Archive | 3 mai 2018

Dope en stock de Marc Masse

Editions Cogito – 206 pages.

Présentation de l’éditeur :

Qu’un cheval soit contrôlé positif après une course, ça peut arriver. Que, peu après, trois autres se trouvent dans le même cas et qu’il s’agisse à chaque fois de la même substance, ça devient moins banal. Que les entraîneurs incriminés soient tous différents et que des professionnels réputés pour leur sérieux nient toute implication, voilà de quoi soulever des questions. Le jockey Martin Piquemal,employé comme enquêteur par la Société des Courses, est chargé de cette affaire. Son investigation le conduit à s’intéresser à l’enquête que la police mène sur une mort suspecte. Il ne croit pas aux coïncidences et les événements vont prouver qu’il n’a pas tort.

Mon avis : 

Seconde enquête de Martin Piquemal dans le milieu des courses, Dope en Stock nous entraîne dans les méandres d’un fléau qui n’est pas réservé qu’aux humains : le dopage. Les courses hippiques, ou plutôt leurs gagnants, sont très contrôlées. Qu’un cheval soit contrôlé positif arrive, malheureusement. Les procédures qui s’ensuivent pèsent sur le cheval – qui, si l’on y songe bien, est une victime lui aussi – et sur son entraîneur. Simon Escoffier ne prend pas très bien les choses. D’une, il sait parfaitement qu’il n’a pas dopé le cheval qu’il a fait concourir. C’est bien trop risqué pour lui, pour sa réputation, pour ses finances. Puis, c’est surtout complètement idiot puisque facilement détecté. Protester de son innocence, tout le monde le fait, les juges ont l’habitude. Seulement, quand trois autres cas sont signalés, à des hippodromes bien différents, avec des écuries, des entraîneurs, des propriétaires et aussi des chevaux de niveaux très variés, avouez qu’il y a de quoi se poser des questions, et c’est exactement ce que fait Martin Piquemal, jockey et enquêteur de la SECF.
Enquêter n’est pas si facile. Comment le coupable s’est-il procuré le produit ?  Comment l’a-t-il administré – il en reste encore des traces dans les seaux, y compris à l’écurie dont le propriétaire est un maniaque de la propreté ? Et surtout, dans quel but ? Beaucoup de questions pour des réponses qui ne sont pas évidentes. Le milieu équestre est un milieu de passionnés, où chacun s’investit à son échelle. Ce roman nous donne l’occasion de voir les coulisses des courses, comment sont entraînés, préparés les chevaux – et je ne parle pas de dopage, mais des soins dont ils sont entourés, des séances de préparation, et aussi du transport. Martin, l’enquêteur, est aussi un jockey, et il ne va pas arrêter de driver parce qu’il enquête.

Et pour conclure : Je dédie cette lecture à la mémoire de Roméo, un petit âne plus petit que la moyenne, et qui avait été acheté pour tenir compagnie à un cheval de course « anxieux » en 1983. Je n’ai pas connu le nom de ce cheval, je sais simplement que Roméo est mort très jeune, tout comme Rif, mon âne, qui provenait du même élevage.

Publicités

Les champignons de Paris d’Hervé Mestron

Mon résumé : 

Lucien part une semaine en vacances chez sa grand-mère, à Paris, dans le quartier de Montmartre. Il y fera des découvertes et des rencontres.

Mon avis :

Si vous avez mon âge, ou à quelque chose près, vous vous souviendrez peut-être d’une publicité qui ventait les mérites de ces fameux champignons parisiens. Ceux qui nous sont présentés ici sont bien différents, même s’ils ont des liens avec la musique.

Lucien, dit Lulu, est en vacances chez sa grand-mère. Comme beaucoup d’enfants, il fait partie d’une famille recomposée. Contrairement à ce que l’on nous vente un peu partout, sa situation n’est pas vraiment idyllique. Martins, sa belle-mère (respectons ses désirs de prononciation) apprécie peu son beau-fils, et n’a pas envie de s’investir pour lui. Son père, qui en est à sa quatrième compagne depuis le décès de la mère de Lulu, reste transparent, sans que Lucien tranche véritablement entre la volonté d’avoir la paix dans son ménage ou le désir de privilégier sa nouvelle famille – terme un peu fort, j’en conviens, puisqu’aucun enfant n’est encore né de cette nouvelle union.

Sa grand-mère tente donc de lui procurer ce que son père ne lui donne pas vraiment : de l’attention, l’absence de jugement, le respect de ses désirs, et aussi une autonomie bienveillante – ce qui ne veut pas dire que Lulu peut faire n’importe quoi. Lucien découvre alors que des gens vivent en plein Paris dans des conditions de vie qu’il ne pouvait imaginer. Comme le lui fait remarquer sa grand-mère : Plus la société évolue, plus l’entraide diminue. Arrêtons le massacre.

Hervé Mestron nous disait en 2010 ce que d’autres continuent de nous dire en 2018 : on peut avoir des papiers, un travail, scolariser ses enfants, et ne pas pouvoir se loger correctement. Certains en profitent et savent très bien le faire. Nous devons être vigilants, mais tout le monde en a-t-il vraiment envie ?