de la création de l’un des deux plus célèbres romans de Robert-Louis Stevenson. Il est des secrets qui doivent rester des secrets.
La fin du roman amène une progression significative dans la « vie personnel » de Sweeney -une piste pour le prochain tome ?