Archive | 2 mai 2018

Le jardin des bonheurs égarés de Tor Udall

Présentation de l’éditeur :

Lorsque Jonah se retrouve veuf, il passe son temps dans les Kew Gardens londoniens et rencontre des personnages attachants : Chloé, une artiste tourmentée par un secret, Milly, une fillette, et Harry le jardinier.

Merci aux éditions Préludes et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis : 

Ce qui m’a attiré en premier dans ce livre est sa magnifique couverture. Après, j’ai eu plus de mal à y rentrer. Ce jardin est un univers bien réel, qui existe, et qui sert d’écrin à univers irréel, que j’ai eu du mal à intégrer. J’ai eu parfois l’impression de flotter dans un monde qui tenait de l’entre-deux.

J’ai eu du mal aussi à définir les liens entre les différents personnages qui se rejoignent dans le jardin, ou ailleurs. La mort d’Audrey est l’événement qui les unit tous, reste à savoir comment chacun d’entre eux se positionne par rapport à la jeune femme, morte à 36 ans. De même, j’aurai aimé être touchée par cette femme, si différente de moi ou des femmes que je connais. Grâce à ce personnage, l’auteur explore un thème qui est rarement abordé en temps que tel : ce qui se passe après une fausse couche. Je n’ai pas eu envie de le faire, mais la fausse couche est très fréquente dans les séries télévisées -rares sont les grossesses menées à terme – et aussi dans les romans, sans que l’événement n’attire véritablement l’intention. Une banalité. Pas l’épreuve qu’elle constitue dans la vie réelle. Pas les souffrances, physiques, morales, psychologiques.

Audrey reste centrée sur son désir, pense à ses enfants qu’elle a perdus – ce sont ses propos, accueillons-les – et sur les sacrifices que son conjoint a accepté pour être père, lui qui a laissé sa carrière de musicien pour celle de professeur (avec un doctorat, tout de même), lui qui, depuis sa mort, ne parvient plus à composer. Jonah (c’est bien de lui qu’il s’agit, au début, je me demandais qui était le conjoint d’Audrey, entre lui et Harry), rencontre Chloé, tourmentée elle aussi, mais qui garde ses tourments pour elle. Elle est créatrice elle aussi, passionnée par l’origami. Nous la voyons peu à peu prendre son envol.

C’est finalement le dernier tiers du roman qui est le plus intéressant à lire, une fois que tout est bien mis en place. Une fois, finalement, que le lecteur a « compris », et peut se laisser aller à l’émotion.

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